mardi 5 octobre 2010

Entre autres bras d'honneur à l'afición

"Il faut éliminer les présidents de ce genre"
C'est par ces propos que le propriétaire de l'élevage de Garcigrande a condamné hier le président de la corrida d'Ubeda, non loin de Jaén. Ce dernier ayant refusé de gracier le troisième exemplaire de l'après-midi, après une pétition insistante du public... et du callejón bien évidemment. A ces invectives disproportionnées, on ne saurait que trop conseiller à cet éleveur industriel d'en faire de même (c'est-à-dire éliminer) avec son cheptel, en envoyant le tout à l'abattoir ou en mettant par exemple le feu à sa propriété.
Garcigrande, Daniel Ruíz et même La Quinta. Ces noms sont revenus sans cesse durant la saison française écoulée, illustrant parfaitement l'écrasante majorité des corridas commerciales et peu originales face aux rares corridas sérieuses. Des corridas dites "formelles", il y en eut soixante-quatorze cette année en France. Et parmi celles-ci, un très grand nombre étaient dénuées d'intérêt pour l'aficionado a los toros. En témoignent ces pluies d'oreilles, ces vueltas posthumes sans critères et ces sorties en triomphe ridicules de certains mayorales. La tauromachie est prisonnière d'un système économique, composé d'empresas, de toreros et de ganaderos. En parlant des toreros que l'on désigne par le terme "figuras", il faut noter dans leur attitude quelque chose de similaire aux esclaves affranchis de l'Antiquité. C'est-à-dire qu'une fois qu'il n'ont plus à affronter le taureau de respect, ils ne font rien pour croiser de nouveau sa route. Pire encore, ce n'est pas qu'ils n'ont plus à affronter cet adversaire car ils ont gravi les échelons. Simplement, ils n'ont jamais été obligés de le faire grâce à la protection dont ils ont été les objets. C'est le cas pour les frères Ordóñez, le fils Manzanares et même El Juli dont les "gestes" restent relativement rares quoi qu'on en dise. Une fois rentrés dans le peloton de la corrida commerciale, rares sont ceux qui désirent en sortir et voir de temps à autres un horizon et un taureau différents. Cette saison a donc un goût amer, car les omniprésentes corridas commerciales n'ont pas été les seules à porter atteinte à la tauromachie. L'exemple le plus frappant est bien évidemment celui d'Aignan où les bouts des cornes ressemblaient à des pièces de monnaie.

Malgré tout, certains sont enthousiastes et se montrent satisfaits de leurs saisons commerciales, même s'ils ont sorti des horreurs portant le fer de Daniel Ruíz et de Garcigrande. C'était indéfendable, mais ils sont contents, surtout à Dax. Pour finir, on peut simplement dire que les aficionados se trompent rarement. En attestent les deux meilleurs lots de la saison française, sortis à Céret (Escolar Gil) et à Orthez (Dolores Aguirre), où l'on a vu des toros complets, exigeants et qui donnèrent de l'émotion. Cette réussite n'est pas étonnante, car à Céret comme à Orthez, c'est l'afición qui parle à l'heure de composer les affiches. Une afición que beaucoup n'ont pas malheureusement, préférant à cela le juteux critère commercial.

Florent

(Ce cliché a été pris par un ami à Céret, et je ne suis pas en mesure d'affirmer si ce geste était volontaire ou naturel, il sert juste à illustrer cet article)

4 commentaires:

  1. Oléééééééééééééé !!!!!!!!!!!!!!!!!

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  2. Il n'y a rien à ajouter, tout est dit.
    FUERA!

    Maxime

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  3. Tout à fait d'accord pour la qualité des deux lots cités. Pour ma part, je positionne en n°1 sur le podium, le lot de Baltasar Iban lidié à Alès. Un trio comme on en espère en 2011...

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  4. Bien vu Florent, comme je l'ai évoqué sur un autre forum, dégoûté par cette saison 2010, la temporada 2011 risque de ne pas me voir dans ses gradins.
    Mig93

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