dimanche 13 février 2011

C'était l'année 1991 : "Terrible Miurada aux arènes d'Arles"

Publiée il y a une quinzaine de jours, la programmation de la prochaine feria d'Arles ne présage rien d'alléchant au niveau torista. Pas d'innovation, de retour, ou d'originalité qui pourrait faire courir aux arènes un aficionado a los toros curieux et ravi de voir des choses inédites. Cela ne sera malheureusement pas le cas, même si une partie de la camada de Fuente Ymbro s'avère intéressante chaque saison, même si les toros du Scamandre reviennent après une longue absence dans une arène de grande taille, et même si les Miura ont montré des choses prometteuses en 2010 dans ces lieux. Il manque donc cette étincelle, et sans elle les choses sont mornes et tournent à la redondance. Puisqu'il s'agit ici d'évoquer une course de 1991 dans les arènes d'Arles, on peut constater deux points communs entre les éditions 2011 et 1991 : José Pedro Prados "El Fundi" et Miura.
A la fin des années 1980 et aux début des années 1990, les courses de Miura avaient comme une saveur particulière. A fortiori à Arles. C'est dans ces arènes que le 10 septembre 1989, le toro Pañolero brisa la carrière de Nimeño II. Au printemps suivant, le terrible Lamparillo, ouvrant la Miurada de la Feria de Pâques 1990, fit vivre à Victor Mendes le pire moment de sa carrière. Le matador portugais fut violemment soulevé par Lamparillo, et groggy, il connut l'humiliation des trois avis. On imagine donc bien quelle était la tension à l'époque lorsqu'était annoncée une corrida de Don Eduardo Miura Fernández. Le Dimanche 31 Mars 1991, six toros de Miura étaient à l'affiche à Arles, pour Richard Milian, Roberto Fernández "El Quitos" et José Pedro Prados "El Fundi". D'après les différentes reseñas, il s'agissait là de toros imposants, mansos con casta, rugueux et difficiles, qui se rendirent plus d'une vingtaine de fois à la cavalerie avec plusieurs chutes du tandem cheval/picador. Le chef de lidia Richard Milian affronta avec courage deux adversaires particulièrement difficiles, coupant l'oreille du premier. Mais c'est au second toro que la terreur commença réellement à se faire sentir. Le mexicain d'Aguascalientes, Roberto Fernández "El Quitos", effectuait sa présentation en Europe. Confiant, il alla à portagayola accueillir Hablador, un Miura au pelage castaño de 540 kg. Et ce fut le baptême du feu, puisque El Quitos se fit cisailler le bas de l'habit de lumières pendant quelques secondes interminables. Partageant les banderilles avec ses compagnons de cartel, il posa une paire "de calafia" rarement vue dans les ruedos européens jusqu'alors. Richard Milian se retrouvant pour sa part trimbalé sur les cornes d'Hablador au moment de poser les banderilles. Pour le torero mexicain, la suite ne fut que vaillance et difficultés, et il reçut lui aussi une oreille.
C'est donc José Pedro Prados "El Fundi" qui complétait le cartel, lui qui s'était présenté en France dans ces mêmes arènes un an et demi auparavant, en 1989, face à un lot d'Hubert Yonnet. Grand banderillero, lidiador et déjà très bon technicien, il coupa les deux oreilles du troisième, avant de surmonter le grand danger du sixième toro. C'était le 31 mars 1991, l'adversité en piste avec des toros d'une rare violence, et trois matadors au courage énorme. Et les corridas de Miura remplissaient encore les arènes jusqu'à la cime.

Florent

(Photo de François Bruschet : "El Fundi" face à un Miura à Arles, en 2008)

1 commentaire:

  1. Quand on pense que maintenant les Miuras sont dopés ... (en 2010 à béziers, d'après le Dr Hubert COMPAN...)

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