mercredi 9 septembre 2009

Vamos al supermercado


Qui aurait pu se douter qu’un jour, les arènes se donneraient des airs de supermarché ? C’est ainsi que samedi à Bayonne, il nous fut proposé de quoi remplir nos paniers. Avec 244 muletazos profilés, 57 redondos, 38 redonculos et pour finir : 18 Julipiés. Il y eut de la quantité, surtout de la quantité ! Mais peu de qualité. Avec l’approvisionnement donné par le supermarché Juli ce soir-là, on avait ce qu’il fallait pour passer l’hiver. Mais je pense que dans un mois, la bouffe aura déjà un goût amer. Faute à la qualité qui fut globalement absente si l’on excepte la belle variété offerte à la cape.

Sur l’affiche six toros. En réalité, il y avait au moins deux novillos. Le premier - de Puerto de San Lorenzo - de part son âge, né en septembre 2005 et marqué du 6 ! Le second, c'était le cinquième de Ana Romero. Bien que né en janvier 2005, il paraissait très anovillado et était plus proche des 430 kilogrammes que des 486 annoncés. Il faisait quelque peu penser aux modèles réduits de La Quinta envoyés un mois et demi plus tôt à Mont-de-Marsan. Un cartel où figurait par hasard Julián López "El Juli"...

Mais toros ou novillos, une chose est sûre, il y eut peu de respect à leur égard et ils furent tous passés sous les armes de scandaleux Julipiés. Cette course, c'était un peu comme au supermarché. Avec du toreo moderne ultra-profilé, du fuera de cacho, du pico, avec des muletazos où le taureau ne rentrait parfois même pas dans la muleta, ayant la tête totalement à l'extérieur. Au bout de cinq taureaux il n'y avait pas eu de sommet, juste une oreille coupée et dix-sept tentatives de Julipié. La plèbe avait semble-t-il des hormones à revendre. Elle s'enflamma totalement à l'entrée du sixième. Et je n'ai pas compris cette érection spontanée, dont pourtant seuls les éjaculateurs précoces ont le secret. Des banderilles à corne passée, pas de quoi s'enthousiasmer. Moi qui avais rêvé d'un geste face à six Dolores Aguirre.

Mais qu'importe, l'hystérie collective démarrait avec ce sixième Victoriano del Río. A la muleta, on eut du Perera, du César Jiménez, du toreo à genoux et de nouvelles séances de redondos et de redonculos (redondos inversés si vous préférez). En bref, tout ce que vous pouvez trouver dans une bonne superette de France, de Navarre et de Castille. Autre Julipié, cette fois-ci deux oreilles accordées et Lachepaillet en liesse.
Une liesse qui aurait plutôt dû être en laisse après ces 18 Julipiés, soit 18 tentatives d'estocade dignes d'un voleur de grand chemin. La timbale fut décrochée au cinquième avec neuf tentatives infructueuses, sans qu'aucun avis ne sonne ! Ce cinquième Ana Romero était anovillado, assez compliqué, sans pour autant être un assassin capable de vous envoyer à l'infirmerie si vous êtes un matador aguerri. Ce cinquième était aussi difficile à la fin qu'au début de la faena. On m'avait pourtant dit que le Juli avait le don de mettre dans sa poche n'importe quel taureau... Ainsi on m'aurait menti !

A l'âge de deux ans, neuf mois et vingt-quatre jours, El Juli rêvait peut-être d'être torero, mais sûrement pas de devenir matador de toros.

Demain, nous irons au supermarché.

Florent

(Photo de Victor B. : El Juli et son toreo moderne face au premier Ana Romero)

4 commentaires:

  1. Que ke Juli ait triché avec le Julipié on le sait c'est sa façon de faire et c'est condamnable.
    Dire que certains toros étaient juste de présentation c'est aussi vrai.
    En revanche, descendre en flamme la prestation du Juli comme tu le fait je ne suis pas d'accord. Il a été varié à la cape,il a donné des trés trés bons muletazos.
    Enfin là où le Juli a été trés bon est à la faena du 2nd Ana Romero. Je pense que ce toro dans les mains d'un autre tu ne vois rien ! Après si le Juli t'emmerde que faisais tu aux arènes ?
    Moi le cartel du dimanche ne me plaisait pas du tout...je suis resté à la plage !

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  2. Mais Juli ne triche pas avec le julipie, il tue. Quelle règle ecrite ou nom précise la technique immemorial du volapie? Bien sur comme beaucoup je préfère des techniques plus orthodoxes et exposées, bien sur la critique est possible mais prudence sur ce qu'on avance...
    Il a raison Pierre, ne vas pas voir les vedettes, tu t'y ennuies et tu comprends rien au toreo. Reste à ton tercio de pique. Quand au 2° Ana Romero il n'est pas anovillado mais avacado. Il y a chez les santa colma une lignée de ce type là. Mais c'est vrai que tu as déjà commis un article déniant la possibilité d'un trapio plus reduit chez les descendants du comte. Tu dois être un spécialiste.
    Des gens comme toi nous ont imposé un toro de plus de 500 kg, ont généralisé la lignée la corte...
    Tu trouveras que je manque de nuance mais tes commentaires m'exaspèrent: qui es tu pour conspuer l'actuacion d'une figura del toreo comme le juli, au sommet depuis 20 ans? note bien que tu en as le droit mais encore faut-il argumenter, et faire preuve d'humilité. On te décrit comme passionné et bon aficionado... dont acte!

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  3. Acte ?

    Alors, laissez à cet aficionado verdadero le droit d'écrire -sur son blog, qui plus est- et de penser et traduire ce qu'il juge vrai et sincère.

    Pedrito

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  4. Ok
    Alors laissez tous les bloggeurs, journalistes, aficionados dirent ce qu'ils croient être la vérité, et sincèrement... Cet axiome Petit Pierre est valable dans tous les sens. non?

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