mardi 28 septembre 2010

Sur l'utilité des alguazils dans une arène

Alguazils ou alguacilillos, c'est selon votre préférence. Des plumitifs d'un autre genre en quelque sorte. Leur rôle est de faire respecter le règlement en piste et dans le callejón, tout en gardant une certaine courtoisie. En théorie, ils sont le "bras armé" de la présidence, sans pour autant être une autorité "judiciaire" dans la corrida.
Pourtant, un passé très récent est là pour nous montrer que ce rôle est uniquement théorique. Car à quelle tâche les alguazils s'affairent-ils ces derniers temps dans la majorité des arènes de France et d'Espagne ? Bien souvent, leur unique utilité est de remettre les trophées aux toreros. Curieusement et de manière de plus en plus récurrente, on les voit également être les complices des hommes en piste en faisant par exemple retarder l'entrée du train d'arrastre à la mort du taureau. L'objectif étant bien évidemment de faire plier la présidence devant les pétitions d'oreilles et parfois même devant les invectives venant du callejón.
Les alguazils devraient en principe avoir un rôle de coopération avec la présidence. Dans le cas contraire, ils deviennent peu à peu leurs bourreaux en réalité. Aussi, on a récemment pu voir divers alguazils arborer fièrement sur leurs tenues un signe ostentatoire revendiquant un certain Observatoire... Mais cela est-ce bien nécessaire ?
En revanche, on ne voit quasiment jamais ces personnages intervenir lors des piques traseras, rectifiées, carioquées. On ne les voit pas non plus bouger le moindre orteil lorsqu'arrive la ronde des enterreurs ou bien l'heure des épées retirées du corps du taureau depuis le callejón alors que la bête est encore debout. La chose la plus préocuppante est bien évidemment celle du premier tiers, car le callejón est devenu orphelin de quelqu'un qui pourrait dire ce qui ne va pas. Un taureau massacré au premier tiers et victime d'une mauvaise lidia, cela ne profite ni au torero ni à l'aficionado, dommages collatéraux.
Je dis cela en partie par provocation, mais je préférerais pour ma part voir deux types qui connaissent le règlement ouvrir le paseo à bicyclette plutôt que deux autres montés sur de grands canassons mais qui ne sont là que pour faire de la figuration.

Florent

lundi 27 septembre 2010

Espiao et la Sainte-Epine

Pas plus tard qu'hier, on m'a informé d'une dépêche concernant la Cobla Mil.lenaria, l'orchestre catalan qui joue chaque année durant Céret de Toros. Sur les ondes de Ràdio Arrels, antenne radiophonique en langue catalane qui émet depuis Perpignan, divers antis-taurins auraient tenté de faire pression sur la Cobla en invoquant le fait que la tauromachie espagnole et la Catalogne sont incompatibles. A cette question, le représentant de la Cobla Mil.lenaria a simplement répondu que si des personnes n'aimaient pas la corrida, elles étaient libres de ne pas s'y rendre. Peut-être que ces quelques braves gens ont cru en la puissance de leur lobby du côté français, mais ils ont dû s'égarer.

Le samedi 10 juillet dernier à Céret, il était en revanche impossible de s'égarer pour l'aficionado. J'ai depuis ce jour-là repensé maintes fois au premier Coïmbra de l'après-midi. Car quand j'ai vu ce toro sortir en piste, je n'avais pas encore ressenti une telle intensité lors des vingt premières courses qui ont précédé Céret dans ma temporada. Un peu comme si ailleurs on nous avait menti... Un peu comme si ailleurs on ne s'était pas senti concerné par ce qui sortait en piste. Avec Espiao, il n'y avait pas de doute à avoir, on avait là un Señor Toro. Un taureau de combat digne de ce nom, tant de par son physique que de par son comportement. C'est subjectif, mais je pense que son tiers de piques a été le meilleur moment de ma temporada. Un moment d'authenticité, de sauvagerie, de puissance, de combativité et d'émotion. Le cheval de Bonijol a décollé très haut dans le ciel à la première rencontre avec Espiao. Quatre piques au total pour un type de taureau que l'on voit rarement en résumé. Pourtant, je pense que c'est avant tout ça un taureau de combat, mais cela n'engage que moi. Je me suis levé et j'ai applaudi, en sachant que je garderai très précieusement ces quelques images en tête.

