mardi 27 juillet 2010

Ces toros qui triomphent...

Burgalés, Cigarrero segundo, Clavisero, Carafea, Langosto, Cigarrero primero. Les toros de Dolores Aguirre ayant foulé ce dimanche le sable d'Orthez portaient tous des noms célèbres issus de l'encaste Atanasio Fernández. Des pelages magnifiques, allant du castaño oscuro chorreado au colorado ojo de perdiz en passant par le noir luisant. Sérieux de présentation, charpentés et généralement bien armés, les Aguirre ont été les triomphateurs d'une tarde où les hommes ne furent que l'ombre d'eux-mêmes.

Tous les toros portaient une devise noire en mémoire de Federico Lipperheide, mari de la ganadera décédé au début de l'été. Six rubans couleur jais qui vînrent également nous rappeler que ce capharnaüm de monde taurin n'est pas tout beau et s'avère souvent obscur ces derniers temps. Quant aux toros de Dolores Aguirre, ils ont entretenu de bout en bout la course, avec plus de vingt assauts lors du premier tiers face à une cuadra de mammouths. Mais malgré des picadors dont la précision fut comparable à celle des orthodontistes du dix-septième siècle avant Jésus-Christ et des chevaux rappelant les tanks de la première Guerre du Golfe, les toros ont gardé suffisamment de forces et de caste pour arriver fièrement à la fin de leurs combats respectifs. Pour ce qui est de la pique, on vît malgré tout de la puissance, de la bravoure, parfois de la mansedumbre. Et l'on retiendra la pitoyable image de Clavisero – troisième toro de l'après-midi honoré d'une vuelta posthume – qui s'employa avec bravoure en mettant les reins face à un cheval démesuré qui de ce fait ne bougea que très peu malgré l'acharnement du bicho.

Le premier toro fut quelque peu faible, mais il resta très maniable. Quant aux autres Aguirre, ils furent encastés en arrivant pour la plupart au troisième tiers avec du recorrido et de grandes embestidas diamétralement opposées à la bête sosería proposée par de nombreux élevages commerciaux. Une corrida de toros, pour aficionados, et pour matadors en quête de succès ayant le goût du vrai. Malheureusement, hormis un début de faena d'Iván Fandiño et le courage d'Alberto Lamelas ponctué d'un côté brouillon et d'un manque de technique, les toreros rendirent copie blanche. Trop de bajonazos vînrent en terminer avec les toros de Doña Dolores Aguirre, dont trois à l'actif de Julien Miletto, pour lequel je ne m'élargirai pas sur la prestation car il fut en-dessous des possibilités de ses adversaires. Après tout, tirer sur les ambulances n'est pas d'une grande utilité. Mais quelle belle tarde de Toros !

Florent

(Photo de Laurent Larroque : le premier Dolores Aguirre d'Orthez, du nom de Burgalés)

5 commentaires:

  1. Est-ce que le 3° méritait sa vuelta ?

    Est-ce qu'il n'y en aurait pas eu d'autres le méritant ?


    ca va être du beau, tiens, à Vic.... Y'a deux manches en plus....Les corridas "confiture aux cochons" sont aussi frustrantes, quelque part, même si le soucis est diamétralement opposé - ce qui n'est pas rien et surtout capital -, que des toreros au bagage technique de qualité se tapant des brebis.

    Moralité, y'a que dans les arènes qui ont le pognon nécessaire(de par un nombre de places suffisant) et qui jouent réellement le jeu torista où il y a des chances de prendre son pied dans la synergie des combattants.

    Serrano, Lescarret, Miletto....
    Ce calvaire.... corrida 100% française, c'est bien mais tellement risqué...

    RépondreSupprimer
  2. Tiens donc, les propos de mon copain picador de La Algaba, feraient-ils tâche d'huile ? Puisque le blog "la brega" de l'amer Klein aborde la question des chevaux de plus en plus légers de la cuadra Bonijol. Vous verrez que l'on en reviendra bientôt, de la "révolutionnaire" cuadra Bonijol...
    Pourquoi ne pas parler également des interventions bien trop rapides et peu réglementaires du sieur Bonijol himself ? Ni plus, ni moins que El Pimpi à Orthez...
    Lorsque le moment, tragique, sera venu où l'on décidera l'abolition de la corrida en France et en Espagne, les piqueros, au fil des années, seront montés sur des poneys. Et mon copain de la Algaba se sera pendu de désespoir.

    RépondreSupprimer
  3. Votre copain picador, ces normal qu'il dise sa puisque meme avec un mamouth il trouverai le moyen de dire que ces trop leger vu que ces un picador.
    Moi simple aficionnado independant sa me va tres bien bonijol,quand le picador est un cavalier le cheval reste souvent debut.
    La plupart des batacazo sont dut au picador lui meme qui est imcapable de tenir sa monture.
    Quand a ceret meme fontecha aurai mordu la poussiere surtout avec les coimbra!!!

    RépondreSupprimer
  4. Absolument d'accord avec vous Los Quintana ! Les picadors ne savent pas monter à cheval aujourd'hui, ce qui provoque mauvais positionnement et batacazos. C'est bien ce que disait mon copain de la Algaba et que je rapportais dans un commentaire précédent : il n'y a qu'à voir comment ces abrutis tirent sur les mors, observez la bouche des chevaux pendant la pique ! Je crois quand même qu'il va y avoir une dérive dans la "solution bonijol" s'il met des chevaux de plus en plus légers.
    Evidemment, si vous partez du principe que les piqueros sont des brutes, des abrutis qui préfèrent des chevaux-tanks vous en déduisez que mon copain espagnol est un bruto qui rêvait de piquer sur des panzers. Hé bien non !

    RépondreSupprimer
  5. je suis d'accord il y a tout de meme un juste milieu a avoir entre trop leger et trop lourd et je pense que les gens en font trop sur le cas bonijol au niveau de la mobilité et je vous rejoint sur le point de la pique qui toujours en mouvement quand dans la plupart des cas ces les cheval qui tourne autour du toros.
    Quand a votre copain je sait qu'il reste encore de tres bon picador et s'il en fait parti alors tant mieux.

    RépondreSupprimer