vendredi 9 avril 2010

Aignan y Toritos

Etant en Arles pour le week-end pascal, je n'ai logiquement pas pu assister aux courses ayant lieu dans le sud-ouest. Aujourd'hui, Maxime (jeune aficionado gersois) nous parle de la course polémique qui s'est tenue dimanche à Aignan.

Une belle affiche, un cartel appétissant, des toros de Santa Coloma, voilà l’esprit dans lequel j’abordais cet après-midi. Enchanté, et ce malgré le mauvais temps qui s’était installé sur la région midi-pyrénéenne depuis la veille.

Assis, et bien sur mes 41 euros consentis avec plaisir pour ces Santa Coloma, au-dessus du toril, le regard sur la porte, j’attends impatiemment qu’elle s’ouvre. Quand soudain surgit « le cornu » ! La surprise fut grande, la pilule difficile à avaler ! En effet, le malheureux ne s'était fait non pas épointer, mais amputer les cornes ! Messieurs Valverde, Aguilar et Bolivar ont sûrement rigolé, ce ne fut pas le cas en haut.

Nous voici donc au premier acte d’une bouffonnerie où l’on a ri jaune. On a alors assisté au défilé d’un lot de « toros » de fonds de tiroirs, armés de pistolets à bulles. C’était l’occasion pour les plus jeunes d’apprendre, et en images, l’expression « passer chez le coiffeur ».
Pour ce qui est des toros, sans parler des « armures », et bon sang c’est difficile de faire abstraction de leur absence, maniables mais vraiment pas jolis, mention particulière au « bœuf » sorti en quatrième. Au contraire, le cinquième que refusa de voir Aguilar, sortait du lot, et avait sûrement disposé de jolis bois.
Côté piques ce ne fut pas la fête, un total de onze pour ces Santa Coloma, seul le numéro 5 en prit trois. D’ailleurs, elles furent bâclées pour la plupart, sans réelles mises en suerte. Sur son second, Sergio Aguilar fit l’effort de faire les choses correctement, et ce fut bien la seule chose à laquelle il s’appliqua. Valverde et Bolivar, eux, laissèrent leurs toros courir au travers du ruedo, rentrer dans les chevaux dans la confusion la plus totale. Lidia chaotique, et des maestros indifférents. Il y avait sûrement plus intéressant à se raconter le long du callejón, ou des chocolats à finir de digérer.
Les toreros étaient donc absents en ce dimanche, on notera le hold-up de Valverde qui oubliant de se croiser, guida ces Rehuelga aux armures arrondies du bout de la muleta (privés de cornes, peut-être avaient-ils en contrepartie le pouvoir de mordre) et il mit des épées franchement mauvaises, puis bénéficia de la grâce présidentielle, coupant deux oreilles. Messieurs les mains en l’air !
Sergio Aguilar et sa fabuleuse main gauche ! Mais où était-il ? Je me le demande encore, est-ce la présentation des toros qui lui a fait passer toute envie ? La pluie ? Le froid ? Son humeur du jour ? Lui qui bougeant sans cesse, se contenta d’agiter les leurres devant la bête avant de l’estoquer honteusement.
Bolivar, lui, avait oublié qu’il portait l’habit de lumières, au point qu’il laissa à ses subalternes le soin du premier tiers d’un de ses bichos. Un banderillero aux véroniques, assez inédit ! Lui aussi braqua deux oreilles à cette présidence scandaleuse sur une faena de charité.
Qué lidias señores !
Personne au palco, ou alors on n’a pas vu la même corrida ! Un mental en biscotte monsieur le président ! Trois olés des festayres et vas-y qu’on sort LES mouchoirs !
Néanmoins, on ne peut pas autant en vouloir aux hommes en bas, qu’au comité Aignan y Toros. La petite arène se réclamant torista, s’est moquée de l’aficion, l’a volée, bafouée. Nous avons été pris pour des jambons ! Et des bons ! On nous a proposés des Santa Coloma avec des types en face, et on voulait des toros, des vrais, histoire de sortir de nos longues soirées d’hiver, où les toros ne sont que souvenirs. Du vent ! C’était tout bonnement infâme mesdames et messieurs d’Aignan y Toros !

Alors certains diront que les cornes étaient malades, c’est une possibilité, tout comme celle d’un tour chez l’élagueur du local afin que les messieurs ne se blessent pas en début de temporada.
La bourse ou la vie, ou presque, à 36 euros les premières places, Aignan y Toros a joué les bandits de grands chemins, car ces toritos n’en valaient pas tant.
Il en va qu’Aignan y Toros a tout intérêt à repenser sa feria 2011, et probablement remplacer cette « corrida » par une novillada de qualité, si elle désire conquérir le titre de plaza honorable ainsi que le cœur des aficionados.

Vivement des Toros !

