jeudi 23 décembre 2010

A Jean-Jacques Baylac...

Jean-Jacques Baylac est décédé mercredi dernier des suites de ce que l'on appelle pudiquement une longue maladie. Jusqu'au bout, il est resté l'emblématique président du Club Taurin Vicois, en montrant son attachement pour le Toro et l'authenticité de la corrida. Passionné, tel est le terme approprié afin de définir ce gersois qui aura fait beaucoup de sacrifices pour la tauromachie de verdad, cette dernière le remerciant en l'aidant à combattre son mal physique. Cette année encore, on put apercevoir son sourire et son oeil affectif pour le Toro, notamment à Céret en juillet dernier, où une grande corrida d'Escolar Gil fut offerte à l'aficionado qu'il était. Avec en plus de cela le brindis d'Alberto Aguilar lui rendant hommage. Le jeune Alberto ne s'y est pas trompé en offrant la mort de "Cuidadoso" à Monsieur Baylac, car cela nous rappelle qu'à Vic, l'homme n'est pas pour autant ignoré même si le Toro occupe une place prépondérante. C'est bien à Vic-Fezensac que des matadors comme Alberto ou Sergio Aguilar ont vu leurs carrières relancées il y a de cela moins de trois ans, avec la reconnaissance unanime des aficionados présents.
Jean-Jacques Baylac vouait un culte pour le Toro, tout en respectant les hommes qui affrontent cette bête mythique. La mise en scène de ce "combat" pendant des années le rendait fier, mais il restait humble. Lui même affirmait cette année encore "à Vic, nous ne sommes pas le centre du monde". Pour ma part, je remercie à titre posthume Jean-Jacques Baylac, car c'est grâce à des personnes comme lui que je dois mon afición. Il faut pour cela rappeler que Vic-Fezensac est l'arène pionnière en France en matière de corridas de toros-toros. Jean-Jacques s'est inscrit dans la lignée de cette tradition vicoise dans le but de préserver cette corrida authentique et intégrale, celle qui se déroule en trois tiers, celle qui respecte le Toro. Un remerciement, car s'il n'y avait pas en France une arène comme Vic-Fezensac, l'afición a los toros ne serait probablement pas si belle, et elle n'aurait pas autant de force. Une force conférée par le respect qui est octroyé au Toro Roi dans ces lieux.
Jean-Jacques Baylac aimait le Toro, à la fois au campo et dans l'arène. Le souvenir de cet homme nous rappellera à l'avenir le côté taurin (au bon sens du terme), humain et chaleureux qui nous aura donné mille raisons de préférer Vic-Fezensac à Nîmes un week-end de Pentecôte. J'ai eu la chance d'échanger avec lui à plusieurs reprises cette année, qui fut sa dernière, et en début de saison, il m'avait confié "Si un jour la corrida vérité disparaît, alors la corrida mensonge n'en aura plus pour longtemps". Monsieur Baylac est parti à l'heure où la corrida que l'on aime vit encore, à l'heure où les Garapito, les Velonero, les Camarito, les Clavel Blanco sillonnent toujours les ruedos, ce genre de toros qui nous filent des frissons et donnent justement une force supplémentaire que l'afición n'aurait pas si le toro était resté au statut de collaborateur secondaire. La fin de la corrida vérité, Jean-Jacques Baylac ne la connaîtra pas, alors que ceux qui restent auront peut-être un jour le désarroi d'assister à cette fin. Pour l'heure, les toros sont encore là, les hommes valeureux pour les combattre également, nous n'avons donc dans l'immédiat pas de soucis à nous faire. La mort de Jean-Jacques Baylac nous affecte car il était l'un des piliers de la corrida vérité en France. Et le cru 2011 de la Feria de Vic-Fezensac aura une saveur particulière.

Reposez en paix Monsieur Baylac.

Florent

(Image de l'hebdomadaire Semana Grande : Jean-Jacques Baylac)

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