mardi 17 mars 2009

Indulto, à qui le tour?

Ces dernières années dans notre chère France taurine, une logique implacable se serait instaurée ! Elle voudrait qu'au moins un indulto se produise chaque temporada. Si l'on pouvait donner une date charnière, ce serait 2003. Avant 2003, on avait cette impression que l'indulto demeurait une chose rare, exceptionnelle voire presque intouchable... En revanche, depuis cette date, on a l'impression que l'indulto est devenu une chose banale, qu'un torito correct avec beaucoup de passes dans le ventre pouvait obtenir... Alors bien évidemment, les âmes bienveillantes vous diront que c'est parce que les toros n'ont jamais été aussi bons ! En ne tenant compte que des corridas de toros, on s'aperçoit que le mouchoir orange a été sorti à neuf reprises depuis 2003, la palme à la plaza revenant à Fréjus avec deux toros indultés, et l'élevage, vous l'aurez deviné sans grande peine : Victoriano del Río avec deux toros épargnés !
Le moins que l'on puisse dire, c'est que presque tous ces indultos ont été contestés (hommage à Escandalito de Robert Margé). Ils seraient à mon avis témoins d'une sorte de mode apparue en Espagne à la fin des années 1990 et d'une recherche de prestige que l'on veut retrouver coûte que coûte... N'était-ce pas le cas pour Châteaurenard cette année ? Pour Istres il y a cinq ans ? Pour Saint-Gilles ? Voir même pour Fréjus qui vit deux toros rentrer vivants au toril en trois temporadas et à peine autant de corridas... Toutefois, le phénomène semble quand même être davantage de mise dans le Sud-Est, même si cette année, les deux régions taurines de France se retrouvent à égalité. Ce qui est surprenant, c'est que l'on retient le nom des toros morts et non ceux des toros indultés. Personne n'a oublié Resistón de El Pilar à Nîmes mais qui se souvient de Condor de Victoriano del Río à Fréjus ; tout le monde se souvient de Velonero de Charro de Llén à Vic-Fezensac mais qui se rappelle de Coxico de Palha à Fréjus ?
De plus, hormis Nîmes, Béziers et Dax où les arènes seront toujours remplies par un public de feria ; les autres plazas qui ont gracié des toros en ont-elles bénéficié postérieurement ?
Fréjus a temporairement fermé ses portes en 2006, Saint-Gilles fait peu parler d'elle et Eauze semble être au fond du trou, s'entêtant à proposer des Javier Pérez-Tabernero et presque toujours le même cartel depuis quatre ans. Istres semble être dans une bonne passe ; on verra bien pour Châteaurenard.Le rythme d'un ou de deux indultos par an en France est donc en cours et ; en assistant à une corrida formelle en France, l'aficionado aura environ une chance sur 52, 555 pour que cette course comporte la grâce d'un bicho. Le toro aura quant à lui approximativement une chance sur 315, 33 d'être gracié.

Ainsi, faites vos jeux pour la temporada 2009 avec « indulto, à qui le tour ? » ; pour ma part, je mettrais bien une petite pièce sur les arènes de Nîmes et un toro d'encaste Juan Pedro Domecq... (Ce jeu gratuit sans obligation d'achat n'est pas du ressort de la Française des Jeux)

Florent (le mardi 11 novembre 2008)

(Photo : Toro pour Nîmes ? Non ; eral de El Palmeral cet été aux arènes de Bayonne)

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