mardi 26 mai 2009

Astifinîmes

Un Miura que j'ai pu prendre en photo cet après-midi aux corrales de Nîmes. Sympa les cornes !

Florent

Pas la plage mais Palhas plats


Très décevante cette course de Palha ! Et il n'y a pas grand chose à rajouter. Si ce n'est que le lot portugais était bas de type et pas du tout terrifiant, certains exemplaires portaient même des cornes très douteuses. On était bien loin du lot sauvage envoyé à Bayonne l'an dernier.
Manquant de caste, les Palha ont également fait les frais de tercios de piques médiocres en général. Dans cet exercice, seul le sixième pensionnaire de Folque de Mendoça poussa bien à la première rencontre.
Côté hommes, il y avait Juan José Padilla. Apparaissant sale et peu motivé au paseo, le jerezano reçut une forte voltereta face au premier, ce qui l'empêcha de continuer la lidia. A noter qu'aucune annonce ne fut faite quant à sa blessure jusqu'à l'entrée du sixième taureau... Salvador Cortés a pour sa part touché le meilleur du lot - le troisième - qui donna beaucoup de jeu à la muleta. Hélas, le toreo vertical du sévillan manqua de profondeur et de transmission. Quant à César Girón, il a tué trois taureaux mais les aficionados ont quitté les arènes sans aucun souvenir de ses prestations. Peu inspiré, il réalisa plusieurs molinetes à genoux incompréhensibles sans qu'il n'y ait eu une amorce de faena. En revanche, ce torero qui se présentait en France semble être spécialiste dans un domaine précis : le bajonazo.

Il y avait aussi une non piquée de la famille Tardieu le matin, pas beaucoup plus intéressante que la corrida de l'après-midi. Au menu, un colombien vaillant mais manquant de métier et un nîmois froid et scolaire.

Florent

dimanche 24 mai 2009

Aller au charbon

Cela faisait pratiquement une décennie que je ne m'étais pas rendu à Alès. "A l'époque", c'était encore le grand amour entre la cité cévenole et les taureaux du Curé de Valverde.
Dix ans plus tard le samedi 23 mai 2009, il y a un point positif à dégager : on a vu une tarde de toros cet après-midi à Alès !

Mais pour en arriver à ce résultat et à cette satisfaction, il est nécessaire d'avoir une "présence" en piste. Et c'est véritablement ce que dégageait ce premier taureau de Dolores Aguirre, porteur du numéro 31. Il était imposant, corpulent, playero et astifino.
On imagine alors les visages désappointés de la cuadrilla de Rafaelillo à l'heure du sorteo, certainement peu joyeux d'avoir touché cette estampe pouvant sortir dans n'importe quelle arène. Et ce numéro 31, il n'a pas fait qu'acte de présence. En effet, il a d'entrée déglingué les planches et a semé la panique en piste. On a voulu le châtier excessivement afin de le rendre exsangue : en vain ! Car ce Dolores avait des ressources, et il a affirmé qu'il savait se servir de son impressionnant berceau de cornes. La suite, un combat très difficile abrégé dans l'adversité par Rafaelillo. Le décor était planté et les Dolores Aguirre n'étaient pas venus pour plaisanter !

Nés entre août 2004 et mars 2005, ils étaient inégaux en corpulence et en trapío. Mais ils formaient un lot sérieux et respectable pour cette plaza d'Alès. Poussant sous le fer, s'en allant parfois dès le premier contact avec la pique, les Dolores ont cependant eu un dénominateur commun : celui d'avoir été mal lidiés.
Par la suite, ils ont montré de la mansedumbre - ce qui est classique dans cet élevage - avec trois premiers taureaux âpres et difficiles et trois derniers offrant de nombreuses possibilités avec de belles embestidas.

Face à ce lot de Dolores Aguirre, les hommes ont montré qu'il y avait différentes façon d'aller au charbon, de toréer et de s'engager.
Après avoir été inédit face au dangereux premier, Rafaelillo a offert une démonstration de pundonor et d'engagement avec le quatrième taureau. Le petit matador de Murcie s'est livré à deux cent pour cent dans le combat, toréant à l'ancienne et dans les canons. Une entière tombée d'effet rapide lui permit d'obtenir une grosse oreille.
Ensuite, je passerai sur la prestation de ratero qui a été donnée par Francisco Javier Sánchez Vara. Ce dernier passant à côté du grand cinquième. Pourtant, il parut satisfait malgré cette déroute... Oreille avec deux vueltas qui ne s'imposaient pas.
Enfin, Mehdi Savalli a connu de nombreuses difficultés - notamment dans la lidia - et s'est illustré par un évident manque de lucidité. Il n'arriva pas à tirer le meilleur du dernier taureau.
Comme quoi les Dolores Aguirre, c'est une autre paire de manches que les Victorino Martín actuellement...

