mardi 17 mars 2009

Jamón industrial

On ne peut nier à l'heure actuelle l'existence de nombreux problèmes au sein du monde taurin. Et s'il y en a un que l'on évoque peu mais qu'il est désormais possible de traiter de manière large, c'est celui du publicitaire ! En effet, les affiches présentées deviennent de moins en moins attirantes et taurines, on se demande même sur quels critères se basent les jurys chargés de les choisir. Séville aime l'arte, l'esthétisme, le raffinement, mais comment se fait-il que les affiches de ses dernières temporadas soient aussi médiocres ? Le toro transpercé par une flèche l'an dernier était d'un goût douteux et celui de cette année appartenant à la génération « Mac Do » l'est également. Ce cartel de la saison 2009 représente ainsi parfaitement les maux du toro actuel ; avec l'obésité dont il souffre parfois, la bête en question est ici plus proche de la tonne du bœuf de comice agricole que des cinq cent kilos du taureau athlète qui sortira en piste. Mais à travers cette « œuvre », ce n'est pas le seul défaut qui ressort ; le taureau n'a pas de visage, comme s'il manquait de personnalité, de fierté, problème qui touche énormément de toros à notre époque, on ne compte plus les bichos d'une noblesse tonta et d'une grande sosería. De plus, les armures du toro sont peu respectables pour une arène de première catégorie !
Mais peut-être qu'en réalité, l'auteur de cette affiche voulait faire passer un message du troisième degré : ce toro représenterait en fait un organisateur s'engraissant sur le dos des aficionados en vendant une tauromachie dévaluée, triomphaliste et à but purement lucratif. Ne rêvons pas trop, car la réalité est moins belle et l'affiche est même répugnante.
Cela montre que l'on ne respecte plus le Toro, et le succès d'une corrida, cela passe aussi par une belle affiche qui attirerait et encouragerait les vocations d'aficionados plutôt que par un vulgaire dessin qui transforme notre passion commune en « art discount ».

Florent (le lundi 15 décembre 2008)

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