mercredi 25 mars 2009

Un réquisitoire pour treize mois de gloire

Avant d’entamer mes propos ; je tenais à signaler que tous les éléments qui vont suivre sont dus à des écrits et à des faits, il ne s’agit en aucun cas d’attaques personnelles.

Arles : samedi 22 mars 2008. Ils étaient un bon millier, rassemblés sur le parvis de l’amphithéâtre romain. Ils étaient joyeux, euphoriques, filmés par diverses caméras de télévisions françaises. Ils arboraient des banderoles vertes ou roses. Un tel engouement, mais pour quelle raison ? LA NAISSANCE DE L’OBSERVATOIRE NATIONAL DES CULTURES TAURINES. Une idée acceptable en soi. L’entité est ainsi créée, on verra bien et on attendra pour se faire une idée ; même si l’on a déjà quelques réserves quant à sa direction…

Nous voilà un an après : en mars 2009. Et je pense que l’on est désormais en droit d’émettre plusieurs doutes quant à cet observatoire, notamment à cause de son président. Par ailleurs, le site Campos y Ruedos a publié un communiqué remarquablement argumenté il y a quelques semaines. En tant qu’aficionado ; je trouve étrange qu’il n’y ait eu aucune réaction concernant cette institution un an après sa création. Tout serait si bien ? Tout conviendrait parfaitement ? Personnellement, je ne pense pas. Et qu’importent les conséquences, il faut peut-être en finir avec la langue de bois. Alors ! Un an après et à tête reposée, on peut analyser les choses qui ne vont pas, car je trouve qu’il y en a un certain nombre... Pour ma part, cet observatoire est actif et fonctionne correctement au niveau de la défense externe ; mais qu’en est-il au niveau interne ? Et c’est peut-être là que les choses s’obscurcissent.

CULTURE TAURINE ! Ces messieurs se sont emparés du terme mais pas du sens...

L’observatoire ne possède pas de site internet approprié. En revanche, on peut lire les pensées et « informations » de son président quotidiennement sur le site « Terres Taurines ». A travers les premiers éditos suivant la création de l’observatoire, il fut possible de voir diverses considérations défendant la corrida d’un point de vue global, jusque là tout allait bien. Aussi, on remarqua divers éloges ; dont un fait à Xavier Klein en date du vendredi 18 avril 2008, dans un article nommé « intronisation à Orthez ». Epoustouflant n’est-ce pas ? J’avais pourtant lu dernièrement que Xavier Klein était un personnage obscur et de la pire espèce…

Mais c’est par la suite que la perte de sérieux se fit sentir. Et jusqu’à aujourd’hui, on a pu constater qu’au lieu de défendre l’ensemble de la diaspora taurine et d’appuyer sur le sérieux et l’éthique du spectacle taurin ; le président de l’observatoire a préféré attaquer une partie de l’afición : montrant une envie délibérée de « casser de l’aficionado a los toros ».

Le premier élément intervînt au début du mois de mai 2008. En effet, le président de l’observatoire affirma qu’il fallait moderniser la tauromachie. Si l’on prend le nom de l’entité au sens conventionnel, cela ne convient pas du tout… S’agit-il de « défendre la culture taurine » en procédant ainsi ? Durant cette première temporada de l’observatoire, le président s’est fait apologue d’une tauromachie dite « moderne » ; aux exigences tirées vers le bas avec une lidia galvaudée et des tercios minimisés (voir le débat et les fausses-vérités sur la pique andalouse). Dans un édito du vendredi 2 mai 2008, le président défendit fermement le concept de Palavas-les-Flots alors que cette ville devrait se voir exclue de tout organisme taurin français pour manquements au sérieux et à la présentation du bétail si cela ne venait pas à changer. Car peut-on cautionner une course de Juan Pedro Domecq sans trapío allant de 390 à 470 kilogrammes et ensuite se définir comme le défenseur de la culture taurine ? Au lieu de dénoncer ces dérives portant atteinte au sérieux du spectacle taurin, le président a préféré s’en prendre à l’afición a los toros durant les mois qui suivirent. Cette envie de « casser du torista », vous pourrez la retrouver en relevant les termes d'« ayatollahs auto-proclamés » ou autres « talibans » au travers des éditos du mois de mai 2008.

Par ailleurs, le président de l’observatoire a semblé être assez peu objectif envers les corridas de respect, signant des éditos du nom de « torisme en crise » le 16 octobre 2008, de « torisme intelligent » le 23 octobre 2008 et parlant même de « vrai torisme » le 8 novembre 2008 ; histoire de dire qu’à part Victorino Martín, Miura et Escolar Gil, les autres élevages de respect n’ont aucune valeur. Il alla même jusqu’à qualifier les courses avec ces élevages de « spectacles au rabais » ! Hernández Pla, Prieto de la Cal et autres ganaderías prestigieuses, n’est-ce pourtant pas ce que le président de l’observatoire vend dans sa revue depuis plusieurs années ?