Florent


mercredi 20 mai 2009

Miura, fous-moi la trouille si tu l'oses !

A y réfléchir, cela doit être excitant d’être le protagoniste de la situation suivante.
Mettez-vous dans la peau d’un jeune voyageur qui, revenant d’un périple au travers des contrées taurines, se serait pris d’amour pour la tauromachie. Peu à peu, il deviendrait aficionado occasionnel et tenterait d’entraîner ses amis dans sa passion inavouable. L’inconvénient, c’est qu’il faut convaincre. Mais pour convaincre – et c’est pour cela que la société de consommation nous bouffe par millions chaque jour – il faut du sensationnel, de l’épique, du légendaire !

Alors, le jeune voyageur se mettrait à leur conter l’histoire des Miuras : la Leyenda negra. Et il retranscrirait ces taureaux de la même manière dont on lui a parlé lors de son expédition. Ainsi, c’est très fier de sa trouvaille et l’œil ému qu’il évoque à ses amis ces fauves indomptables, gigantesques, cornus, et qui en plus de tout cela, pourraient même venir mordre l’homme derrière le burladero. Que d’émotions !

Les Miuras font toujours fantasmer un bon nombre de personnes. Si bien que certains ne voient pas d’évolution à ces taureaux, l’air de dire « un Miura c’est un Miura. Point barre. »
Malheureusement, on a l’impression que ce mythe a beaucoup perdu. Il est presque devenu has been. Le Miura aujourd’hui, c’est comme le dahu. Et dire que ces fauves n’ont pas perdu une once d’agressivité durant cette dernière décennie, ce serait comme s’obstiner à dire que la France n’est pas en période de récession actuellement.

Dernièrement, on remet aussi en question la sauvagerie et la caste des taureaux de Victorino Martín, notamment après l’échec retentissant de la Maestranza. Ce qui nous met les deux élevages toristas phares de ces vingt dernières années en mauvaise posture. Cependant, les deux mythes connaissent des fortunes diverses. Et il arrive même que l’on se réjouisse de celle de Miura.

En effet, c’est en masse que les spectateurs s’extasient désormais devant ce qu’ils appellent la noblesse naissante et la toréabilité des Miuras. Ils sont heureux de voir les Miuras pouvoir être toréés sans trop de soucis par les hommes en piste. Mais cela leur est égal, du style : « noble ou pas, ça reste un Miura ».
On pourra trouver choquant ce qui va suivre. Mais pour ma part, je trouve dommage que l’on aille désormais voir une Miurada sans appréhension. Ne devrait-on pas plutôt s’y rendre rempli d’incertitudes ?
Aussi, pourquoi la ganadería de Miura devrait-elle s’adapter au reste du marché ? Car il y a tant d’élevages qui proposent des bestioles nobles et « parfaitement » toréables. Pourquoi la ganadería de Miura n’est plus ce monument unique qui pouvait nous passionner et à la fois nous effrayer il y a encore quelques années ? Ne veut-on plus de l’adage « peur et bonheur » ?
Aujourd’hui, les Miuras prennent entre dix et vingt piques par corrida… Ils en prenaient entre trente et quarante il y a encore une dizaine d’années. Il ne s’agissait pas forcément de piques avec bravoure et fixité, mais on avait le droit à un combat indécis et à des tiers mouvementés. Mais le plus important, c’est qu’ils foutaient la trouille ces fauves !

Récemment, j’entendais un torero populaire déclarer ceci : « si les Miuras sortent nobles comme à Arles cette saison, on va se régaler ». Et si tel est le cas, les aficionados nostalgiques n’auront quant à eux, que leurs yeux pour pleurer. Pourtant, ils ont commencé depuis bien longtemps le deuil des Miuras.


Florent

(Photo de A.P : Julien Lescarret avec un taureau de Miura en Arles)

vendredi 15 mai 2009

Orduña : La verdeur de l'Espagne et de la novillería

Avec un peu de retard, l’ami Zezenak me transmet son impression globale ainsi que quelques clichés relatifs à la novillada du 8 mai à Orduña. Cette course était organisée par le Club Taurino « Otxomayo » (cela ne s’invente pas) et l’attraction aurait dû être Juan del Alamo. Malheureusement, le novillero salmantin a été blessé le dimanche précédent à Colmenar de Oreja. C’est donc Román Pérez qui le remplaçait au cartel. Voilà le pourquoi du « malheureusement ».

