mercredi 30 juin 2010

A mort l'arbitre

L'été est enfin arrivé, et le soleil de plomb qui l'accompagne en profite au passage pour taper sur certaines têtes tout en brûlant de manière non négligeable quelques neurones. Il y a comme un bruit de fond gênant, une sorte de musique inaudible, composée de vuvuzelas, de commentaires footballistiques de TF1, de menaces sur la diplomatie du foot, de réformes gouvernementales ainsi que de scandales politico-financiers, et du vacarme muet des antis-taurins. On en deviendrait presque sourd ! Le fait que vingt-trois types de nationalité française ne soient pas en mesure de battre l'Uruguay, le Mexique et l'Afrique du Sud doit-il pour autant devenir un drame national ? Doit-on en conséquence décréter l'état d'urgence et l'état de siège ? Le sens des priorités nous en met plein la vue chaque jour.

L'été est enfin arrivé, et on espère pouvoir oublier l'actualité ridicule grâce aux toros qui eux peuvent encore nous faire rêver. Des toros puissants, braves, encastés, ceux qui font passer l'émotion et les frissons... Très loin des "émotions" provoquées par des erreurs d'arbitrage qui pourraient être à peu de choses près le motif d'un troisième conflit mondial.

L'été est enfin arrivé, les figurines du haut de l'escalafón, les empresas ainsi que nos ganaderos commerciaux préférés remplissent leurs poches de gros sous, d'oreilles, de triomphes, de sorties à hombros et d'euphorie générale.

La Brède, Gironde, Samedi 26 Juin. Six toros d'Adelaída Rodríguez, fraîchement débarqués du camion sous 35 degrés, équipés de brosses à dent en guise de cornes, monopiqués, dociles. Peu révolutionnaire, le mexicain El Zapata se présentait en Europe, il est folklorique aux banderilles mais parfois maladroit, plutôt courageux, engagé épée en main. Son niveau technique est cependant faible et les fondamentaux passent au deuxième ou au troisième plan...
Puis Curro Díaz, réellement brillant à l'heure de l'estocade. Pour le reste, il est un torero à la limite du supportable. Toujours superficiel, profilé, fuera de cacho, sans risques d'accident ferroviaire. Après une prestation banale face au cinquième, il vînt saluer la présidence technique. Comme réponse, cette dernière sortit un mouchoir blanc que personne ne vît en piste. Il fallut donc courir au desolladero de fortune (en réalité un bloc de sable recouvrant du gazon) pour bénéficier de cette oreille gratuite. Et puis Julien Lescarret... Mais comme il est question de tauromachie dans ce blog, je n'en parlerai point. Rideau.

Saint-Sever, Landes, Dimanche 27 Juin. Des canards dans l'harmonie musicale, bienvenue à VuvuzeLandes ! L'affiche de cette novillada laissait augurer un espoir de renouveau : des Escolar Gil pour trois novilleros quasiment inconnus en France. Mais puisque l'élevage d'origine Albaserrada a l'habitude de faire courir plusieurs corridas annuelles, il aurait été étonnant de voir des "novillos estampes". La présentation du lot fut en conséquence inégale, avec certains exemplaires très légers et plusieurs cornes abîmées. Quant au moral, les trois premiers novillos – nobles – tendaient leurs oreilles... mais aucune ne fut coupée. Le quatrième apparut compliqué, le cinquième manso et le dernier éteint. A la pique, on put apercevoir des signes de bravoure sans qu'il y ait pour autant quelque chose d'exceptionnel. Le comportement sous le fer fut ainsi inégal, et les novillos durent se confronter à des chevaux mastodontes. Le chef de lidia Juan Manuel Jiménez fut conforme et monotone face au noble premier avant de réaliser un effort au quatrième. On attendait mieux de José Arévalo, le deuxième novillero du jour. Mais tout commença mal pour lui lorsqu'il nous gratifia d'une "PacoChaves" banderilles en main, posant les bâtonnets un à un et se faisant poursuivre par son premier adversaire d'Escolar. Il ne profita pas de ce noble adversaire puis baissa pavillon face au cinquième. Enfin, Víctor Barrio montra de l'élégance pour sa présentation en France, mais il est raide, maladroit et encore vert. Il a donc le temps d'évoluer. Une oreille gratuite lui fut accordée au sixième. Une évolution au moment de vérité est par ailleurs souhaitable pour ces trois novilleros. Car nous fûmes gâtés pour ce qui est des "fracasos" à la mort : avec au total 5 pinchazos, 5 bajonazos, 3 épées défectueuses et 19 descabellos ! Cela fait beaucoup en six novillos.

L'été taurin sera long, et espérons qu'il apportera son lot habituel de surprises et de satisfactions.

Florent

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