La mauvaise utilisation du statut de représentant de la culture taurine et la désinformation ont été deux autres constantes. Par exemple, une grande publicité a été faite pour Michelito (cf : le 29 octobre 2008 « indulto à Pachuca) ; avec toute cette histoire autour de la becerrada du mercredi 6 août 2008 à Hagetmau, pour une " simple capea avec des jeunes adolescents " j’ai envie de dire... Mais la où les choses sont moins glorieuses, c'est que l'observatoire n'est intervenu lors de la feria d'Hagetmau qu'un seul jour, le dernier, pour cette capea. N'aurait-il pas été mieux de sa part d'appuyer l'ensemble du cycle ainsi que les novilladas proposées ? Surtout lorsque l'on sait qu'Hagetmau est entrain de sombrer depuis quelques années. Défendre la "culture taurine", il faudrait y penser dans d'autres villes en danger, comme Soustons par exemple...

Désinformations, mais également aberrations ! Comme on a pu en lire une extraordinaire au mois d’août 2008 avec « des toros de Núñez trop encastés pour permettre le triomphe de Morante et José Tomás ! » Reprocher la caste des toros, est-ce imaginable lorsque l'on se dit aficionado ? Dans la même lignée, le président de l'observatoire a désiré descendre les Raso de Portillo alors qu'il ne les a jamais vu les deux fois où ils sont venus en France et pour cause ! Il était présent aux novilladas de Millas – près de Perpignan – ; une arène où il est le prestataire. Millas dont il dit par ailleurs sur son site internet que les arènes affichent un « réjouissant no hay billetes depuis quelques années » ; il y a quelques temps, il avait même écrit dans un livre – je cite - : « Si Salvador Dalí avait connu Millas, il l’aurait défini comme le centre du monde »… Une magnifique preuve d’autosatisfaction ! Pour revenir aux Raso de Portillo ; dans la rubrique d'informations du 5 janvier 2009, le président de l’observatoire annonça le retour de cet élevage à Parentis pour cette année, disant qu’il « avait fait sensation l’an passé » ; c’est l’hôpital qui se moque de la charité !

Le président de l’observatoire est également coutumier du « changement de discours » ; c’est le cas pour l’ANDA, mais aussi pour Vic-Fezensac... Durant ces quelques mois, on a pu remarquer que les agressions étaient répétitives mais que les victimes étaient toujours les mêmes.

On pense notamment à Joao Folque de Mendoça, empresa d'Alès et ganadero du célèbre fer portugais de Palha. Désinformation tout d'abord sur les entrées des arènes d’Alès en 2008 (même si ce n'est pas le président de l'observatoire qui signe la reseña), preuve en est pour la corrida du dimanche 4 mai avec « demie arène, c'est-à-dire moins de 1 000 personnes ». Pour dire grossomodo : "Folque, tes corridas toristas attirent moins de monde que certaines novilladas non piquées", au fait, les arènes d'Alès font plus de 3 000 places, faites le compte... Mais cela est un infime détail. Car le plus grave, c'est l'acharnement contre l’élevage de Palha les 30 mai et 1er juin 2008 pour la corrida de Madrid alors que cette dernière a reçu de très nombreux prix. Puis on pense aussi à la course de Bayonne et à la cabale qui s'est poursuivie les 31 août et 1er septembre... Est-ce raisonnable lorsque l'on est président d'un tel organisme de mêler des affaires personnelles et les faire ressortir sur l'élevage de la personne concernée?
En parlant d'affaires personnelles, chacun d'entre nous sait que le président de l'observatoire est également le chargé de communication des arènes d'Arles où il n'y aura pas El Fundi cette année. Pour justifier cette absence, ledit président s'en est littéralement pris au maestro de Fuenlabrada (27 décembre 2008 et 24 janvier 2009) ; affirmant même que la plus petite entrée réalisée l'an passé à Arles était celle de la corrida-concours où " il y avait El Fundi " ; alors qu'El Fundi n'était pas présent à ce cartel ! Je ne pourrais vous retrouver le lien de cette "désinformation", car il a été soigneusement effacé...

Je parlais de "cabale" avec les Palha et Joao Folque de Mendoça ; mais à côté de cela, qu'en est-il de l'infâme traitement infligé aux arènes d'Orthez et au président de sa commission taurine, Xavier Klein. Tout commence le 12 novembre 2008 lorsque le président de l'observatoire fait l'hypothèse d'augmentation d'impôts en 2009 à Orthez alors que la "corrida portugaise" n'était qu'à l'état de projet. Mais cela n'est que l'aube de cette cabale comprenant désinformation et manque total d'objectivité ! Cela continue en effet le 21 décembre 2008 avec un article nommé "la mauvaise pioche d'Orthez", alors que les Montesinos ne sont jamais sortis en France ! Encore moins sous les yeux du président de l'observatoire... Aussi, les 9 janvier et 11 février, l'acharnement continue. Frascuelo est annoncé à Beaucaire et Orthez, alors qu'il n'en sera rien ! Et d'où sortent ces " Julio " Montesinos ?
Voilà un parfait exemple de corrida lidiée avant son entrée en piste. Je le répète ; mais est-ce sérieux de continuer à avoir à la tête d'une entité taurine qui se veut nationale, quelqu'un qui souhaite démolir divers organisateurs ? Et je n'évoquerai même pas les tractations faites envers la mairie d'Orthez...