Quant à Orduña, il s’agit d’une petite ville de Vizcaye non loin de Bilbao. Elle était ce jour-là l’hôte du premier spectacle taurin de l’année au Pays Basque. En effet, la temporada de cette communauté autonome n’avait pas encore commencé faute d’empresa à Illumbe. En piste, il y avait un lot inégal de la famille Espioja. Monopiqués, les novillos parurent faibles et manquèrent de race, supérieur le quatrième.
Curieux de connaître la valeur de la prestation du novillero français, je demandais au téléphone à mon camarade Zezenak « Alors Román Pérez ?? ». Et il me répondit : « Sans commentaires. Et dire qu’il va prendra l’alternative. Tu regarderas la photo un peu ratée que j’ai prise, on dirait un espontaneo… ». Orduña est située dans des terres beaucoup plus profondes que Madrid où Román Pérez a toréé il y a quelques semaines. Mais visiblement, cette profondeur n’a pas inspiré celle de son toreo… puisqu’elle n’existe pas.

A l’instar de notre novillero français favori, le chef de lidia Juan Antonio Siro a également coupé une oreille mais s’est montré beaucoup plus puesto. Enfin, le local Iván Abasolo (non ce n’est pas un cycliste !) effectuait face à cette novillada de Espioja ses débuts avec picadors. Pourtant, son habit de lumières rose et argent rappelait de manière troublante le maillot de l’équipe allemande T-Mobile… En piste, Abasolo montra autant de verdeur que le paysage aux alentours et connut beaucoup de frayeurs. Mais tout cela fait partie du folklore ! Ainsi, le jeune basque a « essayé » avec le peu de recours qu’il avait. Il sortit miraculeusement entier de cette novillada et se libéra grâce à deux entières inespérées. Elles lui valurent par ailleurs une et une oreille. Trophées synonymes de sortie en triomphe pour le coureur local.

Un paysage atypique, une placita coquette, une novillada chaque année le « otxomayo ». Merci à Zezenak de nous l’avoir fait découvrir.

Florent

mardi 5 mai 2009

¿ "Del toreo a la bravura" o "Del torito a la sosería" ?

Le second Juan Pedro Domecq de vendredi dernier à Palavas. En un mot : terrorifique.

Florent

samedi 2 mai 2009

Le destin de Pajarraco


Pajarraco, taureau castaño de Prieto de la Cal s’en est allé dimanche dernier. Il s’en est allé dans les leurres de Ricardo Torres, un torero de troisième zone. C’était à la Misericordia de Saragosse pour une corrida-concours. Pajarraco est allé cinq fois à la pique puis a donné du jeu à un Ricardo Torres dépourvu d’options comme nous le dit Bastonito.

Pajarraco de Prieto de la Cal ! On a pu le découvrir près d’un an plus tôt dans les corrales de Céret. Il y paissait en compagnie d’un congénère noir et d’une petite forêt composée de cinq jaboneros. Aussi, les taureaux d’encaste Veragua passionnent tant pour leurs pelages mystérieux que pour le jeu qu’ils vont donner en piste. On avait ainsi hâte d’assister au combat qu’allaient livrer les Prieto de la Cal deux jours plus tard dans le ruedo catalan.
Pajarraco, taureau castaño imposant et sérieusement armé aurait dû être combattu par Julien Lescarret en cinquième position ce samedi 12 juillet 2008. Il aurait dû… car le ciel, la pluie et l’orage en ont voulu autrement.
Et dire que cette corrida n’aurait jamais dû commencer ! Mais certains portes-monnaies en ont voulu autrement. Ainsi, trois magnifiques jaboneros de Veragua ont été occis comme l’on tue industriellement dans les mataderos.
Trois jaboneros flingués sous la flotte et dans des tranchées d’eau : ¡ Qué lástima !
Il restait ainsi quatre Prietos dans les chiqueros cérétans : les trois derniers et le sobrero. Parmi eux il y avait Pajarraco, numéro 61 annoncé à 520 kilogrammes et né en janvier 2004. La course suspendue, les quatre Veraguas sont repartis pour la province de Huelva.

Et dimanche dernier, Pajarraco est retourné au Nord. Mais au Nord de l’Espagne cette fois-ci. Il s’en est allé dans l’anonymat de cette corrida-concours remportée par l’exemplaire de Ana Romero. Ricardo Torres a essayé tant bien que mal, et l’on pourrait croire qu’il est un type anodin, sans histoire…

Pourtant c’est lui l’aragonais Ricardo Torres qui, il y a neuf ans, a connu son heure de gloire en obtenant les deux oreilles d’un Pérez de Vargas de vuelta dans les arènes de Nîmes. Ce jour-là, Sébastien Castella – lui aussi novillero à l’époque – fut gravement blessé à l’aine.

Neuf ans plus tard le 26 avril 2009 : Ricardo Torres - torero des profondeurs de l’escalafón - a croisé le chemin d’un fier adversaire de Prieto de la Cal à Saragosse. Dans le même temps, Sébastien Castella affrontait deux limaces de Jandilla à la Maestranza. Destins croisés.

Mais Pajarraco est parti, presque dans l’indifférence…

Florent