mardi 16 novembre 2010

Quarante ans

Quarante ans aujourd'hui. 16 novembe 1970. L'hebdomadaire Hara-Kiri écrivait en Une "Bal tragique à Colombey-les-Deux-Eglises : un mort ". Le sacrilège ! Le blasphème ! La censure, vite ! La censure ! Un tel titre, c'est porter atteinte à la mémoire de l'appel du 18 juin 1940, et au système de la cinquième République... De nos jours encore, ce sont les pages les plus glorieuses de l'histoire du personnage ciblé par cette Une qui sont restées. Le reste, il est convenable de ne pas l'évoquer. Et pourtant ! Que penser du sang sur les mains ? De l'affaire Ben Barka ? Des évènements de la rue de Charonne ? Du Service d'Action Civique ? Entre autres histoires que le gaullisme se garde d'évoquer aujourd'hui.
Cette Une, même si certains l'ont trouvée choquante à l'époque, est en quelque sorte un symbole de la liberté d'expression. De là, j'ai de fortes considérations envers les libres penseurs, que ce soit au niveau de la tauromachie, ou n'importe quel autre sujet. Cette Une fête ses quarante ans aujourd'hui, et pour ce qui est de la liberté d'expression, il est difficile de dire si les choses ont réellement avancé. Car il en reste un grand nombre pour lesquels les penseurs libres doivent être matraqués...

Florent

4 commentaires:

  1. Florent,

    Oui, je me souviens de cette "une" - à la hauteur du personnage, et de l'attitude conséquente du Ministre de l'Intérieur d'alors... qui fit interdire l'hebdo! En fait, il y avait alors de la "caste" des deux côtés (ne dit-on pas que De GAULLE lui-même se faisait apporter le Canard enchaîné tous les mercredi, avec cette interrogation rituelle et gouailleuse à la bouche "Voyons, que dit le volatile aujourd'hui?"... lequel "volatile" titra, à l'occasion des funérailles du Général: "Je vous ai contrits!"... Olé!)

    Et tout cela, ma foi, avait de la tenue, ce qui ramène me semble-t-il (et sans faux misérabilisme) notre époque actuelle à ce jugement de CHATEAUBRIAND: "De petits hommes inconnus se promènent comme des pygmées sous les hauts portiques des monuments d'un autre âge"

    Mais, foin de toute nostalgie!...

    Bien à toi - Bernard

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  2. ce titre faisait référence à un drame qui s'était déroulé quelques jours avant le trépas du Général, une 20ne de morts (me semble-t--il) dans un bal de campagne (je ne sais plus où, j'étais pas encore naquit).
    je sais pas si cette info est importante d'ailleurs.

    el 9

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  3. La discothèque le "5-7" à Saint-Laurent-du-Pont (près de Grenoble) le 1er novembre 1970, il y avait eu plus de 140 morts. En mettant ce titre pour De Gaulle, Hara Kiri a aussi voulu se moquer du "sensationnalisme" employé par la presse après l'incendie tragique de cette boîte de nuit.

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  4. ... et ce fut la réponse formidable, qui est allé droit à notre cœur, dès la semaine suivante dans les kiosques, sous le titre "Charlie Hebdo", quelle réponse au pouvoir. Mais, malheureusement, Charlie fut tué de l'intérieur, bien avant l'attaque stupide de ceux qui sont manipulés pour monter les uns contre les autres. Lire l'article du plus ancien rédacteur d"Harakiri" Delfeil de Ton, publié par le Nouvel Obs : http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20130107.OBS4644/le-waterloo-de-charlie-hebdo.html

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