mercredi 8 septembre 2010

Trouble fête

Ce cliché est compréhensible : Alcurrucén, élevage à la réputation commerciale ces dernières temporadas.

Son côté ultra-productif en a pour le coup fait une ganadería de garantie selon les toreros. Seulement voilà, les choses ne se perpétuent pas indéfiniment. Pourtant, je lisais l'an dernier l'interview de l'un des frères Lozano dans une revue taurine espagnole, et il affirmait qu'il allait faire combattre (les trois fers confondus : Alcurrucén, El Cortijillo, Lozano Hermanos) un total de 500 bêtes pour l'année 2009. Un chiffre astronomique qui vient confirmer le statut d'élevage commercial possédant des bêtes vouées à la tauromachie moderne. Cette année, l'élevage n'est pas en reste. D'après mes calculs, Alcurrucén (les trois fers confondus) a pour l'instant fait lidier 89 toros en corrida formelle et 25 novillos en novillada piquée, sans compter les "spectacles" dits "mineurs".

Les chiffres impressionnent. Mais il y a autre chose de récurrent chez Alcurrucén ces derniers temps. A savoir un comportement plus âpre et exigeant que par le passé. On peut même se demander si cet élevage n'est pas en train de prendre le même chemin que celui emprunté par Cebada Gago il y a une quinzaine d'années maintenant. Avant de prendre l'"autre" chemin, l'élevage de Cebada était convoité par des toreros tels que Manzanares père, Espartaco ou Emilio Muñoz... A peine dix ans après, on le voyait presque à chaque course entre les mains de matadors comme Padilla, Encabo ou Antonio Barrera. A l'instar de Cebada Gago, on peut réellement se demander si Alcurrucén prendra le même chemin. Mais il est difficile de répondre à une telle question.

A la vue de nombreux toros combattus cette année, on peut être sûr que les vedettes de l'escalafón ne se battront pas à l'avenir pour affronter les Alcurrucén. Dernier exemple en date, Bilbao. Pas de vedettes au cartel, un lot redoutablement présenté, exigeant, parfois âpre, parfois difficile, souvent avec du gaz et du moteur. Il y avait également un danger sourd pesant cet après-midi là. Car certains pensionnaires s'arrêtèrent en plein milieu des muletazos pour regarder l'homme. On accepte cela venant de l'élevage d'Alcurrucén. Cependant, s'il avait été question d'une ganadería aspirante, beaucoup auraient conseillé à l'éleveur de mener son cheptel à l'abattoir.
Pourtant, les Alcurrucén n'ont rien d'impossible. Mais ils ont des exigences qui font qu'aucune erreur n'est permise face à eux, et la plupart du temps, ce ne sont pas des bonbons, loin de là.

L'un des toros les plus intéressants vus dans les ruedos cette saison fut justement un exemplaire d'Alcurrucén. C'était à Bayonne le vendredi 6 août, et le protagoniste s'appelait "Tamborilero", âgé de plus de cinq ans et demi. Ceci explique en partie cela, mais cela ne peut être une explication unique, car certains cuatreños combattus cette année dégageaient des difficultés similaires. "Tamborilero", parfaitement dans le type Núñez avec le port altier haut, sautait à la gorge de quiconque s'approchait de lui à son entrée en piste. Il avait un comportement de fuyard, puis de roublard lorsque les hommes s'approchaient de lui. Il ne poussa pas à la pique et préféra se défendre en faisant violemment sonner les étriers. Ensuite, il fut âpre tout en possédant une charge parfaitement exploitable au troisième tiers. Toutefois, le danger fut permanent. Face à lui, Matías Tejela apparut honnête et courageux. Pour ma part, je ne l'avais jamais vu aussi sincère face à un toro.

Au cours de leurs nombreuses sorties dans des grandes arènes cette année, les Alcurrucén ont souvent affiché un caractère bien plus exigeant qu'auparavant. Et d'ores et déjà, on a pu constater que les "figuras" avaient commencé à les éviter. Et peut-être qu'à l'avenir, les Alcurrucén iront troubler la fête face à des matadors plus modestes. Il faudra ainsi regarder de manière attentive les affiches où cet élevage apparaîtra l'an prochain.

Florent

2 commentaires:

  1. Merci, Florent, de nous parler d'un élevage qui semble susciter un regain d'intérêt, et que, pour ma part, ainsi que pour de nombreux autres monoencastos et ganados commerciaux, j'ai renoncé à m'intéresser depuis de nombreuses années.
    Cela ira-t-il jusqu'à inspirer les valeureux organisateurs de corridas ou de novilladas de nos placitas toristas, les authentiques garants de l'avenir de la fiesta brava? (avec, évidemment, les aficionados a los toros)

    Croisons les doigts, si çà peut faire....

    RépondreSupprimer
  2. Bonjour Florent
    Ne sachant comment te joindre, pourrais-tu me communiquer ton adresse mail en écrivant à Michel Puzos (site "Course Landaise Magazine).
    Merci d'avance... je souhaiterais mettre ton blog en lien sur le site Aficion Magazine que je suis en train de construire : http://www.mpcourselandaise.com
    Mon adresse mail : mpcourselandaise@hotmail.fr
    Merci d'avance
    Très cordialement
    Michel Puzos
    on s'était écrit voici déjà pas mal de temps

    RépondreSupprimer