mardi 17 mars 2009

Indifférence

Je ne sais pas pourquoi j'écris cet article. Mais parfois, cette envie peut vous prendre afin de dégager un ressentiment intérieur. Je repensais ainsi à l'autre jour, en allant à Samadet. En entrant dans la forêt des Landes, on pouvait apercevoir les dégâts causés par Eole : tous ces arbres déracinés, ce paysage dévasté...
Mais c'est à Sabres qu'eut lieu l'illumination. En effet, on pouvait voir la direction de Brocas-les-Forges... Tiens Brocas ! Il me semblait bien que ce village avait une histoire taurine, alors le détour s'imposait ! Puis vînt cette route chaotique... Et une question s'empara de moi soudainement ; y-a-t-il eu quelque récente bataille par ici ? Des arbres défoncés, décapités, meurtris, vaincus, et des tranchées, vides de soldats, remplies d'eau sombre. La route ressemblait en effet à un parcours du combattant.
Puis peu à peu, le village se profile : c'est Brocas. Tout cela me semble très coquet : cette église, ce petit lac, ces quelques jolies demeures, cette forêt sauvage. Puis à gauche, il y a un petit chemin, on y voit au fond un vaste bâtiment circulaire tout de bois fait : ce sont les arènes ! Il y a quelques arbres couchés autour, mais ils sont heureusement minoritaires comparés à ceux restés debout. Le moteur s'arrête, il y a ce silence caractéristique des Landes, on peut respirer cette odeur de conifère, et admirer ces charmantes arènes. C'est beau ! Il m'en faut peu me direz-vous. Et cette pensée qui me vient : elles méritent mieux ! Car jadis, de petits organisateurs sont venus proposer des spectacles mineurs, sans suite... Si ! Deux choses sont arrivées à ces arènes : l'abandon et l'indifférence.
Tout cela est frustrant, je pense alors à une course l'été venu, avec de jolis taureaux et des hommes valeureux, l'ombre et le soleil partageant le cercle en deux. Imaginez !
Voilà Brocas-les-Forges, malheureusement à l'abandon, sans course depuis maintenant plusieurs années. Et je me dis que dans quelques heures à Samadet, je verrai des bêtes n'ayant pas fini leur hiver, je les verrai mourir, mourir dans un gymnase, avec des paniers de basket-ball cinq mètres cinquante au-dessus. Je verrai également ce tableau d'affichage typique des salles de sport, et cela me rappelle la belle époque où je faisais du hand, quand on regardait ce foutu panneau, tous les samedis après-midi, dans l'espoir d'y apparaître toujours devant nos adversaires. Mais ceci est le domaine du sport, cela n'a donc rien à voir avec la tauromachie. Pourtant, il y a encore des taureaux dans ce gymnase, tous les ans, en février. Alors qu'à Brocas c'est le vide.
Mais avouons que ça aurait beaucoup plus de gueule de voir des taureaux, ici à Brocas, au cœur de la Haute Lande, de ce milieu sauvage, avec tous ces pins entourant la plaza en bois. Et puis ce petit village à côté, ce lac... J'imagine cet endroit un jour de grand soleil, avec la luminosité que renvoient les habits des toreros, l'émotion que provoque la combativité de l'animal. Une atmosphère qui vous transporte, et pour le peu que l'on assiste à une belle course... Magnifique non ? De plus, Brocas n'est pas davantage perdu que Samadet, et il y a des chiqueros. Alors que là-bas : au « gymnase », on débarque le corned-beef depuis le camion. Mais peut-être qu'un jour on retournera à Brocas, afin de voir pourquoi pas : quelque chose qui nous laissera rêveurs...

Florent (le vendredi 13 février 2009)

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