mardi 17 mars 2009

Le cartel de l'espoir

Parfois dubitatif du spectacle qui lui est proposé, chaque aficionado possède en lui une part de rêve dont il sait qu'il a peu de chances de la voir se réaliser un jour dans un ruedo, sous ses yeux. Ainsi, une tarde avec six taureaux nobles pour trois toreros leur tirant deux cent passes chacun n'est pas une tarde de rêve ; de même d'un après-midi où l'on verrait quatre ou cinq toritos indultés grâce à leur noblesse naïve. Et d'ailleurs, je ne pense pas que des toros comme Idilico ou Desgarbado passeront à la postérité ; pour le premier des deux, on oubliera vite son nom, mais on saura par contre que c'est José Tomás qui l'a toréé. « Toréé » ? Oui, « toréé », mais pas combattu... C'est bien la le problème, car le torero réalise une faena de salon certes ; mais en face, la bête est ingénue et c'est de la que vient le manque de relief. L'important n'est pas le nombre d'oreilles et de queues coupées, ni le nombre de séries de passes effectuées par le torero. En mettant de côté l'idée de la tarde de rêve, l'aficionado imagine parfois le cartel qui pourrait l'amener vers ce bonheur !
Pour ma part, et au vu de la temporada écoulée, je pense qu'un espoir est né ; celui de pouvoir aligner trois lidiadors dignes du nom sur une même affiche. Il y a encore une vingtaine d'années, on pouvait encore compter un bon nombre de lidiadors ; Dámaso González, Victor Mendes, Ruiz Miguel, Manili, Richard Milian ou Campuzano pour ne citer qu'eux. Aujourd'hui, ils se font de plus en plus rares et il est même fréquent de voir un torero à la rue dès que le moindre soupçon de caste s'éveille. Mais cette année comme je l'ai dit, trois toreros ont montré qu'ils avaient des qualités de lidiador et qu'ils pouvaient garder la tête froide face à n'importe quel bétail, montrant même une certaine aisance technique. De mon côté, pour cette corrida, je mettrais en scène six taureaux de la ganadería de Raso de Portillo, qui témoignent d'une caste évidente, et parfois d'une bravoure exceptionnelle, comme ce bicho au pelage blanchâtre combattu l'an passé par Alberto Lamelas.Pour les trois toreros dont je parlais, le chef de lidia serait José Pedro Prados « El Fundi », qui me paraît être une référence en matière de lidia et de sérieux. Et pour l'accompagner, Sergio Aguilar et Alberto Aguilar, le premier avec beaucoup de métier, un temple évident et un calme incroyable ; le second avec les dents longues, et qui peut s'affirmer comme un futur grand lidiador.
Peu importe le résultat : une, deux, trois ou aucune oreille ; car l'essentiel, c'est de pouvoir assister à une véritable course, avec des Toros et des hommes... Un joli cartel pour la temporada 2009, même si bien sûr, il ne pourra pas se produire plusieurs fois une même année. On peut également penser à un Diego Urdiales dans un grand jour, ou à d'autres... Quant au bétail, on pourrait également évoquer les Escolar Gil, et pourquoi pas les Joselito qu'aucune « figurita » ne veut affronter lors de la temporada prochaine ; mettez-les dans les mains des trois matadors cités plus haut, et vous serez loin d'être déçus...

Florent (le lundi 10 novembre 2008)
(Photo : Sergio Aguilar à Céret avec un Escolar)

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