lundi 28 février 2011

Éloge

Il vient de là-bas, là où les oeillets ont fait une Révolution, là où Madère et les Açores sont des archipels lointains même s'ils font partie du territoire. Il vient de là où l'on vend de la vodka aromatisée au cannabis dans les supermarchés, là où lorsque l'on passe de nuit la frontière entre Fuentes de Oñoro et Vilar Formoso, les lumières sont d'un jaune vif, clair et intriguant. Là-bas l'été, lorsqu'il fait 45 degrés, la baignade est tentante, mais l'eau à 16 du fait des courants de l'Atlantique refroidit vite vos ardeurs. Il vient de là-bas, de Lusitanie, là où la mise à mort est interdite par la loi, et seule Barrancos, petite ville frontalière avec l'Extrémadure, procède chaque année à une corrida avec mise à mort de deux taureaux sur sa place publique le dernier dimanche d'août. Il vient de là-bas, du Portugal, un pays passionnant à découvrir.
Lui, le taureau portugais, il a cinquante bonnes raisons de faire un auto-da-fé avec des livres sur la défense de la corrida, puisqu'il est un magnifique argument à lui tout seul. Et quel plaisir de voir en France ce taureau là, que les organisateurs sont allés "chiner" minutieusement. On a la chance de voir chaque année ou presque des cornus portugais dans nos arènes, car de nombreux élevages de là-bas regorgent de choses à la fois intéressantes et d'une beauté incomparable. On n'ira peut-être pas jusqu'à dire que les taureaux portugais sont de garantie, mais très souvent lorsqu'ils sortent, le lot de satisfactions est à la clé. On pense au plus célèbre, le Palha de Joao Folque de Mendoça, tellement aléatoire. Il peut sortir de véritables carnes, tout comme des taureaux qui resteront dans la rétine. Ceux de Bayonne en 2008, terribles et énigmatiques. On pense aussi à Camarito, et à ce dimanche de Pentecôte à Vic-Fezensac, lorsqu'à midi, il remit à l'heure les pendules de notre afición. On pense aussi à l'autre Palha, Fernando. Ou plus exactement, l'élevage des "Herdeiros de Maria do Carmo Palha", avec ces taureaux issus de l'encaste Vázquez, aux armures impressionnantes, aux belles charpentes et aux robes magnifiques. Et lorsque la combativité est au rendez-vous, le bonheur l'est aussi. Puis il y a également les guerriers de Manuel Assunçao Coïmbra, que l'on a connus incertains, puissants, allant même jusqu'à provoquer des émotions rares lors du tercio de piques. La liste est assez conséquente, on pourrait aussi citer Murteira Grave, Veiga Teixeira parmi tant d'autres. Parfois, lorsqu'un lot français laisse ses oreilles sur le sable des arènes, un dicton à la mode énonce "qu'il ne faut pas aller chercher plus loin ce que l'on a sous la main". Je ne sais pas si ce protectionnisme est d'une bonté absolue, et je leur laisse. Mais il est des fois où il faut savoir aller chercher plus loin, là-bas, au Portugal, où se cachent de vrais trésors, des merveilles de taureaux de combat.

Florent

15 commentaires:

  1. Florent Moreau, file réviser tes exams plutôt que d'écrire des articles...
    D.

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  2. Signature très brève, jeune demoiselle résidant à Puteaux...

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  3. Mince, me voilà démasquée...
    A+ et au plaisir de te lire

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  4. Ce qui est dénommé protectionnisme peut également se traduire par soutien ou solidarité à l'égard d'éleveurs français dont les opportunités de lidier leur bétail sont plus que limitées. Les produits des Tardieu, Granier, Riboulet, Darré ou Yonnet (tous entretenant l'élevage d'encastes minoritaires) sont souvent de qualité mais peu au goût des figuras ou du "grand" public. Dommage !!!

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  5. Je pense que les toros français ne sont pas assez présent durant la temporada francaise (hormis 2011, à cause du concours).
    Pourquoi Vic n'a pas mis la concours française pendant la féria ? Pourquoi Bayonne, Dax et mont de marsan ne sortent aucun toro bleu blanc rouge ?

    Les grandes arènes les boudent et c'est bien dommage.

    Il faut de la diversité, des toreros de tous pays et tout continent, et pareil pour les toros.
    J'irais bien voir des toros mexicains à bayonne moi !!