En 2010, ils ont interdit la tauromachie en Catalogne espagnole. Et la feria de l'année, c'est en Catalogne qu'elle a eu lieu. A Céret, l'un des derniers fiefs du taureau de combat par excellence, avec une arène modeste, dont le diamètre du ruedo ne dépasse pas les trente mètres. La feria fut quant à elle unique et d'un niveau incomparable avec ce que l'on vu ailleurs cette saison. Tant de souvenirs pour une feria de deux jours. Il y avait Espiao, la Cobla Mil.lenaria, et la Santa Espina...

A propos de la Santa Espina, Louis Aragon écrivait ceci en 1941 dans son recueil "Le Crève-Coeur" :
"Je me souviens d'un air que l'on ne pouvait entendre
Sans que le coeur battît et le sang fût en feu
Sans que le feu reprît comme un coeur sous la cendre
Et l'on savait enfin pourquoi le ciel est bleu"


Florent

(Photo de François Bruschet : "Espiao" de Manuel Assunçao Coïmbra)

lundi 20 septembre 2010

"Nîmes légalise l'afeitado" ANDA 2005

Une photo d'un ami, prise le samedi 18 septembre à Nîmes en fin de matinée. Elle représente le sixième "???" de Moisés Fraile destiné à Daniel Luque. Quelques heures après avoir reçu ce cliché, j'ai fait un tour des médias relayant cette course. Et je suis tombé sur quelque chose de somptueux :

"Toros de El Pilar/Moisés Fraile, bien présentés".

Bien présentés, bien présentés, bien présentés, bien présentés, bien présentés.... Ces mots liés à cette image n'ont depuis pas cessé de résonner dans ma tête.

A tous ceux qui desservent la tauromachie, par pitié, cassez-vous.

Florent

dimanche 19 septembre 2010

La caste qui s'en va

Arles, vendredi 10 septembre. Espartero, Sevillano, Mataindia, Aceituno et Alguacil étaient cinq toros de La Quinta, correctement présentés dans l'ensemble, mais détenteurs des tendances actuelles de leur élevage, à savoir sosería et manque de caste. Quoique l'on pourra émettre des doutes quant au dernier qui fut lidié de manière médiocre et devînt arrêté à la muleta.
Au vu des sorties des toros de La Quinta durant cette saison, il n'y avait pas beaucoup d'espoirs à avoir quant au lot d'Arles. Mais c'était sans compter sur Mesonero, le troisième exemplaire du jour, qui montra qu'il restait encore un peu de caste dans cet élevage. Immatriculé au numéro 56, cárdeno claro et estimé à 500 kilogrammes, il fut l'arbre cachant la forêt. Par trois fois il alla à la pique et montra une certaine bravoure, même s'il lui arriva de sortir seul. Puis à la muleta, il s'avéra encasté, avec de la transmission. Ce n'était pas un grand toro mais un toro intéressant, face auquel Alberto Aguilar fut brouillon, accéléré, malgré le courage et une certaine envie. La caste de Mesonero remporta la partie. Au final, les deux oreilles accordées furent généreuses, tout comme le tour de piste posthume. En oubliant quelques instants la tournure commerciale prise par La Quinta, on s'est tout de même aperçu qu'il restait dans les tiroirs de cet élevage un fond de caste intéressant, car tout ne s'efface pas du jour au lendemain. Mais si le but est de supprimer ce genre de toros au sein de cette ganadería simplement pour le plaisir des figuras, alors on peut se dire que c'est bien dommage. Casta ! Casta ! Ne t'en va pas !

