lundi 8 février 2010

Simon Casas et la politique de l'autruche

Récipiendaire il y a quelques jours de la direction des arènes de Valence, le grand Simon Casas répondait aujourd'hui à diverses questions d'internautes qui lui étaient posées sur le site espagnol Burladero. Je fus alors tenté d'y aller de ma question sans pour autant être certain d'avoir une réponse digne... Et ce fut malheureusement le cas !

Ma question initiale était celle-ci :
"J'aimerais savoir si vous pensez réellement que Nîmes est la première arène de France ? Cela est impossible au vu de la présentation des toros, comme nous avons pu le voir l'an passé avec une "corrida" de Zalduendo imprésentable et avec d'alarmantes carences de caste. Ainsi, Nîmes pourrait être la "Madrid française", mais actuellement on peut la considérer davantage comme la "Benidorm française", n'est-ce pas ? Ou pire encore comme une "Las Vegas française" ! Vous paraît-il sérieux de défendre l'encaste unique plutôt que d'aller vers les originalités ganaderas ?"

Après modification (mais je ne devrais pas me plaindre puisqu'il ne s'agit que d'une censure partielle) la question fut soumise à Simon Casas de cette manière : "J'aimerais savoir si vous pensez réellement que Nîmes est une arène de première catégorie en France. Cela est impossible au vu de la présentation de l'an passé, avec notamment une corrida de Zalduendo mal présentée. Vous paraît-il sérieux de défendre l'encaste unique plutôt que d'aller vers les originalités ganaderas ?"

Enfin, c'est ainsi que l'empresario-empereur répondit :
"On ne peut pas découvrir d'originalités ganaderas, il faut compter sur ce que nous avons déjà. Nîmes est une arène de première comme l'indique le règlement taurin, plus de quinze spectacles annuels dans une capitale de province."

Simon Casas répondit à d'autres questions relatives à l'audiovisuel en tauromachie, au libéralisme économique dans celle-ci, aux présences des "figuras" dans les prochaines ferias et que sais-je encore... En tout cas, il est certain qu'il restera encore longtemps sur son trône de "premier anti-taurin de France". Merci Monsieur Casas, votre argumentaire m'a vraiment séduit.

Florent

(Este artículo está traducido en castellano en la rúbrica "commentaires")

vendredi 22 janvier 2010

Interrogations sur l'originalité vicoise

Dans un récent article, j'avais émis des doutes quant à la possible présence d'un exemplaire de chez Alcurrucén lors de la prochaine corrida-concours vicoise. Et l'on pourra encore en discuter car la présence de cet élevage a été confirmée dans un communiqué du CTV.

Un communiqué qui a également annoncé des courses de José Escolar Gil, Palha et Victorino Martín. Pour la petite anecdote (et sans compter les corridas-concours) il y a eu un total de 61 corridas formelles à Vic lors des ferias de Pentecôte depuis 1991. Et sur ces 61, à peu près un quart provenait de l'un des trois élevages qui seront présents dans le ruedo gersois au mois de mai prochain.
Palha semble le plus légitime après la prestation de Camarito lors du concours de 2009. Il paraît alors normal de présenter un lot complet qui perpétuera l'histoire de la ganadería portugaise à Vic-Fezensac. Une histoire marquée par Camarito, mais également par Garapito un matin humide du mois de juin 1992 où un jeune matador du nom de Juan Cuéllar fut totalement débordé. Et Garapito à l'instar de Clavel Blanco (de María Luisa) fait à coup sûr partie des plus grands toros combattus en France ces vingt dernières années... Il est donc opportun de présenter un lot entier de Palha !

En revanche, que penser des présences de José Escolar Gil, de Victorino Martín et de Flor de Jara ? Le premier élevage cité a envoyé un lot à moitié satisfaisant l'an dernier dans le Gers alors que le Sorcier de Galapagar a quant à lui présenté un taureau de troisième tiers. Et puis Flor de Jara, c'est bien mais on commence à connaître...
Ainsi, les noms ganaderos de la prochaine feria vicoise ne manquent pas de prestige car ils se sont inscrits dans le temps et l'histoire. Mais pour ce cycle dit "torista" une chose est sûre, on ne verra pas d'innovations cette année car l'option découverte est apparamment laissée au placard.

Florent

(Photo : David Mora face à un José Escolar Gil en 2009)

samedi 16 janvier 2010

Céret de Toros 2010

L'Association Des Aficionados Cérétans vient de publier au travers de sa page internet les ganaderías retenues pour la vingt-troisième édition de Céret de Toros.

Les portugais de Manuel Assunçao Coïmbra tant appréciés l'an dernier ouvriront les hostilités le samedi 10 juillet à 18 heures.

Le lendemain matin à 11 heures, il y aura une novillada de Fidel San Román.

Enfin, les Escolar Gil clôtureront le cycle le dimanche après-midi. A noter que cette dernière corrida aura lieu à 17 heures 30, en raison de la finale de la coupe du monde de football qui se déroulera le soir-même.

