mercredi 9 juin 2010

Vingt-cinq minutes pour l'éternité

Un peu comme si la terre s'était arrêtée de tourner ce soir-là... Car une journée sans y penser n'est pas envisageable depuis. Arles, 11 septembre 2009, Clavel Blanco, présence, puissance, caste, bravoure, poder, grandeur, émotion, frissons, frissons... et frissons. Cinq piques, ou plutôt cinq puyazos, pas question de pique de tienta, de pique andalouse ou de regatón, cinq puyazos !

Quoi de plus émouvant ? Ces vingt-cinq minutes vécues permettent de relativiser, et de faire un tri sur ce que l'on verra ensuite dans un ruedo. Faisant partie de ceux qui étaient à cette corrida-concours de septembre dernier, je pense qu'il y a un avant et un après...
Alors du coup, lire ici et là tous les deux ou trois jours qu'une nouvelle page de l'histoire de la tauromachie s'est écrite, cela fait bien rire, ou soupirer. Mais qu'est-ce que j'en ai à faire du toreo stéréotypé de Castella ? Du quadruple redondo inversé de Perera ? De la gomina de Javier ? Du cigare et des sombreros à Morante ? De la toréabilité des Zalduendo et des JPD ? Des indultos par milliers ? Des charlotades tragi-comiques de Michelito ? Qu'est-ce que j'en ai à faire ?

Au mois de mars, le jeune Rivas a rejoint l'éternité à cause d'un tragique accident de voiture. Son nom restera, tout comme celui de Clavel Blanco, avec dans nos mémoires quelques précieuses images qui sont restées de ce moment unique, historique. Car il y a tout de même une marge conséquente entre l'histoire et les simples anecdotes...

Florent

(Photo de François Bruschet : Clavel Blanco)

8 commentaires:

  1. Sauf qu'à vous entendre, il y aurait 2 sortes de corridas, celle du toro, et celle du torero, avec des supporters qui se divisent pour l'un ou l'autre camp. Faut-il encore répéter que la dichotomie toriste/toreriste n'a pas de sens ?
    La meilleure corrida, c'est celle de la rencontre d'un vrai toro et d'un torero capable de le dominer. J'étais à Arles et j'ai admiré comme vous ce premier tercio... inoubliable. Avec aussi le regret de ne rien avoir vu de plus.

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  2. Ce toro a pourtant été grandiose de bout en bout, rappelons qu'il avait une charge d'une grande intensité au troisième tiers, et même s'il n'était pas un toro de cent passes, il était en tout cas un toro complet et extraordinaire. Quant à mon point de vue sur la tauromachie, si le bétail est digne ne serait-ce qu'en présentation, c'est une Corrida de Toros, pour le reste je ne cautionne pas...

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  3. Réduire la corrida à une simple présentation du bétail,c'est un peu court,non ?
    Ce qui a manqué à Clavel Blanco ,c'est un opposant
    digne de lui.Imaginons un Juli par exemple.
    manolo

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  4. J'invite tous les lecteurs de ce blog à lire et à savourer l'interview de Thomas Prieto de la Cal sur le numèro de juin du magazine "Toromag".
    Un océan de fraicheur et de bonheur dans la grisaille actuelle des ganaderias.
    Frédéric.

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  5. Sur le Juli, les avis divergent....sacrément, c'est le moins qu'on puisse dire.
    A ce sujet, consulter le papier de Francisco PICORNELL sur MALAKA TAURINA, après la dernière prestation madrilène de "Julinanin", reseña juste avant l'indulto d'une chèvre par Condé dans la monumental de El Bosque, un trou Gaditan.
    Pedrito

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  6. Bien sûr que les avis divergent mais cela aurait été quand même mieux que Lopez Chavez,non ?
    manolo

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  7. Si ce toro avait rencontré Juli ou Ponce, il serait encore vivant aujourd'hui...On ne peut en vouloir a Lopez Chaves vu son peu d'oficio, mais on rale quand même que cet exceptionnel toro n'ait pas trouvé adversaire à sa hauteur...

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  8. Il faut arrêter avec les "si", jamais El Juli et Ponce n'auraient affronté ce toro, et qui sait si ils auraient été dignes avec ? Avec le recul, même s'il était impossible que López-Chaves fût à la hauteur de Clavel Blanco, je me dis que nous avons tout de même eu de la chance ce jour-là, car s'il y avait eu Sánchez Vara ou Javier Valverde en face...

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