Florent

jeudi 16 septembre 2010

Concours sans critères

Aucune montera levée au ciel, aucun hommage, aucune pensée émue, pas même une minute de silence. Luis Vallejo "El Pimpi" venait pourtant de mourir un jour auparavant à Salamanque. Il était l'un des meilleurs picadors du moment, et le fait de saluer sa mémoire n'avait visiblement traversé aucun esprit. C'est comme ça, El Pimpi est mort, la vie continue, à Arles comme ailleurs. C'est triste, mais rien dans l'atmosphère ne laissait penser à la mort du picador. Lors de cette corrida-concours à Arles, ses confrères n'ont par ailleurs jamais fait honneur au premier tiers, à leur castoreño et donc à leur métier.
Pourtant, on avait prédit ici et là que la corrida-concours baptisée pour l'occasion "Toros de France" rentrerait à coup sûr dans l'histoire. On allait assister à un remake du concours vicois du mois d'août ! C'est d'ailleurs ce sentiment qui m'a effleuré. Car toute la saison, les éleveurs français ont surfé sur la vague de l'indulto d'un becerro-novillo (âgé de trois ans et zéro mois) de Tardieu à Saint-Martin-de-Crau, sur le panier d'oreilles laissé par les Margé aux figuras à Palavas, et sur l'euphorie procurée par le concours vicois du mois d'août. Je n'étais à aucun de ces trois évènements, mais les médias compétents ont affirmé qu'il s'agissait au travers de ces faits historiques de la plus grande saison jamais connue des éleveurs français. La corrida-concours "Toros de France" de ce dimanche 12 septembre était ainsi le point d'orgue de la saison !
Mais d'entrée, il était difficile de croire en la publicité faisant la promotion d'une course "assurément historique", et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, trois toreros-banderilleros étaient annoncés au cartel et l'on pouvait plus ou moins savoir que les toros allaient être économisés pour le deuxième tiers afin que les hommes brillent bâtonnets en main au travers de diverses poses acrobatiques. Ensuite, le sérieux était définitivement enterré quand le speaker arlésien annonça qu'il fallait envoyer la pique de tienta après la deuxième rencontre au cheval.
Il faisait beau et chaud, et les ombres caressant l'amphithéâtre romain étaient jolies à voir. Pour le reste, on gardera bien peu d'images en tête de cette corrida-concours à l'issue comique qui ne passera pas à la postérité. En voici un récit désordonné.

En deuxième position, il y avait un toro de Gallon, sérieux, jabonero et aux armures veletas. Malheureusement, le bicho sembla accuser à la fois son poids et son encaste (Juan Pedro Domecq). Faiblissime, il ne fut quasiment pas piqué en deux rencontres et s'allongea à plusieurs reprises sur le sable, sous le regard du mexicain Israel Tellez. Quelques minutes plus tard, je me tournais en regardant au travers des gradins en ferraille la rue parallèle aux arènes, et j'y vis une image étrange. Le Gallon était allongé sur une remorque tirée par un tracteur, recouvert d'une bâche couleur vert militaire, seuls dépassaient ses cornes et son frontal couleur savon. La remorque avançait dans l'ombre, le genre d'image que rêvent d'immortaliser les pères Larrieu et Bartholin. Pendant ce temps là, l'exemplaire de Christophe Yonnet avait fait son apparition en piste, il était décasté et juste de forces, et surtout minuscule pour une corrida-concours. Il passa l'arme à gauche après un hyper-bajonazo de Mehdi Savalli. Puis vînt le toro de l'Astarac, lourd et peu armé. De la puissance avec un batacazo au premier tiers, puis les illusions s'envolèrent. Enfin, en sixième position, il y eut un toro de Piedras Rojas (propriété de Patrick Laugier), totalement arrêté au troisième tiers, après avoir été mal piqué et mal lidié. Pourtant, on aurait bien du mal à croire à un lien de cause à effet.

