mardi 17 mars 2009

Réflexion sur le terme "illidiable"

Le mot « Illidiable » est un barbarisme à la formation incorrecte car formé d'un préfixe privatif français puis d'un terme taurin espagnol. Son utilisation est assez fréquente dans les reseñas en langue française. On qualifie bien souvent d'« illidiable » un taureau manso voire compliqué donnant du fil à retordre aux cuadrillas en piste. Mais cette utilisation est-elle faite à juste titre ?
Car littéralement, ce terme désignerait la bête « qui ne peut pas être lidiée ». Mais est-ce le cas pour ces taureaux que l'on vise la plupart du temps ? Après tout, on a déjà vu des Miguel Zaballos ou des Dolores Aguirre mansos con casta intéressants et ayant une lidia à part entière. Il en est de même pour les bichos compliqués développant du genio dès les premiers tiers. En utilisant le mot « illidiable », ne devrait-on pas plutôt cibler les taureaux incapables de supporter la lidia en question ? Ceux pour lesquels les aficionados doivent se serrer la ceinture en matière de tercio de piques en échange d'une faena qui sera tout de même d'infirmier, ces taureaux dont on sait d'avance qu'ils ne prendront pas plus d'un picotazo.
Or ce terme n'est pas applicable aux mansos con casta et aux bichos compliqués. Ce qui me fait ainsi dire que chaque taureau a sa lidia, du moins celui qui est capable de la supporter...

Florent (le samedi 10 janvier 2009)

(Photo : Rubén Pinar avec un Gallon aux portes de la becerrada l'été dernier à Garlin)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire