lundi 16 mars 2009

Les enseignements du modèle bayonnais

« Bayonne, première ville taurine de France » ; cela peut laisser rêveur, voire moqueur. Mais c'est bien l'inscription qui figurait sur un panneau à l'entrée de la capitale française du Pays Basque il y a quelques années. Et c'est vrai, au fond ils ont raison ! Car Bayonne est la première ville française à avoir organisé une corrida de toros formelle, en 1853 ; et si l'on considère ce slogan en terme d'importance, on constate simplement que les personnes à l'origine de ce panneau n'étaient pas loin de la réalité. Je mets bien évidemment Céret et Vic-Fezensac de côté car ces deux places constituent une exception, leur programmation étant torista à cent pour cent. Si l'on prend maintenant les grandes arènes à la programmation plus ou moins variée, on voit que ni Arles, ni Nîmes, ni Béziers, ni Mont-de-Marsan et ni Dax n'ont une présentation des toros supérieure à celle de Bayonne.
Cette temporada, à Lachepaillet, malgré quelques armures éclatées et des bichos parfois invalides - je pense notamment à la course d'Hubert Yonnet - les toros ont suscité un réel intérêt à chaque fois (six courses au total, trois toristas et trois toreristas) ; ainsi, on n'a pas vu de caprins se traîner au sol. Les six corridas ont existé au premier tercio et aucune n'a montré de réelles facilités pour les toreros, il fallait se donner la peine face aux Alcurrucén et à un degré supérieur face aux Joselito, et il fallait aller chercher les mansos de Valdefresno aux planches, mansos mais pas totalement inintéressants. Vous l'aurez donc compris, le niveau torista (des toros) n'a pas été décevant, mais pour quelle raison?
Simplement car le type de toro présenté dans cette plaza est apte à supporter la lidia, on l'a vu autant pour les Palha que pour les Joselito. On enlève les cornes abîmées, les borgnes éventuels, et la présentation est irréprochable ! Bayonne n'a donc rien à envier aux autres grandes plazas françaises, « grandes » en taille bien sûr, et il faudrait rappeler à certains organisateurs - du moins à un en particulier - que la taille de l'arène, la plus grande du pays soit-elle n'a pas d'importance si la présentation des bêtes ne suit pas...

Florent

(Montage : six toros des six élevages présentés à Bayonne ; en haut : Hubert Yonnet et Miura, au milieu : Alcurrucén et El Tajo, en bas : Palha et Valdefresno)

P.S : En 2008, Bayonne a organisé six corridas, cinq non piquées, une novillada et une corrida de rejón

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