mardi 17 mars 2009

Voyeurisme masochiste

Je ne vous apprendrai rien en affirmant qu'un bon aficionado doit avant tout être un bon masochiste. En effet, chacun d'entre nous goûte plusieurs fois par temporada à une forte douleur. Celle-ci étant même prévisible la plupart du temps. La faute au gusanillo me direz-vous ! Ah décidément, une belle histoire d'amour ce masochisme ! Tiens en parlant de masochisme : un spectacle taurin de huitième catégorie était diffusé l'autre jour par la chaîne andalouse qui propose également plusieurs fois pas mois un programme du nom de « Toros para Tontos » ; ou quelque chose y ressemblant. Les toros à la télé ! Cela enlève énormément de relief au vrai, l'ambiance de la corrida est tronquée par l'écran. Cependant, on a une vue davantage omnisciente. Mais étant donné que nous sommes tous plus ou moins des voyeurs ; dès que des toros ou assimilés s'annoncent à la télévision... Cela peut parfois être tentant, même si l'on n'a rien à tirer du cartel présenté. Mais il faut être encore plus masochiste et voyeur pour s'infliger une course andalouse comportant tous les traits caractéristiques qui nous horripilent.
Puis, si l'on se lance dans diverses considérations ; le comble du voyeurisme en tauromachie, ce serait le rejoneo ! Pourquoi ? Car c'est un spectacle où la bête est diminuée d'avance et pour lequel on sait que l'on ne pourra pas voir sa bravoure, au contraire d'une lidia piétonne normale. Que certaines courses à pied soient aussi triviales que les corridas équestres ; je crois qu'il est parfois possible de le dire, malheureusement.
Aracena ! C'est même ridicule d'en faire une reseña. Le genre de corrida où le revistero dira que les bestiaux étaient abecerrados pour déconner, alors que cela correspondait parfaitement à la réalité. Et je vous promets que les six choses de Zalduendo qui sont sorties en piste auraient pu passer à Plaisance-du-Gers, au Houga ou même à Pontonx-sur-l'Adour. Jusqu'au bout de l'ineptie, il était montré au début de la retransmission le lot de Zalduendo trois jours avant la course ; avec les fundas encore sur les cornes. Trois jours plus tard : les mêmes bestioles de Zalduendo dans le ruedo d'Aracena ; sans les fundas, mais afeités jusqu'à « l'os » j'ai envie de dire... Mais à quoi bon ces foutues fundas si au final, les becerritos sortent avec des guimauves en guise de cornes ? J'avoue que de ce côté-là, j'ai du mal à comprendre...
Pour ouvrir cette mascarade, il y avait Ortega Cano, le torero old school du jour et probablement le seul des trois à savoir toréer. Puis vînt ensuite l'illustre Manuel Díaz « El Cordobés » qui ne fut même pas capable d'être à la hauteur d'un bestiau ultra noble. Mais qu'en serait-il face à un taureau brave ? Et pour couronner le tout, l'excellentissime El Fandi complétait l'affiche de luxe. Lui qui, de par son physique athlétique, pourrait prétendre au poste de tondeuse à gazon sur le banc de touche du Paris Saint-Germain. Certes, il sait courir et il a des poumons le type ! Mais malgré sept cent paires de banderilles posées l'année dernière, l'ancien skieur ne semble toujours pas avoir assimilé ce que c'était de clouer dans le berceau... En intrus, Vicente Yangüez « El Chano » lui montra au premier toro du Cordobés ce qu'était l'art de poser les palos.
Enfin, parler de tercios de piques pour ce spectacle reviendrait à évoquer une piqûre donnée sans rappel par le médecin. En tout cas, devant des muletazos donnés sur le passage à des bêtes insignifiantes, il y en aura toujours qui se délecteront... Mais il faut réellement être masochiste pour suivre ce type de spectacle, même à cause (je ne dirai point grâce) de l'audiovisuel ! On pourra toujours me dire « oui et bien tu n'as qu'à pas regarder ! ». Il n'empêche que c'est bien désolant de voir une si belle tradition bafouée par de vulgaires types affrontant des bovins miniatures. Et je pense pour ma part qu'un Observatoire serait bien utile afin d'éviter ce genre de conneries....

Si l'on est catalogué comme voyeur car l'on aime le combat et les beaux taureaux ; alors je répondrai qu'en allant à Palavas-les-Flots : vous êtes à la fois voyeur, masochiste et sadomasochiste ! A méditer...

Florent (le mardi 3 mars 2009)

(La photo n'a bien sûr rien à voir avec l'article puisqu'il s'agit d'une vache de Raso de Portillo. Une vache qui n'est autre que la soeur de cet extraordinaire novillo lidié le dimanche 5 août 2007 à Parentis...)

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