jeudi 13 août 2009

Baignade interdite... novillada-concours de Parentis-en-Born

La veille des Raso de Portillo, il y avait à Parentis une novillada-concours mettant en compétition des élevages issus de divers encastes.
Cette course s'avéra être une réussite tant sur la forme que sur le fond car l'on vît une remarquable présentation, avec des novillos dans le type. Il y eut en plus de cela une volonté de respecter l'intégrité du taureau et de sa lidia.
Les aficionados sont donc sortis satisfaits de cette novillada. Tout comme les organisateurs qui en ayant proposé quelque chose de différent, ont pu afficher le No Hay Billetes !

Devant ces novillos de respect, les trois jeunes novilleros ont dû rester sérieux et se montrer lidiadores le plus possible. Nous verrons qu'ils réussirent cette tâche diversement... Je vais donc évoquer un par un les bichos sortis en piste, mais dans le désordre ! En allant de celui qui m'a le plus plu à celui qui m'a le moins convaincu :

« Bibillo » (numéro 14, cárdeno bragado, né en janvier 2006) de Joaquín Moreno de Silva. Combattu en troisième position par Francisco Ramón Pajares.

Le vainqueur du jour ! Un novillo joli, bien fait, léger, sans excès qui entra vif dans le ruedo parentissois. Après un bon passage à la cape de Pajares, il fut mis trois fois en suerte face au picador Miguel Angel Herrero. Malheureusement, le Moreno de Silva n'eut pas une lidia adéquate, fut mal piqué en général, tout en poussant ou se défendant diversement. Second tiers médiocre. A la muleta, Bibillo fut un novillo noble et encasté, sans aucune sosería. Alluré, Francisco Pajares lui donna des passes sans pour autant dominer son sujet, restant en-dessous des possibilités du Moreno de Silva. Mise à mort en trois temps avec un bajonazo sin puntilla final... Tour de piste du novillero. Ovation à l'arrastre et prix logiquement remporté par cet exemplaire. On peut toutefois regretter de ne pas l'avoir totalement vu au premier tiers.

« Cometero » (numéro 55, cárdeno bragado, né en juin 2006) de Partido de Resina. Combattu en première position par Daniel Martín.

C'est ce novillo de Pablo Romero qui donna le plus de satisfaction à l'aficionado à la pique. Superbement présenté, le gris alla en effet promptement au cheval à quatre reprises et à chaque fois plus loin. Le picador Mario Herrero fit une chute impressionnante à la première rencontre, le Partido de Resina venant avec puissance à chaque assaut. Hélas, il ne poursuivit pas les banderilleros au deuxième tiers. Au troisième, il fut maniable mais brusque dans ses embestidas. Face à lui, Daniel Martín - le novillero qui m'a le plus convaincu - démontra vaillance et assurance, malgré quelques enganchones. Il tua d'une entière atravesada et d'un descabello. Applaudissements pour Daniel Martín. Ovation à l'arrastre.

« Carasucio » (numéro 37, jabonero, né en février 2006) de Prieto de la Cal. Combattu en deuxième position par Julián Simón.

Quel dommage ! Car ce novillo de Veragua fut totalement inédit ! Littéralement sabordé par Julián Simón et sa cuadrilla. Cela commença par quatre très mauvaises piques, les banderilleros suivant ensuite dans la lignée de l'apathie générale. Pourtant le Prieto avait encore du jus à la muleta, mais le manque de métier et d’ambition de Julián Simón nous privèrent de ce joli jabonero. Un énorme bajonazo pour finir… Silence au novillero. Applaudissements à l’arrastre.

« Bello » (numéro 29, negro mulato bragado meano, né en novembre 2005) de Salvador Guardiola Fantoni. Combattu en quatrième position par Daniel Martín.

Faute de carte verte, cet exemplaire de Guardiola Fantoni remplaçait le Barcial initialement prévu. Et ce Guardiola fut l’estampe du jour ! Agé de trois ans et neuf mois, c'était un toro physiquement. Il reçut certes cinq piques – ce qui est rare de nos jours en corrida ou novillada – mais sans s’employer et en sortant seul. Il garda de la mobilité au dernier tiers malgré un léger manque de race. Face à lui, Daniel Martín s’entêta à toréer par le haut au lieu de dominer par le bas. Vaillant mais averti à de nombreuses reprises, Martín nous proposa un labeur accroché et assez brouillon face à un Guardiola qui permettait beaucoup de choses sur le côté droit. Suite à tous ces avertissements, il y eut la sanction ! Une grosse voltereta au moment de placer le taureau pour l'estocade. Daniel Martín s’en tira avec un léger puntazo au mollet gauche et quelques points de suture à l'arcade. Il resta toutefois en piste et tua péniblement. Silence après deux avis. Novillo-Toro applaudi à l'arrastre.

« Avortón » (numéro 6, colorado listón, né en janvier 2006) de Alonso Moreno de la Cova. Combattu en cinquième position par Julián Simón.

J’ai envie de dire que ce superbe novillo colorado se tua malheureusement d’entrée avec une vuelta de campana ! Diminué, il reçut ensuite quatre piques en se défendant peu et en sortant seul. Déjà peu en vue lors de son premier combat et subissant des enganchones dès le début de sa faena, Julián Simón préféra abréger face à ce novillo tardo et diminué. Deux pinchazos puis une entière trasera et tendida. Silence pour Julián Simón ainsi qu'à l'arrastre du Moreno de la Cova.

« Decorado » (numéro 83, negro, né en février 2006) de Coquilla de Sánchez-Arjona. Combattu en sixième position par Francisco Ramón Pajares.

Un vrai Coquilla ! Fin, léger et peu armé. Il sembla affublé d'une boiterie et d'un évident manque de forces. Pourtant, il poussa bien lors de la première rencontre avec le picador Jesús del Bosque. Les deux autres piques furent en revanche décevantes. Seulement deux paires de banderilles. Francisco Pajares qui avait effectué un tour de piste à l'issue de son premier combat montra à nouveau de l’allure, tout en étant terriblement fuera de cacho et profilé face à ce Coquilla fade et noble. Le tout alla a menos. Mise à mort en cinq temps. Silence après avis, et silence à la dépouille de ce novillo docile.

On assista en résumé à un véritable concours, avec un total de 23 piques. Ce qui est peu fréquent ! Le prix au meilleur novillo fut selon moi logiquement attribué au Moreno de Silva. En revanche, les prix à la mise en suerte et à la meilleure pique furent plus contestables. Décernés à Pajares et à Miguel Angel Herrero qui officièrent au troisième, ils auraient dû à mon avis être attribués à Daniel Martín et Mario Herrero pour leur travail face au Partido de Resina. Car ce fut bien le meilleur tercio de piques de l'après-midi. L'image peut par ailleurs témoigner de son intensité...

Florent

(Photo de Yannick Olivier : l'exemplaire de Partido de Resina lors de la première rencontre avec le picador)

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