Deux toros restent à évoquer : Tardieu et Robert Margé. Le premier était dans le type Núñez, fin et bien armé. Il reçut trois piques en venant promptement et poussa à divers degrés. Ensuite, il y eut le deuxième tiers, puis le troisième, avec des hachazos et un comportement bronco et sur la défensive. Difficile de primer un tel toro bien qu'il ait été prompt à la pique.
L'autre était de Robert Margé, sorti en cinquième position. En fin de compte, c'était le toro le plus intéressant, ce qui ne veut pas dire le plus brave et le plus encasté. Ce qui ne veut pas non plus dire qu'il fallait à tout prix lui remettre le prix au meilleur toro. Il s'appelait "Bourgogne", était âgé de cinq ans bien sonnés, et pesait 610 kilos. Il entra en piste totalement arrêté, comme un corralero, et c'est même un subalterne d'Israel Tellez qui alla donner les premiers capotazos. Le Margé reçut trois piques administrées par le picador local Gabin Rehabi. Ce dernier fit la vuelta avec Tellez à la mort du toro et reçut le prix au meilleur picador à l'issue de la course. Avec ces deux informations, les absents peuvent donc penser à une grande prestation du picador. Pourtant, il y eut un cite avec le cul de cheval, plusieurs piques traseras, rectifiées, pompées et carioquées. "Bourgogne" sortit à chaque fois seul du cheval après des poussés inégales. Mais l'on ne peut pas dire qu'il ait été bien piqué. Et le seul élément positif de la prestation du picador fut de franchir la ligne pour aller chercher le Margé à la troisième rencontre. A la muleta, le toro fut à la fois noble, exigeant, difficile et au danger sournois. Devant cet adversaire à géométrie variable, le mexicain Tellez manqua de métier mais mit du coeur à l'ouvrage et montra plusieurs gestes agréables, c'est l'essentiel.

Le soleil était parti à la mort du toro de Piedras Rojas, et le speaker fît son retour en annonçant ceci "prix au meilleur toro décerné à l'exemplaire de Robert Margé, prix au meilleur picador décerné à Gabin Rehabi, prix au meilleur lidiador non attribué". La décision de remettre le trophée à Robert Margé fut fortement conspuée, certains ayant préféré le toro de Tardieu. Pourtant, le mieux était de déclarer tous les prix "desiertos". Mais quand on sait qu'à l'issue de la corrida-concours du mois d'avril, le jury n'attribua aucun prix, il semblait alors improbable pour l'organisation d'avoir programmé deux corridas-concours sans lauréats.

Florent

mardi 14 septembre 2010

Goyesque ou Grotesque ?

Je voyais la scène d'assez loin depuis une rue adjacente. C'était une heure avant le paseo, quand ils se sont regroupés sur le parvis des arènes d'Arles afin de "défendre la tauromachie". Quatre heures après, on venait d'assister au paroxysme de la corrida commerciale. Une corrida historique paraît-il ! Exceptionnelle ! Dix oreilles, c'est vraiment magnifique ! Comme plusieurs fois par an, je vais voir ce type de courses sans aucune attente, juste pour me conforter dans ma position vis-à-vis de la corrida.
Ce samedi, le mayoral de l'élevage de Daniel Ruíz est sorti en triomphe avec El Juli et Bautista. Pourtant, les animaux issus de cet élevage sortis en piste n'avaient rien en commun avec l'appellation "taureau de combat". Ils étaient nobles, dociles et sans aucun vice, certains étaient faibles, et aucun d'entre eux n'inspirait à la beauté du taureau de combat. Dire que certains éleveurs français sont à la recherche de ce type d'animal pour en faire une activité lucrative, cela fait mal au coeur. Dans tous les cas, l'élevage de Daniel Ruíz a depuis longtemps fait le choix entre l'afición et l'argent.
Rien d'historique ce samedi à Arles, simplement une corrida commerciale à la couverture goyesque sur un revêtement ensablé teint de bleu et de noir. Nous étions le 11 septembre. Un an auparavant, nous étions beaucoup moins à assister à la corrida-concours qui vît l'extraordinaire histoire de Clavel Blanco. Trapío, caste, poder, bravoure, puissance... C'est tout de même mieux que anovillado, sospechoso de pitones, soso y flojo.
Samedi à l'issue de cette foire aux oreilles, je me suis dit qu'il manquait le clou du spectacle à ce type de course, à savoir la grâce de l'un des "ersatz de taureau de combat" présentés en piste. Et puis je me suis demandé si tous les gens qui s'étaient rassemblés devant les arènes une heure avant le paseo se reconnaissaient en tant qu'aficionados au travers du spectacle goyesque qui leur fut proposé. Si c'est le cas, c'est grave.
Et puis j'ai repensé à Clavel Blanco, à Camarito, à Diano, à Mimoso, à Espiao et aux autres. Le ciel était bleu, tout allait mieux, ils m'avaient servi d'antidépresseurs.

