vendredi 21 août 2009

Taureaux dociles, monde hostile

6 Antonio Bagne-uelos 6

Soit deux heures et demie en prison pour les aficionados a los toros. Ou bien quelques gouttes de plus dans l'entonnoir estival des aficionados a los toreros. Un entonnoir dont ces derniers ne se plaignent pas, même si ils assistent plus souvent à des caídas de toros qu'à des corridas de toros. Avec des taureaux faire-valoir durant des tardes qui ne font que forger notre désespoir. Là où l'homme ne gagne que très peu en gloire et où personne ne redoute la chose qui va sortir du long couloir noir. A mort les espoirs, bonjour les déboires !
Il n'y a pas eu de miracle en ce jour de l'Assomption à Bayonne. Bien que les deux fois précédentes, nous assistâmes à deux grandes courses des fers de Joselito et Valdefresno. Ce 15 août 2009, c'était des Bañuelos, ou plutôt Bagne-uelos, un élevage parmi tant d'autres qui envoya ce coup-ci un lot globalement correct de présentation malgré des charpentes diverses. Les six sujets étaient dociles, pas agressifs, et ils manquaient terriblement de caste et de chispa. Pour couronner le tout, ils furent mal lidiés par des cuadrillas impardonnables au vu de leur expérience. Julio Aparicio était là car il fallait initialement ouvrir le cartel à Morante de la Puebla, je crois que c'est tout. Manzanares a déçu, toréant avec un pied à San Sebastián, l'autre à Irún, et la main à Bayonne ! Quant à Miguel Tendero, c'est celui qui a réalisé les meilleurs gestes de la tarde. Pas bien dur me direz-vous ! Mais il a toutefois manqué d'envie, a été conformiste, et même populiste... Ca leur aurait plu pour le dimanche des Fêtes.
Taureaux sans âme, picadors de superette, magnifiques bajonazos. Une tarde vide annoncée comme Corrida de l'Art, pourtant toréer ce n'est pas seulement se regarder dans un miroir, ils devraient le savoir.
Et lorsque quelqu'un proteste un bajonazo, il peut se voir menacé d'exclusion des tendidos ! Plus besoin de jeter des bouteilles en piste pour être viré. Plus simple, insistez sur les bajonazos ! Et quand quelconque torero affronte son adversaire précautionneusement à plusieurs mètres de distance, là non plus vous ne pouvez rien dire. On vous rétorque qu'il faut aller devant avant de parler.

Les anti-taurins ne sont pas ceux que l'on croit...

Florent

3 commentaires:

  1. Ayant été, moi meme avec quelques amis, "agréssé" par nos voisins de tendido, récement à Parentis, pour avoir protesté une vuelta effectuée après un bajonazo, je partage totalement tes propos. Comme l'avait écrit A.M.Dubos dans un ancien numèro de Tendido, les ayatollas ne sont pas ceux que l'on croit.
    Frédéric.

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  2. les mêmes gens applaudissent les banderilles à cornes passées....

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  3. dis donc, le 15, y'avait sergio pas bien loin ; que fichez-tu à bayonne ????

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