jeudi 28 avril 2011

Panoplie de la médiocrité

Aller aux arènes, c'est prendre le risque d'en ressortir déçu. Tout le monde en est conscient ou presque. Mais c'est aussi la possibilité de tirer des enseignements lorsqu'en piste tout a été fade et sans intérêt.
Arles, Samedi 23 Avril, climat variable, avec froid, soleil et pluviosité. Les six toros de Cuvillo ont été inégaux dans la médiocrité. Malgré la présence au cartel de deux matadors qui ont franchi la grande porte de Las Ventas l'an passé, il aurait été étonnant de voir un lot de Cuvillo des plus prisés de la camada (ceux que les vedettes s'arrachent). Car aucun des trois hommes à l'affiche (Mora, Bautista, Fandi) n'est un membre du "G-10" capable de faire plier empresas ou ganaderos au moindre caprice.
Personnellement, je ne suis pas un assidu de l'élevage de Núñez del Cuvillo, loin de là. Mais il faut reconnaître que le ganadero a la main dessus et sait ce qu'il envoie où et quand. Alors forcément, un lot de second plan peut être encore pire qu'un lot pour vedettes déclarées ou autoproclamées. Et que s'est-il passé à Arles ? Six toritos quelconques de présentation, et au moral variable mais toujours constant dans la médiocrité. Dans l'ordre, un premier complètement décasté, un deuxième soso et aux forces très limitées, un troisième invalide, un quatrième âgé de cinq ans et demi, tardo et arrêté, et deux derniers mansos sin casta. Pas grand chose à dire sur la pique. Voilà donc une parfaite illustration du mauvais taureau commercial.
Côté hommes, il y avait le parvenu David Fandila "El Fandi", auquel ne plaît pas la sobriété lors du tiers de banderilles, l'ancien skieur préférant à cela le spectacle en clouant à corne ultra-passée. Sur six paires de banderilles, une seule fut correcte, faible rendement. Aussi, il fut périphérique et pathétique tant à la muleta qu'avec l'épée. Il y avait aussi Juan Bautista, qui coupa les deux oreilles du second toro de l'après-midi, une bestiole d'une grande sosería. Après une longue faena et une lame trasera, deux pavillons tombèrent du balcon présidentiel, alors que dans de nombreuses autres arènes, un simple salut au tiers n'aurait souffert d'aucune contestation. Le manso cinquième s'abîma une patte en plein milieu du troisième tiers, et le torero local dut se résoudre à prendre l'épée.
Juan Mora, qui n'eut aucune option face au premier décasté et arrêté, ouvrait la course. Il surclassa ensuite ses compagnons de cartel du jour l'espace de quelques instants éphémères devant le quatrième toro. Il s'agissait d'un beau début de faena, avec des doblones et quelques muletazos rares mais fort appréciables. Malheureusement pour Juan Mora, il faut également mettre à son actif de mauvaises lidias et un bajonazo de gala face au quatrième toro. Ces éléments-là sont venus ternir sa prestation. Avec cette corrida de Núñez del Cuvillo, il a été possible de constater une fois de plus que les élevages de garantie n'existent pas, hormis dans l'imaginaire de ceux qui en récoltent un gain pécuniaire.

Florent

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