vendredi 21 janvier 2011

C'était l'année 1991 : "les arènes du littoral catalan"

Vous l'aurez certainement remarqué, la saison taurine 2011 dans le département des Pyrénées-Orientales risque d'être fort intéressante d'après ce qui est annoncé sur le papier pour les trois arènes en activité. Ainsi, Céret verra deux lots de toros, de José Escolar Gil et Couto de Fornilhos, et deux novilladas, de Moreno de Silva et Irmaos Dias. Il y aura aussi des novillos de Christophe Yonnet à Collioure, et de Moreno de Silva à Millas.
En vingt ans, force est de constater que la carte taurine du Roussillon s'est réduite telle une peau de chagrin. Cet article est le premier d'une série qui portera sur la saison 1991 au travers de faits variés qui ont illustré cette temporada, celle d'il y a vingt ans. Personnellement et au vu de mon âge à l'époque, je n'ai pas connue cette année-là sur le plan taurin. Cependant, il est déplorable de voir que sur internet, il n'y a quasiment aucune page traitant de la tauromachie en France avant les années 2000. Pour trouver des informations relatives aux années 1980 ou 1990, il faut ainsi se plonger dans des livres, revues ou journaux.
Je n'aime pas spécialement donner dans le sensationnalisme, mais cet article se base sur une sorte de "fait divers" survenu en 1991. Aussi, l'anecdote permet de montrer qu'il y avait encore un nombre considérable d'arènes il y a deux décennies dans les Pyrénées-Orientales. C'était donc le Jeudi 15 août 1991 comme le rapportent mes diverses sources. C'était à Port-Barcarès, au Nord des P-O, un bled limitrophe avec le département de l'Aude, envahi par les touristes l'été, et déserté l'hiver. En ce jour de l'Assomption, il y avait une novillada dans les arènes portatives de cette station balnéaire, avec au cartel des novillos de Los Majadales pour Cayetano de Julia, Luis Delgado et "El Macareno". L'anecdote tient dans le fait que le quatrième novillo de l'après-midi s'échappa de l'arène démontable au moment de la sortie du picador. Ensuite, il sema la panique près des arènes en ne causant que des dégâts matériels. Non loin de là, il y avait une fête foraine, et la gendarmerie n'intervînt pas... Dans la précipitation, c'est un forain qui abattit le pensionnaire de Los Majadales de plusieurs coups de 22 long riffle. Histoire pittoresque.
Aujourd'hui, on ne parle plus de toros à Port-Barcarès, tout comme à Saint-Cyprien, à Argelès-sur-Mer, ni dans le petit village de Cerdagne, de l'autre côté des Pyrénées-Orientales : Bourg-Madame. Ce dernier ayant eu une courte expérience taurine de 1998 à 2004. Pour ce qui est de Port-Barcarès, de Saint-Cyprien et d'Argelès-sur-Mer, le lobby-anti taurin n'y est pour rien dans la fin des courses de taureaux en ces lieux. Ces trois arènes ont fermé leurs portes presque simultanément, au début des années 1990. Le 5 mai 1992 en Corse, le drame du stade Furiani allait relancer la question de la sécurité dans les enceintes sportives, culturelles et autres... Ainsi, n'étant plus aux normes, c'est pour cette raison que ces quelques arènes du littoral ont baissé pavillon. Au bord de la côte Vermeille, Collioure reste désormais la seule arène en activité. Céret est toujours-là, forte de sa longue tradition taurine. Et puis il y a Millas, qui donne chaque année une novillada depuis 1990. Le 15 août 1991 à Port-Barcarès, "El Macareno" coupa la seule oreille de l'après-midi. Le sobriquet de ce jeune novillero de l'époque n'inspire rien, mais son nom est quant à lui bien plus éloquent, puisqu'il s'agit d'Antonio Barrera.

Florent

(Image : le port de Collioure)

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