Florent

mercredi 8 septembre 2010

Trouble fête

Ce cliché est compréhensible : Alcurrucén, élevage à la réputation commerciale ces dernières temporadas.

Son côté ultra-productif en a pour le coup fait une ganadería de garantie selon les toreros. Seulement voilà, les choses ne se perpétuent pas indéfiniment. Pourtant, je lisais l'an dernier l'interview de l'un des frères Lozano dans une revue taurine espagnole, et il affirmait qu'il allait faire combattre (les trois fers confondus : Alcurrucén, El Cortijillo, Lozano Hermanos) un total de 500 bêtes pour l'année 2009. Un chiffre astronomique qui vient confirmer le statut d'élevage commercial possédant des bêtes vouées à la tauromachie moderne. Cette année, l'élevage n'est pas en reste. D'après mes calculs, Alcurrucén (les trois fers confondus) a pour l'instant fait lidier 89 toros en corrida formelle et 25 novillos en novillada piquée, sans compter les "spectacles" dits "mineurs".

Les chiffres impressionnent. Mais il y a autre chose de récurrent chez Alcurrucén ces derniers temps. A savoir un comportement plus âpre et exigeant que par le passé. On peut même se demander si cet élevage n'est pas en train de prendre le même chemin que celui emprunté par Cebada Gago il y a une quinzaine d'années maintenant. Avant de prendre l'"autre" chemin, l'élevage de Cebada était convoité par des toreros tels que Manzanares père, Espartaco ou Emilio Muñoz... A peine dix ans après, on le voyait presque à chaque course entre les mains de matadors comme Padilla, Encabo ou Antonio Barrera. A l'instar de Cebada Gago, on peut réellement se demander si Alcurrucén prendra le même chemin. Mais il est difficile de répondre à une telle question.

A la vue de nombreux toros combattus cette année, on peut être sûr que les vedettes de l'escalafón ne se battront pas à l'avenir pour affronter les Alcurrucén. Dernier exemple en date, Bilbao. Pas de vedettes au cartel, un lot redoutablement présenté, exigeant, parfois âpre, parfois difficile, souvent avec du gaz et du moteur. Il y avait également un danger sourd pesant cet après-midi là. Car certains pensionnaires s'arrêtèrent en plein milieu des muletazos pour regarder l'homme. On accepte cela venant de l'élevage d'Alcurrucén. Cependant, s'il avait été question d'une ganadería aspirante, beaucoup auraient conseillé à l'éleveur de mener son cheptel à l'abattoir.
Pourtant, les Alcurrucén n'ont rien d'impossible. Mais ils ont des exigences qui font qu'aucune erreur n'est permise face à eux, et la plupart du temps, ce ne sont pas des bonbons, loin de là.

L'un des toros les plus intéressants vus dans les ruedos cette saison fut justement un exemplaire d'Alcurrucén. C'était à Bayonne le vendredi 6 août, et le protagoniste s'appelait "Tamborilero", âgé de plus de cinq ans et demi. Ceci explique en partie cela, mais cela ne peut être une explication unique, car certains cuatreños combattus cette année dégageaient des difficultés similaires. "Tamborilero", parfaitement dans le type Núñez avec le port altier haut, sautait à la gorge de quiconque s'approchait de lui à son entrée en piste. Il avait un comportement de fuyard, puis de roublard lorsque les hommes s'approchaient de lui. Il ne poussa pas à la pique et préféra se défendre en faisant violemment sonner les étriers. Ensuite, il fut âpre tout en possédant une charge parfaitement exploitable au troisième tiers. Toutefois, le danger fut permanent. Face à lui, Matías Tejela apparut honnête et courageux. Pour ma part, je ne l'avais jamais vu aussi sincère face à un toro.

Au cours de leurs nombreuses sorties dans des grandes arènes cette année, les Alcurrucén ont souvent affiché un caractère bien plus exigeant qu'auparavant. Et d'ores et déjà, on a pu constater que les "figuras" avaient commencé à les éviter. Et peut-être qu'à l'avenir, les Alcurrucén iront troubler la fête face à des matadors plus modestes. Il faudra ainsi regarder de manière attentive les affiches où cet élevage apparaîtra l'an prochain.

Florent