lundi 22 juin 2009

L'intrus Cabanillo

Samedi à La Brède, ils ne devaient sûrement pas s'attendre à ça en voyant Cabanillo débouler dans le ruedo de la plaza portative. En effet son prédecesseur - le premier Adelaída Rodríguez - était noble, reçut sa monopique et permit des passes...
"Nous voilà embarqués pour un après-midi tranquille" devaient se dire cuadrillas et public. Mais c'était sans compter sur Cabanillo le second, échu au sorteo à Fernando Cruz.
Assez charpenté et aux cornes un peu abîmées, il n'était pas terrifiant. Mais pendant vingt minutes, il a fait vivre l'enfer aux toreros, à leurs cuadrillas et même à la cuadra de caballos.
A la première rencontre avec la cavalerie, Cabanillo poussa jusqu'aux planches avec puissance et envoya l'équipage à terre. Il reçut ensuite un second puyazo assassin de la part du picador vaincu. Le deuxième tiers fut par contre rondement mené par les banderilleros de Fernando Cruz. Ce dernier ayant ensuite la mauvaise inspiration d'aller dédier Cabanillo au public. Car d'entrée, le Adelaída montra son inhospitalité envers le torero madrilène. En combattant dangereux, difficile et avisé, le toro cherchera Cruz à chaque esquisse de muletazo. Le torero se sentit alors obligé d'abdiquer et tua d'un laid golletazo de soir de défaite. Maître du ruedo pendant vingt minutes, Cabanillo mourut au centre, la bouche fermée. Et même mort, il sembla peser sur les esprits assistant à cette course, son arrastre renversant un arenero qui fit grise mine en se relevant.
Pour le reste de cette tarde qui aurait dû être tranquille sans ce fameux Cabanillo, il y eut un peu de tout dans le lot de Adelaída Rodríguez. Avec du noble (le lot de Julien Lescarret), du moins noble (les deux derniers) et un toro totalement arrêté et éteint (le troisième) qui fut même puntillé sans estocade après trois pinchazos.
Ils furent tous monopiqués sauf Cabanillo, les organisateurs décernant étrangement un prix à la meilleure monopique à Rafael Telera, de la cuadrilla de Joselito Adame pour son oeuvre face au sixième Adelaída.
Côté piétons il y avait Julien Lescarret, qui pouvait difficilement faire pire qu'à Vic. Jouant à domicile, la tâche était pour lui beaucoup moins compliquée. Il toucha les deux bonbons du lot et servit deux faenas... exclusivement droitières. Bon oui d'accord on ne peut pas tout avoir !
Après avoir éprouvé de grandes difficultés face à Cabanillo, Fernando Cruz donna ensuite les meilleurs muletazos de l'après-midi au cinquième, avec deux jolies séries droitières. Hélas, il se perdit en fin de parcours dans un populisme que l'on ne lui connaissait pas. Et puis il y avait Joselito Adame dont on s'émerveillait lorsqu'il était novillero... Malheureusement ce n'est plus le cas. Mais comme il est jeune on ne sait jamais...
J'aurais également pu titrer cet article "La Brèderie aux oreilles". En parfait Salomon qu'il est, le président Alain Biec accorda deux oreilles à chaque torero, comme ça pas de jaloux ! Je pense qu'il doit faire un concours avec Manolo Gloria (autre personnage souvent au palco dans les arènes du sud-ouest) de celui qui accordera le plus de fois deux oreilles alors qu'un simple salut au tiers s'imposait... Même dans une arène de troisième catégorie.

Florent

5 commentaires:

  1. Ah! Florent, si ces distributeurs de récompenses bradées pouvaient une fois se rendre compte de leur nullassité....
    Bravo pour ta reseña . Abrazo.
    Pedrito

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  2. Et donc tu as pris ton pied avec un toro décaté, violent, manso et intoréable! Vaya aficion!

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  3. Je n'ai pas dit que j'avais pris mon pied avec ce toro. Mais c'est le seul à avoir donné de l'intérêt à la pique. Je suis un peu étonné de ton commentaire "borné" mon cher Fix.

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  4. C'est donc que tu ne me connais pas! Borné c'est pour les mous moi je suis tête de mule, cabour, bourrin. Et comme on ne se connait pas je ne suis pas non plus ton "cher". Donc sur une corrida de 6 toros à trois tiers chacun tu ne gardes que 1/18° dans ta resena; vaya aficion!

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