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  6. La cocoriconcours à Pentecôte serait un vrai fiasco pour les élevages français. En aout les dés étaient pipés, Marge devait gagner et les mouchoirs du président étaient cousus entre eux.

    JPc

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  7. Une véritable kermesse, alors que pourtant, il n'y avait pas question à débattre, Pagès-Mailhan et rien d'autre.

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  8. C'est probable, mais on a vu une belle concours contrairement à celle de la féria ...

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  9. Une belle concours ? Mes notes du lendemain :

    La catalogne ce n’est pas suffisant, voila que Vic se prend pour Nîmes , voila que les oreilles tombent par paires, voila que les vueltas posthumes accompagnent les paires d’étiquettes.
    Ce soir avait lieu la corrida concours 100% française avec au final :
    - deux toreros à hombros avec 2 oreilles chacun mais le prix du meilleur torero reste disierto
    - deux vueltas au 5ème de Marge et au 6ème de Pages Mailhan pour se partager le prix du meilleur toro. Muahaha

    Le Yonnet ( né 01/05) est parti tout seul au cheval, on est en corrida concours M Jamon Serrano, il s'affale à la sortie. Pour la deuxième rencontre, le cheval se place à moins de 2 mètres du toro...et le toro s'affale encore à la sortie. La troisième rencontre se fera quasiment au contact de la ligne et sans toucher le peto. Après le toro fait dodo jusqu'à la fin.

    Le Tardieu (né 03/05) est allé 5 fois au cheval sans pousser, est sorti de lui même les 5 fois. A noter une bonne carioca sur la 3ème, il fallait bien le piquoter un peu.

    Ce soir les toreros n'ont pas voulu regarder les toros de 5 ans et nous ont fait des grimaces avec ceux de 4 ans.


    JPc

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  10. tout a fait d'accord avec toi JPc et on pour rajouter la superbe présentation des toros de l'astarac,le premier passons puisque sobrero,mais le second une présentation indigne d'une arènes comme Vic et sans oublié le saboteur de toute les concours Vicoise le président amest.....machin,alors les toros français je veux bien mais a courte dose!!!
    Tien et pourquoi pas une concour portuguaise pour 2012 le dimanche matin avec: Pinto Barreiro,Murteira Grave,Vega teixeira,les deux Palha (joao folque et fernando) et Coimbra!!!

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  11. Je suis d'accord mais il ne faut pas être dupe, jamais il n'y aura une corrida avec 6 toros comme Fosforito lidié par Tomas, Juli et Morante. Il faut se satisfaire du peu de chose que l'on voit, malheuresement...

    En ce qui concerne la présidence, il s'agit d'un jugement donc tout dépend de la personne qui s'y trouve, les avis seront toujours partagés. Ce n'est pas un 100 mètres où le juge est un chrono...

    Serrano s'est excusé au près d'Hubert par téléphone deux jours après la concours... Personnellement je pense qu'il est passé à coté du toro à cause de la première pique; ravageuse.

    Mais j'attends impatiemment la concours vicoise ainsi que celle de Zaragoza le 16 avril !

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  12. Le sujet de cet article était pourtant "les toros portugais"...

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  13. Florent Moreau, file réviser tes exams plutôt que ...

    JPc

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  14. Je cite : "Je suis d'accord mais il ne faut pas être dupe, jamais il n'y aura une corrida avec 6 toros comme Fosforito lidié par Tomas, Juli et Morante. Il faut se satisfaire du peu de chose que l'on voit, malheuresement..."
    Je réponds : face à des toro-toros, il faut des matadores avec du cran, de l'envie et du talent, pas des figuritas suffisantes et capricieuses. Autrement dit, Juli, Morante, Tomas tels qu'ils sont aujourd'hui, dans des places comme Vic, on s'en passe avec joie.

    Pour finir, une concours portugaise serait des plus intéressantes.

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  15. Comme le rappelle Florencio, le sujet était " Les toros portugais", et non pas "cocorico" pour des taurinos véreux comme le clan Margé qui fit indulter à St Gilles un torito anovillado,- d'autres avec lui, comme l'indulto scandaleux de St Martin de Crau- et des bêtes décastées et doméquisées de "nos" éleveurs nationaux, comme on en trouve chaque tarde dans chaque arène espagnole.

    Il me semble que le problème crucial qui touche la corrida n'est pas des élevages "français" ou espagnols, ou mexicains: les chèvres sont PARTOUT, il faut que les éleveurs sélectionnent des toros, et non des toutous à roulettes.

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