samedi 12 mars 2011

Début d'incendie

Valence. Samedi 12 mars. 17 heures. Première corrida des Fallas. Première corrida de l'année dans une arène de première catégorie. Les toros de Victoriano del Río étaient à l'affiche. Un bel élevage de garantie qui assure depuis quelques années la splendide et géniale histoire des arènes de Dax. Avec comme éléments majeurs, Desgarbado, toro gracié après avoir reçu un simulacre de pique. Et deux ans plus tard, le convoi transportant les testicules de l'un de ses frères, qui eut l'honneur de se faire prendre en photo par un radar des Landes. A Valence ce samedi après-midi, il y avait les Victoriano del Río, ces toros qui permettent, qui servent, qui humilient, qui embistent et qui donnent le triomphe. Mais en réalité, le feu se propage depuis bien longtemps dans ce que l'on appelle de manière absurde ces "élevages de garantie", qui sont pourtant chaque saison à l'origine de fiascos retentissants. Le versant triste et commercial de la corrida a recommencé à brûler ce samedi. Il n'y avait plus de billets, le temps était frais et couvert, et sept toros au total sortirent en piste. Quatre marqués du fer de Victoriano del Río, deux de Toros de Cortés (l'un d'origine Los Bayones et l'autre de Salvador Domecq), et enfin un dernier, le septième, de Zalduendo, autre élevage ayant forgé sa légende grâce à des toros encastés et puissants... Rire jaune. Au final, on sera en mesure de relever des armures douteuses, une présentation insuffisante et indigne d'une arène de première catégorie, des piques traseras, des cariocas, des simulacres de pique, des chevaux de picadors très lourds (tiens donc...), de la faiblesse, des toros décastés, des génuflexions, des toros qui s'allongent sur le ruedo, de la sosería, un manque alarmant de caste. Le troisième, destiné par le sorteo à El Juli, était un bicho discret de présentation, noble et mobile à la muleta. En fin de compte, il sera qualifié de toro important, voire de grand toro. Pourtant, il n'y eut rien à la pique, et il s'agissait là d'un toro moderne, adéquat pour le troisième tiers. Tout cela nous donne en résumé un demi-toro sur sept sortis cet après-midi à Valence. Le bilan est maigre. Mais la machine est repartie de plus belle, celle des corridas avec des toros pour faenas d'infirmiers. Avec un Julián López "El Juli" de plus en plus lointain au moment de vérité. Le cinquième Victoriano del Río, un bizco très prononcé, se coucha alors que Vicente Barrera avait la muleta en mains. Point d'estocade, mais un coup de puntilla en terminant avec ce taureau d'argile. Avant de penser à étaler l'art du toreo comme de la confiture et de le transporter au Ministère de la Culture, il faudrait peut-être penser à l'autre protagoniste, détenteur de quatre pattes et deux cornes, et qui sans forces ni caste, n'a strictement aucun intérêt.

Florent

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