samedi 6 juin 2009

Le temps des fleurs

Changement de décor. Nîmes n'est plus. Révolu le bitume envahi par la gnôle et la pisse qui vous collent les souliers. Désormais place au Gers, à sa verdure vallonnée, au Fezensac, et à Vic bien évidemment !
Oublions le jeudi noir nîmois. Tournons-nous plutôt vers ce samedi matin fleuri. Car l'entrée en matière vicoise se faisait avec les Flor de Jara. Un nom exotique ! Mais il ne s'agissait en aucun cas d'une découverte et le CTV n'avait rien inventé. Car cet élevage n'est autre que celui de Bucaré que vous avez pu admirer l'été dernier à Céret, Mont-de-Marsan et Saint-Perdon.

Puis Aragona retentit et les novilleros défilèrent, la course commença.

A première vue, les Flor de Jara pouvaient parfois impressionner de par leur présence physique. Mais au fond, certains d'entre eux possédaient de l'or sur chaque corne.
Malheureusement et malgré la vaillance, aucun des trois novilleros n'eut la main verte pour de si jolies fleurs.
On eut le droit à un joli bouquet. Les anciens Bucarés allèrent seize fois à la pique, s'y défendant diversement. Quant au jeu des novillos, on peut dire que le premier était court de charge et manquait de forces, que le second était noble et que le dernier se prêtait au jeu temporairement. Mais que dire des troisième, quatrième et cinquième !
Je pense notamment à "Chinchoso" (signifiant "emmerdeur") le mal nommé, sorti en quatrième position. Il était brave et c'était à mes yeux la plus belle fleur du jour. Mais Javier Cortés ne sut la cueillir et se contenta simplement de la regarder passer avec splendeur, passivement. Auparavant, le novillero madrilène s'était montré vaillant avec le premier, mais sans passion.

Puis, il y eut ensuite l'étonnant Juan Carlos Rey. Courageux, engagé et très décidé, il obtint l'unique oreille de la matinée face au second après un labeur presque exclusivement gaucher. Seul bémol, le novillero semble utiliser la voix autant que le tennisman Richard Gasquet lorsque celui-ci frappe ses coups droits.
Et arriva Alguacilero, le cinquième Flor de Jara, qui fut lâchement exécuté par la cuadrilla de Rey. Pourtant, les conditions de lidia étaient parfaites. La piste était en bonne état, et les lignes du tercio de piques étaient là, pas encore inspirées par les narines de Richard Gasquet justement. Au troisième tiers, Alguacilero avait la bouche fermée et possédait des ressources malgré le sévère traitement infligé. Hélas, Juan Carlos Rey ne sembla pas motivé, conspué à cause d'une lidia désastreuse. L'afición eut un goût amer en voyant Alguacilero repartir entier...

Enfin, l'arlésien Tomasito montra pour sa part quelques beaux gestes. Mais il sembla manquer d'expérience pour ce genre de rendez-vous. En particulier à l'épée. Son premier adversaire était très bon, son second progressivement désintéressé par les leurres. Mais c'est ce dernier qui obtint une vuelta posthume. Pour l'ensemble du lot dira-t-on ensuite. Pourtant, c'est bien Chinchoso qui méritait le tour d'honneur et les fleurs...

Vuelta finale du mayoral.


Florent

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