jeudi 28 avril 2011

Empreintes de modernité

Plus je vois de courses marquées du fer de Fuente Ymbro et plus j'ai du mal à me dire que cet élevage est potentiellement capable de nous fournir des Corridas de Toros dignes de ce nom. Aussi, je ne sais pas si le propriétaire Ricardo Gallardo se considère comme un ganadero pour aficionados ou pour toreros. Très probablement, il doit vivre dans l'optique d'une formule hybride à sa sauce, en voulant des toros mobiles qui permettent un long troisième tiers conforme à la modernité. A Arles, ses six pupilles d'origine Jandilla étaient joliment présentés il faut le dire, avec de belles armures, et certaines morphologies clairement offensives. Des pelages variés, des noirs classiques, des castaños et un melocotón. Quant au comportement, ce fut mitigé. Certes, il y eut quatorze rencontres avec la cavalerie, mais sans histoire ni émotion. Au final, aucun toro ne restera dans les mémoires, et le tour de piste posthume accordé à l'ultime fut une hérésie. Le lot de Víctor Puerto fut assez faible et de peu de race en apparence, mais il faut souligner qu'il est resté globalement inédit car mal lidié. Les autres : maniable et mobile sans humilier (le second), faible et soso (le troisième), mansote et mobile (le cinquième), et en dernier lieu un véritable... toro de troisième tiers, noble et mobile.
Pour les affronter, il y eut tout d'abord Víctor Puerto, impersonnel et incolore, qui sous-exploita totalement son lot au point de le laisser inédit, même s'il ne s'agissait pas de toros importants. Ensuite, Miguel Abellán, la seule satisfaction du jour au niveau des matadors, qui fit un effort de concision dans ses faenas, avec des cites de loin, des séries courtes et de beaux détails. Il toréa son premier avec élégance à mi-hauteur, puis fut de nouveau très appliqué face au cinquième. Deux fois une oreille pour Abellán, ce qui est loin d'être un scandale, même si l'on aurait aimé davantage d'engagement avec l'épée. Le troisième matador à l'affiche était Matías Tejela. Pueblerino face à ses deux adversaires, il en termina avec son premier soso et juste de forces d'un bajonazo. Le sixième fut mal piqué en trois rencontres, et poussa uniquement à la première. En toro de troisième tiers, il fut mobile, désirant à tout prix boire la muleta de Tejela avec noblesse. Limité et très en-dessous du Fuente Ymbro, Tejela coupa l'oreille du destoreo après un labeur populiste et habituel. Pour la vuelta accordée à "Levantisco", on peut la qualifier de grotesque, et l'avoir donnée pour l'ensemble du lot est une chose encore plus ridicule.
Parmi les meilleurs moments de l'après-midi, il y eut Vicente Yangüez "El Chano", de la cuadrilla de Miguel Abellán, qui s'imposa en grand lidiador et banderillero. "El Chano" salua montera en main après deux paires très exposées au cinquième Fuente Ymbro, et chacune de ses apparitions est à relever, car il est l'un des derniers symboles de l'authenticité de la corrida.

Florent

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