Pour plus d'informations : le site de l'ADAC

vendredi 1 janvier 2010

Nouvelle décennie : une évolution nécessaire

La page de 2009 se tourne, laissant sa place à une nouvelle décennie. Pour ma part, si je ne devais garder qu'un seul souvenir de l'année écoulée, ce serait celui de Clavel Blanco de María Luisa. Ce grand toro nous a démontré qu'à l'heure actuelle, la tauromachie était encore vivante et possible en trois tiers complets. Ce jour de septembre 2009 en Arles, j'ai eu l'impression d'assister à ce qui serait l'équivalent en boxe d'un combat de la catégorie Super Lourds, alors que de manière générale et banalisée, la corrida se résume bien souvent à un spectacle où l'on voit des animaux de la catégorie "poids plume" dont on s'est soigneusement occupé en arrière-salle. Ainsi, la corrida doit connaître une réelle évolution ces prochaines années. Non pas en modifiant ses principes où en essayant de la protéger maladroitement en la classant au patrimoine de l'UNESCO ou autres, mais en soignant rigoureusement sa forme classique et en la rendant défendable le plus possible.

L'heure est peut-être venue d'en finir avec la "corrida Canal Plus" que certains ont découvert il y a maintenant une quinzaine d'années. Par ailleurs, la création ou même la récupération d'une association d'aficionados en France devrait être envisagée. Car actuellement, il n'y a plus de groupe défendant la tauromachie issu des aficionados qui payent leur place. Celles qui existent sont commandées par des personnes compromises dans le milieu. Il faut donc autre chose. En France, une grosse trentaine d'arènes célèbrent chaque année des spectacles taurins avec picadors. La tâche qu'est l'évolution de la tauromachie devrait alors être possible de ce côté des Pyrénées puisque le nombre de courses n'est pas exorbitant. C'est à nous aficionados d'exiger partout en France des courses dignes, où chaque lendemain dans la presse spécialisée figurerait la mention "toros bien présentés". Là est l'évolution principale qu'il faut apporter, en présentant chaque après-midi des taureaux de combat dignes du nom, que ce soit à Palavas, à Nîmes, Céret ou Mont-de-Marsan. Il faut pointer du doigt les dérives qui ont sévi dernièrement et qui font parfois malheureusement de la corrida un spectacle trivial et indéfendable.

Aussi, les aficionados doivent exiger une tauromachie en trois tiers où l'on ne minimise pas l'importance de la pique. Encore faut-il que les taureaux supportent cette lidia complète pourront me rétorquer certains. Simplement, il existe sur l'ensemble des campos français et espagnols suffisamment de lots aptes à une tauromachie en trois tiers et qui pourront combler la soixante de corridas et la quarantaine de novilladas qui ont lieu chaque année en France. Dernièrement, l'aficionado paye en général assez cher sa place pour la qualité du spectacle proposé. C'est pour cela qu'il est essentiel d'avoir à chaque course des lidias complètes afin que celui qui a payé sa place en ait pour son argent mais avant tout pour son afición. C'est grâce à l'aficionado que la tauromachie peut encore vivre, il est ainsi en droit d'exiger un spectacle digne où avant d'avoir vu le comportement du bétail, il aura au moins été satisfait par le déroulement de la course et par la présentation des taureaux.

C'est cette évolution qu'il faut donner à la tauromachie en France. Avant de vouloir classer quelque part cette chose que nous aimons et qui est inclassable car elle est unique, il faut peut-être passer un grand coup de balai devant la porte. Et si les organisateurs jouent le jeu, tout cela est possible.

Heureuse année 2010 à tous, et bonne temporada !

Florent

dimanche 27 décembre 2009

Non maman, l'afeitado ça n'existe pas (I)

"Le ganadero nous a présenté deux toros pour participer à la corrida concours, l'un d'eux pourrait être du voyage." C'est par ces mots que Jean-Jacques Baylac, président du Club Taurin Vicois, a exprimé au journal Sud-Ouest il y a une quinzaine de jours sa volonté de présenter pour la corrida-concours de Vic un exemplaire de Alcurrucén. Dans cet article, le président du CTV évoque les noms de Victorino Martín, Palha, Escolar Gil pour les corridas, Flor de Jara pour la novillada. Quant au concours, il cite plusieurs noms, dont celui de Alcurrucén... Ce n'est pas que cela me dérange de présenter un exemplaire de cet élevage pour le concours, mais est-ce nécessaire ?

Vous devez sûrement savoir que la ganadería (qui en réalité compte trois fers : Alcurrucén, Lozano Hermanos et El Cortijillo) de la province de Cordoue a fait lidier cette année près de cinq-cent bêtes, novilladas et corridas comprises. Parmi ces cinq-cent, il y a ce toro que vous pouvez contempler et qui fut "combattu" cet été dans un village de Castille... De bien belles armures pour cette véritable "estampe" d'origine Núñez. Mais remarquez, il ne devait pas être le seul bestiau arrangé de la promotion 2009 au sein de son élevage. Chez Alcurrucén il y a un peu de tout, du joli et du moins joli, mais également des trucs dans ce genre...

De là à en présenter un exemplaire à Vic, est-ce bien indispensable ? De plus, Victorino Martín, Palha et Escolar Gil témoignent d'une certaine redondance... Et cela commence à faire quelques temps que l'on n'a pas vu d'innovations lors de la Feria de Pentecôte à Vic-Fezensac, ce qui est bien dommage.

Florent