jeudi 31 mars 2011

Insondables

"Abolition ! Interdiction ! Sauvages ! Sanguinaires ! Pervers ! Référendum ! "

Il arrive parfois que ces voix hystériques reviennent au galop vous hanter, en arrière-saison, et sèment en votre propre personne une division d'opinions. La partageant entre désolation, colère, frustration et incompréhension. Ainsi je me souviens entre autres exemples d'une discussion avec un jeune de mon âge, dont la thèse était que tous les aficionados sont automatiquement animés de sentiments distingués pour le franquisme ou pour le fascisme. Je dois reconnaître que ce jour-là, j'ai hésité entre rire aux éclats ou lui casser la gueule. Par non violence, cela s'est soldé en destruction verbale mais pondérée.

Qu'il est difficile en tous cas de retenir sa propre passion lorsque l'on dézingue sans fondements votre afición. Et c'est bien là l'un des problèmes majeurs par rapport à la corrida et son point de vue extérieur. Comment résister à ses propres nerfs lorsque l'on voit par exemple des abrutis marcher sur des gens pour sauter et s'attacher avec des chaînes en plein centre d'un ruedo tout en prônant la tolérance ? Encore une histoire de paradoxes. Comment rester de marbre lorsque certains se servent de sondages pour argumenter leur aversion de la corrida ? Pourtant, chacun sait que les sondages ne forment pas une science exacte, a fortiori pour la corrida, qui ne se rattache à aucune catégorie socio-professionnelle particulière, et qui est une tradition méridionale très minoritaire sur l'ensemble du territoire français. Alors, que penser de ces gens qui demandent un référendum sur la corrida et qu'en est-il de leur crédibilité ?

Aussi, il est tout à fait concevable qu'en politique, un parti prenne la défense des Toros, comme en Espagne, mais de là à s'approprier le domaine, il y a un pas à ne pas franchir. La corrida n'a rien à voir avec les sondages, et elle n'a pas à être mêlée à la politique. C'est tout de même malheureux de le constater, mais si elle survit encore aujourd'hui, c'est qu'elle a un côté élitiste pour l'intelligentsia qui y assiste et s'y montre en de grandes occasions. Triste mais bien réel.

Ridicules également, ces communes minuscules de France qui viennent se déclarer contre la corrida alors qu'elles n'en ont jamais célébré et se situent dans des régions où elle n'a pas droit de cité. Pitoyables, ces alliances politiques françaises dont le but est d'éradiquer la tauromachie. N'y a-t-il pas actuellement de cause plus noble à défendre ? Plutôt que de s'attarder sur ce sujet périphérique à la vie de la nation et qui n'a jamais posé de problèmes d'ordre public.

Que doit-on penser lorsqu'à la télévision, face aux indéboulonnables pourfendeurs de la corrida, se trouvent toujours les mêmes personnes qui ne sont pas vraiment les plus adéquates pour en prendre la défense. Dans l'audiovisuel, lorsqu'il est question de ce sujet-là, on y parle de toréadors plutôt de matadors de toros, on y parle de spectacle plutôt que de combat, et on y parle de comas éthyliques relatifs à la fête aux alentours plutôt que de certains toros grandioses qui foulent les ruedos... Et oui, cela existe encore mais n'a aucun écho extérieur. La corrida vit actuellement prisonnière des clichés et du carcan médiatique. Jamais il n'y a eu de juste mesure et de vulgarisation correcte de ce sujet. On en montre la mort, les toreros célèbres, la fantaisie du spectacle, mais rien d'autre. Aussi, ce sont sur ces bases que se fondent les politiques, les médias et les sondages pour aborder ce sujet. Autrement dit, une base totalement erronée. Pourtant, la corrida est avant tout combat, puissance, émotion, courage. Et si un jour elle meurt, ce sera en silence, sans qu'aucun argumentaire valable ne puisse être apporté.

Florent

5 commentaires:

  1. A si peu d'exception près, vu à quoi ils nous la réduisent,et tu es bien d'accord avec ce constat, permets moi de dire que ces écrits - traitant des attaques extérieures -, venant de ta part à ce moment précis m'interpellent quelque peu...Car j'ai envie de dire aussi qu'on s'en tape un peu, vu que le problème n'est pas là.

    J'aurai bien aimé les 3° et 4° lignes du dernier paragraphes, pour la bonne cause.

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  2. Disons que les problèmes ne sont pas sans liens entre eux... Tu comprendras.

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  3. certes ; mais il y a là plus un côté populiste que "technicien".

    Je comprendrai...

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  4. Reprends les trucs un par un et dis-moi donc ce qui te paraît erroné. Tu vas pas nous faire une Jean-mi non plus...

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  5. Je voud demandde de me laissser en deors de tout ca. putaing de klawier

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