Maxime Labarthe

(Photo : Les arènes d'Aignan l'an dernier avec l'annulation de la course de José Escolar Gil)

11 commentaires:

  1. maxime n'a certainement pas vu beaucoup de santa coloma dans sa jeune vie....
    Je n'ai jamais vu de santa coloma avec des armures de miura.
    A plusieurs reprises ces toros ont tapés dans les planches.... et bizarrement les cornes n'ont pas explosées comme ont pourrait l'attendre de cornes affreusement aféitées.
    De plus le tempérament très béliqueux de ces bestiaux dans les corales ont aussi gravement nuit à l'intégrité des cornes.
    De plus Aignan reste Aignan. Il me semble difficile vu les finances de cette commune gersoise d'avoir du bétail digne de bilbao, vic ou céret...

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  2. Je te trouve bien gentillet Laurent !

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  3. tu as déjà vu des cornes afeitées qui n'explosent pas sur les planches ?

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  4. Là n'est pas la question car les cornes des Rehuelga étaient visiblement "explosées" dès leur entrée en piste... Après je n'étais pas à cette course, mais les témoignages qu'on a pu me faire ne sont pas flatteurs.

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  5. Les cornes des toros pour la corrida de rejon n'explosent pas, c'est tous simplement par qu'elle sont coupé net, comme c'elles des rehuelga à Aignan. Enfin même non afeité une corne qui tappe contre un mur (ref au corrales) éclate.
    Aignan fait peut être ce qu'elle peut, mais en voulant afficher deux toreros de premier rang ( Bolivar et Aguilar) ils savaient trés bien qu'il y aurait des conditions dont c'elle d'afeite, pour ce qu'ils ont montré en plus...

    Alexandre D.

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  6. En sus, Rehuelga ne sort pas de corridas de toros . En fait il s'agit d'un lot de novillos invendus de l'an dernier (et donc le plus mal présenté de la camada). Du desecho.
    Si on peut trouver à redire de la présentation coté têtes, il n'en va pas de même coté comportement, où j'ai trouvé la course intéressante de bout en bout, bien que lidiée par un Valverde qui a fait du valverde, par un Aguilar bouffé tout cru à son premier et qui a fait assassiner son second, par Bolivar qui a essayé de prouver en vain que son premier était intoréable, et qui nous a couillonné à grand spectacle au dernier.
    Une corrida à l'ancienne, avec afeitado à l'ancienne et figuritas à l'ancienne. Une corrida qui nécessitait surtout beaucoup d'humour...

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  7. Je veux bien qu'on trouve des excuses Mr L.L, mais à ce niveau la, aignan ou pas aignan...On ne présente pas des "toros" comme ça...Ailleur les toros aussi tapent dans les corales et ne sortent pas dans cet état!!! Comme maxime le dit, mieux vaut investir dans une bonne novillada piquée plutôt que de se foutre de la geule d'aficionados qui comme moi on passés une aprés midi de mierda!!!

    Mathieu

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  8. Aignan participe activement,par ses pseudo corridas, et à son niveau, à la tendance qui s'accentue depuis qqs décennies: désintérêt croissant des aficionados, devant la chute du sérieux de la lidia escamotée, désaffection des tendidos, arrivée des spectateurs gobe-couleuvres en recherche d'"émotion" ou festayres ricardisés.
    Je doute même d'une vraie bonne novillada: quand on voit celles de Riscle, sa voisine....

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  9. Il y a une différence entre armures de miuras et des cornes bien courtes, bien rondes. Vous y étiez vous aussi, vous avez bien vu l'état des cornes. Il y aussi l'hypothèse de cornes malades, je ne m'avancerais pas plus sur ce sujet, car la médecine de la corne, j'y pompe rien.
    L'argument Aignan n'a pas les moyens de présenter du bétail comme Vic ou Céret est quelque peu bancal. L'année dernière Saint-Perdon a sorti une novillada de Baltasar Iban de très belle allure. Et entre Aignan et Saint-Perdon, le budget doit être sensiblement le même.
    Ils ont eu les yeux plus gros que le ventre.
    Laurent, pour finir sur les cornes, il me semble que vos photos en disent long. J'ai un avis, je le défends. Après je veux bien être jeune, et avec un certain manque de recul sur la chose, les toros, la corrida elle même.

    Xavier, je n'ai hélas pas votre oeil pour percevoir, et votre précision pour analyser une corrida, car je n'ai pas réussi à vraiment comprendre le comportement de ces toros,que j'ai trouvé mous. Mais cependant j'ai l'impression, comme Mathieu, que l'on s'est fait rouler dans la farine. Et pour le coup, j'ai du mal à en rire. Et je crois comme pedrito, que ces " corridas " de petites bourgades tournent de temps à autre à la farce.

    Maxime

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  10. je vien de voir quelque image de la course,je n'y etais pas,et je me suis dit:
    mais quelle splendide presentation pour une corrida de rejoneo!
    Quelle honte pour l'aficion que de presenter des armure pareilles.
    Toutes ces arenes qui presente des lots pareils ne doivent plus faire partis du vocabulaire des aficionnados et etre ignoré,quelque soit l'elevage.

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  11. On m'a dit que les murs des corrals étaient rugueux... LOL !

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