dimanche 27 décembre 2009

Non maman, l'afeitado ça n'existe pas

"Le ganadero nous a présenté deux toros pour participer à la corrida concours, l'un d'eux pourrait être du voyage." C'est par ces mots que Jean-Jacques Baylac, président du Club Taurin Vicois, a exprimé au journal Sud-Ouest il y a une quinzaine de jours sa volonté de présenter pour la corrida-concours de Vic un exemplaire de Alcurrucén. Dans cet article, le président du CTV évoque les noms de Victorino Martín, Palha, Escolar Gil pour les corridas, Flor de Jara pour la novillada. Quant au concours, il cite plusieurs noms, dont celui de Alcurrucén... Ce n'est pas que cela me dérange de présenter un exemplaire de cet élevage pour le concours, mais est-ce nécessaire ?

Vous devez sûrement savoir que la ganadería (qui en réalité compte trois fers : Alcurrucén, Lozano Hermanos et El Cortijillo) de la province de Cordoue a fait lidier cette année près de cinq-cent bêtes, novilladas et corridas comprises. Parmi ces cinq-cent, il y a ce toro que vous pouvez contempler et qui fut "combattu" cet été dans un village de Castille... De bien belles armures pour cette véritable "estampe" d'origine Núñez. Mais remarquez, il ne devait pas être le seul bestiau arrangé de la promotion 2009 au sein de son élevage. Chez Alcurrucén il y a un peu de tout, du joli et du moins joli, mais également des trucs dans ce genre...

De là à en présenter un exemplaire à Vic, est-ce bien indispensable ? De plus, Victorino Martín, Palha et Escolar Gil témoignent d'une certaine redondance... Et cela commence à faire quelques temps que l'on n'a pas vu d'innovations lors de la Feria de Pentecôte à Vic-Fezensac, ce qui est bien dommage.

Florent

vendredi 11 décembre 2009

Rideau sur les Raso de Portillo

Cela faisait longtemps me direz-vous... Mais pour dire vrai, il y a bien plusieurs raisons à la non-affluence d'articles en ces lieux depuis quelques temps. La première raison est évidente : la saison est finie, et il ne me semble guère intéressant de rabacher ici les rumeurs publiées par quelconque site internet concernant la prochaine temporada. La seconde raison, c'est que je suis lassé ! Je ne peux en effet vous cacher que cela me froisse de lire quotidiennement toutes sortes d'inepties sur la tauromachie à droite et à gauche. A croire que la corrida c'est comme les frites Mac Cain, c'est toujours ceux qui en parlent le plus... (vous connaissez la suite).
Chaque jour, des personnes pensant être au top niveau de l'information taurine nous condamnent au statut d'ayatollah et de penseurs uniques alors qu'elles ne sont elles mêmes que de simples photographes de prisunic à la connaissance taurine assez étroite. Ah ces médias ! Ca me rappelle quelque chose...
Souvenez vous de cette fameuse novillada de Raso de Portillo il y a deux ans à Parentis. A Parentis-en-Born début août, les médias taurins affluent très peu et préfèrent aller voir ailleurs ce qui est moins intéressant pour l'aficionado lambda. Je me souviens qu'en 2007, peu ont couvert la course par le biais d'informateurs présents sur les lieux. On pourrait croire que certains "journalistes" au don d'ubicuité étaient à cette novillada même si on ne les a pas vus. Malgré leur absence, ils ne se sont pas gênés pour faire leur propre interprétation et s'offusquer devant tant de caste, de présence en piste et de bravoure.
Ce dimanche 5 août 2007, le ciel était incertain et les eaux agitées, mais nous sommes ressortis avec des yeux émerveillés. Nous allions pourtant lire la semaine suivante que ce qui s'était passé dans le ruedo parentissois ne devait plus jamais se reproduire, trop de caste, trop d'incertitudes, trop de peur ! Rebelote en 2008...
Je garderai pour ma part un précieux souvenir de la première course de Raso de Portillo, avec ce quatrième exemplaire au pelage blanc moucheté de roux, ce soldat inconnu porteur du numéro 79. Un toro d'exception pour lequel la vuelta posthume ne fut pas accordée (je me demande d'ailleurs toujours pourquoi)
Mais les médias ont parlé encore, encore et encore... Ils ont dit qu'il était criminel de mettre ce type de bétail dans un ruedo, ils ont même inventé le principe de "toréabilité minimale". En bref, ils ont beaucoup déblatéré sans même avoir assisté à ces courses.
Mais étrangement, l'heure de la rédemption est venue pour eux début 2009 quand ils ont qualifié la troisième venue des Raso d'"évènement". Ils ont peut-être porté la poisse car le mois d'août venu, ce n'était pas la déconvenue, mais cela avait tous les symptômes du rendez-vous manqué...
Depuis, tous ont mis le rideau sur les Raso de Portillo ! Cette dernière cuvée un brin décevante mais pas désespérante a carrément éclipsé les deux grands millésimes de 2007 et 2008. Deux courses extraordinaires et authentiques. Mais malgré la déception de cette année, espérons que les Raso de Portillo ne tomberont pas dans l'oubli...
Florent