Le chapitre de la désinformation continue également en 2009 avec la première reseña d'un spectacle en habit de lumières. Je veux bien sûr parler de la novillada du 8 février à Samadet où il paraît qu'il y a eu des « novillos de camino de santiago, bien présentés en bonitos, bas et courts de type, très cuajados et braves dans l’ensemble à l’exception des quatrième et cinquième qui finirent aux planches… » ; je crois que personne n'a vu la course décrite dans cette reseña et il faudrait parfois rendre à l'objectivité ses lettres de noblesse !

Voilà où nous en sommes un an après et là où en sont l’observatoire et son président. Quels progrès ont été faits hormis celui d'éloigner les antis taurins autour des arènes ? Oui ! Quels progrès y-a-t-il eu en matière interne ?
Un an après et en tant qu’aficionado, j’ai l’impression que la personne à la tête de cette entité se prend pour la juridiction suprême de la tauromachie en France, se servant même de ce statut pour régler des comptes personnels ; et forcer des personnes à présenter des excuses pour certains propos ! Mais plus grave peut-être, cette personne se prend pour le porte parole global de l’afición, mais de quelle afición ? Alors un observatoire ; pour rassembler ou pour diviser ? Je me le demande et je vous le demande. Avec tous ces éléments, je pense qu'il faudrait changer la présidence de l'observatoire national des cultures taurines.

Florent

9 commentaires:

  1. Je serai plus bref et comme je me casse de tous les blogs élitistes j'ai l'esprit tranquille pour dire que l'observatoire est une fois de plus une institution nombriliste ou quelque uns se font mousser mais en aucun cas un defenseur de la fiesta brava car pas plus tard que vendredi dernier et malgre les propos de verdad de Mr Merlin ,il faut satisfaire le public aussi con soit il ,quand aux tentavives des antis comme hier à Aire il n'est pas besoin d'apartenance à l'observatoire chacun est capable de maitriser les situations .

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  2. Florent, l'édito où Viard dit que le Fundi était au cartel de la concours d'Arles est bien en ligne. Voilà le lien pour le 22 Janvier : http://www.terrestaurines.com/forum/actus/01-01-09/22-01-092.php

    Quant à l'Observatoire, nous savons très bien depuis le début qu'il n'a pas vocation à s'occuper des affaires internes de notre culture taurine.
    Mais la position du président est plus qu'ambigue quand il s'en prend à un torero, une arène ou un aficionado. Ah, s'il pouvait démissionner de son poste pour le bien de la culture taurine dans son ensemble...

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  3. Florent,
    Que aguante!
    Si tu continues comme cela, tu vas finir par faire la une de TT, et pourquoi pas de l'Echo (s'il arrive à lire un texte si long), la célébrité quoi!
    Peut-être même un boycott...
    Cordialement.

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  4. Enhorabuena pour l'afición qui règne en ces nouveaux locaux blogosphériques ; j'ai même le sentiment que le déménagement a bonifié encore un peu plus le jugement et la prose du maître des lieux. Un saludo.

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  5. bién

    rien à voir mais sache que la couleur verte des mots en liens sont illisibles sur le noir !! c'est pas agréable si tu veux mon avis

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  6. Merci, FLORENT, de si bien dire et écrire ce que pensent les AFICIONADOS de verdad de ce dangereux - pour la corrida et ses défenseurs -charlatan.
    Un abrazo

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  7. Cher Florent,

    Belle démonstration, mais s'agit-il bien là de démonstration?... (autrement dit, l'"impétrant" est-il perméable aux démonstrations?... - j'avoue ici une certaine malveillance a priori). Car, par ailleurs, "changer la présidence" ne se suffirait pas de le simplement vouloir: pour cela, il faut déjà connaître la procédure qui a conduit à l'élection première (l'OCT doit avoir des statuts, précisant entre autres la durée du mandat du président); dans ces conditions, le "changement" ne pourra avoir lieu qu'à la date statutairement prévue pour cela (et sous réserve que le sortant soit électoralement battu...); sinon, reste - et ceci en hommage à ta jeunesse - la posture SAINT-JUST "Pas de liberté pour les ennemis de la liberté!" (mais nous avons rangé au musée le "rasoir républicain"!...); reste enfin le mépris (façon "Le chameau aboie mais la caravane torista passe"): allons à Alès, à Vic, à Céret, à Orthez, à Parentis... (aux choix, liste chronologique et non limitative), et pour le reste - comme le disent si bien les Anglais "Honni soit qui mal y pense"!

    Suerte pour ton nouveau blog - Bernard

    PS: il est vrai que vert foncé sur noir, c'est un peu difficile à lire (à moins que tu n'aies choisi d'honorer ainsi la "devise" de Miura... pour Madrid!)

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  8. Quelle belle démonstration!!!.
    Un grand bravo!!!
    Frédéric

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