dimanche 24 mai 2009

Aller au charbon

Cela faisait pratiquement une décennie que je ne m'étais pas rendu à Alès. "A l'époque", c'était encore le grand amour entre la cité cévenole et les taureaux du Curé de Valverde.
Dix ans plus tard le samedi 23 mai 2009, il y a un point positif à dégager : on a vu une tarde de toros cet après-midi à Alès !

Mais pour en arriver à ce résultat et à cette satisfaction, il est nécessaire d'avoir une "présence" en piste. Et c'est véritablement ce que dégageait ce premier taureau de Dolores Aguirre, porteur du numéro 31. Il était imposant, corpulent, playero et astifino.
On imagine alors les visages désappointés de la cuadrilla de Rafaelillo à l'heure du sorteo, certainement peu joyeux d'avoir touché cette estampe pouvant sortir dans n'importe quelle arène. Et ce numéro 31, il n'a pas fait qu'acte de présence. En effet, il a d'entrée déglingué les planches et a semé la panique en piste. On a voulu le châtier excessivement afin de le rendre exsangue : en vain ! Car ce Dolores avait des ressources, et il a affirmé qu'il savait se servir de son impressionnant berceau de cornes. La suite, un combat très difficile abrégé dans l'adversité par Rafaelillo. Le décor était planté et les Dolores Aguirre n'étaient pas venus pour plaisanter !

Nés entre août 2004 et mars 2005, ils étaient inégaux en corpulence et en trapío. Mais ils formaient un lot sérieux et respectable pour cette plaza d'Alès. Poussant sous le fer, s'en allant parfois dès le premier contact avec la pique, les Dolores ont cependant eu un dénominateur commun : celui d'avoir été mal lidiés.
Par la suite, ils ont montré de la mansedumbre - ce qui est classique dans cet élevage - avec trois premiers taureaux âpres et difficiles et trois derniers offrant de nombreuses possibilités avec de belles embestidas.

Face à ce lot de Dolores Aguirre, les hommes ont montré qu'il y avait différentes façon d'aller au charbon, de toréer et de s'engager.
Après avoir été inédit face au dangereux premier, Rafaelillo a offert une démonstration de pundonor et d'engagement avec le quatrième taureau. Le petit matador de Murcie s'est livré à deux cent pour cent dans le combat, toréant à l'ancienne et dans les canons. Une entière tombée d'effet rapide lui permit d'obtenir une grosse oreille.
Ensuite, je passerai sur la prestation de ratero qui a été donnée par Francisco Javier Sánchez Vara. Ce dernier passant à côté du grand cinquième. Pourtant, il parut satisfait malgré cette déroute... Oreille avec deux vueltas qui ne s'imposaient pas.
Enfin, Mehdi Savalli a connu de nombreuses difficultés - notamment dans la lidia - et s'est illustré par un évident manque de lucidité. Il n'arriva pas à tirer le meilleur du dernier taureau.
Comme quoi les Dolores Aguirre, c'est une autre paire de manches que les Victorino Martín actuellement...

Florent


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