mercredi 21 avril 2010

Oracundo

Au soir du 15 août 2008 aux arènes de Bayonne, chacun était en mesure de se demander si ce que l'on venait de voir en piste était un miracle. Car l'on assista en effet à six combats de taureaux solides, encastés, présents dans tous les tiers et braves en général. Les pensionnaires de la ganadería du matador retiré Joselito venaient de mettre à rude épreuve deux toreros vedettes ainsi que le revenant d'un jour : Victor Mendes. Dimanche à Garlin, le lot de novillos des fers de La Reina et El Tajo a confirmé l'excellente impression qui me fut laissée il y a presque deux ans maintenant.

Renouvelés à Garlin après la course de l'année dernière, les cornus de Joselito apparurent plutôt discrets de présentation. Quant au comportement, il n'y eut quasiment rien à jeter ! Là est la différence entre cet élevage et l'écrasante majorité des ganaderías de souche Domecq ou Núñez. Chez El Tajo, la sélection est rigoureuse car l'éleveur recherche un taureau solide que l'on pourra apprécier du début à la fin de la lidia. Chez tant d'autres, les critères de commercialité passent avant tout car le modèle de taureau désiré est en réalité un collaborateur noble, peu ou pas encasté et sans trop de forces afin que puisse "s'exprimer" l'art du toreo. C'est-à-dire quelque chose d'inconcevable pour l'aficionado a los toros.

Dimanche, quasiment tous les petits novillos de Joselito sont allés a más. Mais c'est le quatrième, répondant au nom d'Oracundo, qui remplit pour de vrai nos visages de satisfaction. Car ce bicho montra énormément de qualités. La première pique fut certes brève et l'on ne put voir grand chose, mais à la seconde, Oracundo partit de loin et s'avéra vraiment brave. On aurait par ailleurs aimé le voir une ou deux fois de plus sous le fer, ce qui était envisageable quand on sait que "chaque taureau devra être piqué autant de fois que ses forces l'exigent".
Au troisième tiers, le bicho fut le seul acteur en piste, brave, plein de caste et de transmission. C'était un indiscutable toro de vuelta, qui eut le droit à une fin de faena par molinetes... ainsi que d'une épée trasera au deuxième essai. Il résista longtemps debout, en taureau brave qu'il était. Puis il tomba, et on l'honora durant une vuelta posthume surplombée par un magnifique soleil de Printemps.

Il portait le numéro sept, s'appelait Oracundo. Habillé d'un pelage jabonero, il avait également un huit sur la cuisse. Le huit, comme le fer de son élevage : El Tajo. Le Grand Huit, c'est ce qu'a vécu le novillero régional pendant vingt minutes. Et tant d'autres auraient fait même fortune face à un tel adversaire, celle de la déroute.

Vuelta al toro !

Florent

(Photo de Laurent : Oracundo n°7 jabonero, premiado con la vuelta al ruedo)

3 commentaires:

  1. Et oui pauvre Dufau malheureusement pour lui ça rime avec El Santo... Un futur peon de plus ? Mangé tout cru le minot.

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  2. Il a quitté les arènes avec beaucoup de tristesse.
    A lui de rebondir.
    Il a suffisamment de contrats pour cela.

    JPc

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  3. Faut pas comparer non plus un bœuf et taureau...on ne peut pas comparer duffau et el santo...

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