mardi 21 avril 2009

De turquoise et d'or

On ne parle décidément plus que de lui ces derniers jours ! Lui, c’est ce jeune novillero. Et il s’appelle Juan del Alamo ! Alors non je ne vais pas le présenter car on a tous plus ou moins entendu parler de lui l’an dernier. Notamment au travers de sa prestation dacquoise en non piquée où il obtint les deux oreilles et la queue d’un bicho du Conde de Mayalde.

Pour ma part je désirais attendre. Oui ! Je voulais voir si mes impressions perçues à Mugron lundi dernier allaient se confirmer à Arles et à Garlin. Et visiblement c’est le cas ! Peut-être même au-delà de mes espérances…
Je repense ainsi à Mugron et à cette novillada banale sur le papier. A l’affiche il y avait des Fernando Peña pour trois novilleros, dont Juan del Alamo qui effectuait son premier paseo avec picadors.
Il est venu à Mugron, vêtu de bleu turquoise et d’or. Afin de rappeler que la tauromachie bien plus qu’un simple corps à corps, c’est aussi pour l’homme un combat contre sa propre mort. Et c’est sans sophisme ni arrière-pensée triomphaliste que Juan del Alamo est allé s’agenouiller face au toril, tel un pénitent. Car si parfois les portagayolas ou largas à genoux paraissent itératives voire lassantes, celle du jeune salmantin était pleine de sincérité. Puis le taureau est passé. Il est passé sur cette portagayola ainsi que tout le long du combat avec Juan del Alamo et ses leurres. Mais il n’est pas passé de la même manière que d’habitude j’ai envie de dire. Car il y avait là dans les gestes de del Alamo une sincérité et une profondeur inconnues. Au cours de cet après-midi de Printemps, le jeune de Salamanque a montré les trois facteurs essentiels afin d’être un novillero convaincant : courage, envie et détermination. Et en plus de cela, il a également fait preuve de technique, de temple, d’élégance, de personnalité et de maîtrise… Alors que ce n’était que sa première novillada ! Ainsi je m’incline.

Certains le compareront à un « Nouveau Juli », à un « Rimbaud torero » ou que sais-je. Mais ces considérations n’ont point lieu d’être. Et il faut parfois arrêter de trouver des repères et de se dire « ah, il tient ça de celui-là… »
Car lundi dernier à Mugron, un novillero est venu et nous a dit : « Je m’appelle Juan del Alamo, maintenant regardez ». Et ce Juan del Alamo s’est imposé de lui-même, sans aucun conformisme ni modèle en tête.

Aussi depuis le début du nouveau siècle, combien de novilleros ont suscité l’unanimité après si peu de comparutions ?

Et de nombreuses interrogations me vinrent à l’esprit ce soir du lundi de Pâques. Va-t-il écraser ses compagnons de cartel à chaque course ? Est-il un futur grand ? Où sera-t-il dans dix ans ?
Il est bien prématuré de répondre à ces questions. Car peut-être qu’il continuera sur sa lancée, peut-être qu’il nous décevra de par une inconstance naissante, peut-être même qu’il tombera dans l’oubli. Je ne lui souhaite point ces deux dernières hypothèses. Mais qu’importe ! Habitué aux froides prestations de nombreux novilleros au Printemps arrivant, l’aficionado a pu lundi dernier se délecter de quelque chose de différent.

En effet, Juan del Alamo nous a fait dire qu’il existait encore des jeunes empreints de planta torera sur cette terre. A l’heure où l’on nous parle de médiatisation, d’économie ou de libéralisme, ce novillero de dix-sept ans désire nous montrer en piste sa conception qu’il a du combat avec le taureau. Une chose unique, rare. Et puisse le temps nous confirmer qu’il n’est pas un faux espoir.

Florent

2 commentaires:

  1. Il y a même eu le "Mozart de la tauromachie", en la personne de Emilio Muñoz: qu'en est-il resté de cet enfant prodige ?
    Puisses-tu ne pas te tromper, FLORENT, puisse surtout Juan del Alamo ne pas décevoir l'aficion.
    Suerte.

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  2. Remarquable "pagina" pour un non moins remarquable Juan del Alamo.....
    Pour ce qui est des qualificatifs ,c'est désiroire ,ce qui me parait le plus important c'est que dans cette societe de consommmation...on ne consume pas ce jeune plein de talent
    ciao
    bruno

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