samedi 28 mars 2009

Le grand pont en tauromachie

Actuellement, il est possible de voir que la suppression de la publicité à la télévision résonne comme une victoire de la culture pour certains. Mais la culture, quelle culture ? La vraie, la véritable ? Ou bien cette culture audiovisuelle semée par tant d’inénarrables personnages : de Philippe Risoli à Laurence Ferrari en passant par Thierry Roland… Tiens en parlant de ce dernier ; nous remarquons que le football possède une place considérable au sein de la société. Ce sport est également très ancré dans la culture audiovisuelle française. Mais étrangement, les résumés de matchs laissent de plus en plus de place à des cercles de discussion axés autour du football. On voit ainsi apparaître de véritables philosophes de ce sport ! Un oxymore ? De plus, on constate que ces Platon ou Montesquieu du ballon rond possèdent un jargon footballistique très développé.
Parfois, ils s’extasient devant certains faits de jeu. Ces derniers sont par ailleurs très nombreux. Aujourd’hui, je vais parler du « grand pont ». Une action qui fait lever les foules ! Elle consiste pour un joueur à contourner physiquement l’adversaire d’un côté tout en faisant passer la balle de l’autre. Ceci afin de récupérer le bout de cuir, ce qui humilie l’autre joueur et le laisse sur place ; un peu comme un francilien qui vient de louper le RER. Le grand pont au football, c’est un peu comme un gros coup droit au tennis ou comme un redondo en tauromachie. Vous remarquerez par ailleurs qu’un seul et même spectateur peut assister à ces trois « exploits ». En effet, ils sont de plus en plus nombreux à être habitués au triptyque suivant : Parc des Princes, Roland Garros, Arènes de Nîmes.
Je faisais donc état du grand pont au football. Mais y-a-t-il une action similaire en tauromachie ? Je suis tenté de répondre oui. En affirmant même qu’il en existe plusieurs variétés ! Tenez par exemple, il existe un grand pont à la muleta. Pour l’illustrer, vous demanderez à Román Pérez qui est un des spécialistes en la matière lorsqu’il torée voûté (pléonasme).
Mais ce n’est pas ce grand pont qui m’intéresse aujourd’hui ! Celui sur lequel je vais m’étaler : c’est le « grand pont de l’estocade ». Il est parfaitement exécuté à l’image par Javier Rodríguez ; c’était au mois de janvier à Ajalvir.
Cependant, le grand pont en tauromachie réjouit beaucoup moins que celui du football. Du moins, il le devrait en théorie. Car le « grand pont de l’estocade » entraîne souvent une épée basse, cette épée basse entraînant elle-même une mort brève, avec le plus souvent une hémorragie buccale. C’est un syllogisme. Le seul problème est que cette action peu valeureuse passe de plus en plus inaperçue ; les masses applaudissant à tout rompre ces bajonazos d’effet rapide qui n’ont cependant pas la sincérité et la vérité d’une estocade portée dans les règles « en el hoyo de las agujas ». Aussi et sans arrière pensée, vous remarquerez qu’un Javier peut en cacher un autre…

Florent

6 commentaires:

  1. La photo illustre bien ce geste malheureusement de plus en plus frequent que l'on pourrait aussi nommé "julipié"

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  2. Pour moi qui n'est été qu'un modeste joueur de foot ,comme un modeste aficionado,la métaphore est belle ,mais je crains qu'il y existe beaucoup plus de grands ponts et j'irai jusqu'a l'impasse, dans la Taumorachie que dans le foot .....le seul grand pont que les acteurs n'oublient pas ....c'est le fric !!!!
    Quand à la culture à la télé perso ,je baisse le son pour ne pas entendre les cons car pléthore il y a..........
    Putain que ce monde décadent est triste!!!!!

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  3. Un Javier peut en cacher un autre ?
    Mais à quel autre Javier, fais-tu allusion, cher Florent ?
    Plus sérieusement, c'est-y pas la "figura" -hum ! - qui figure sur ta photo de janvier à Ajalvir?
    Pedrito 32

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  4. Javier Rodríguez / Javier Conde (frères de bajonazos)

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  5. Dire qu'il y a des gens capables de se pââââmer devant ces illusionnistes.
    Vivement les vrais ruedos !!
    Pedrito

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  6. " Le jour où le ridicule est tombé sur Terre,Javier Conde n'était pas sous un parasol."
    Florent.
    Entre les bajonazos de ces "artistes" et les indultos à tours de bras,la tauromachie a triste mine.

    Max

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