dimanche 5 juin 2011

Les joies du corralero

Palha aux abonnés absents. Palha se saborde de plus en plus, avec comme ultime illustration le lot de "toros" (entre guillemets c'est important) envoyé à Madrid la semaine dernière. Imprésentables de trapío et décastés, à part la noblesse molle d'un premier toro qui ne fut pas mis en relief par un Luis Bolívar toréant de très loin. Il y avait aussi un sobrero manso de Carmen Segovia, devant lequel Salvador Cortés donna l'impression de vouloir rester jusqu'à la fin des temps, sans pour autant proposer quelque chose de digne. Et puis il y avait le subalterne Domingo Navarro, dont l'omniprésence dans la lidia fait toujours plaisir à voir. Sinon, avec cette course de Palha, tout devait se finir vite, car le froid se posait minute après minute sur Las Ventas.
Cependant, les sorteos distribués à l'entrée des arènes sont toujours utiles. Et sur celui de cette course du 1er juin figurait Bombero, un jabonero de cinq ans et demi du fer d'Aurelio Hernando, d'encaste Veragua. Bombero était présent en tant que second sobrero une dizaine de fois environ depuis le début de la San Isidro. Le fait de savoir la présence d'un tel toro dans les chiqueros était intriguant, et donnait encore plus envie de plébisciter le renvoi du sixième Palha aux corrales. Par chance, le Palha fut faible, mouchoir vert !

Le sourire est de mise, on va voir Bombero sortir en piste. Un corralero certes, mais pas n'importe quel corralero ! Et il eut il est vrai ce comportement caractéristique des toros qui arpentent longuement les coulisses d'une arène. Caminante no hay camino, comme le disait Machado. Trois fois, Bombero est retourné dans le toril en apercevant la gigantesque piste madrilène. Les gens ont ri, ne connaissant probablement pas le destin de ce toro, et surtout plus grave quand on se dit aficionado, les caractéristiques d'un corralero. Bombero donc, cinq ans et demi, 593 kilos, lourd, bas et sérieusement armé. Manso et semant la panique en début de combat, fort intéressant. Personne ne le canalisa et il alla démolir la cavalerie de réserve à la première rencontre. Après, il a été honteusement carioqué. Quatre piques au total, et des forces intactes au début du troisième tiers ! La gueule fermée, et une belle mobilité. Bombero eut par ailleurs cette transmission qu'ont les toros hors circuit commercial. En début de parcours, le matador David Mora parvint avec grand courage à se mettre au diapason de ce jabonero puissant et rustique. Un toro intéressant, vraiment mobile et solide, auquel il était possible de couper au moins une oreille en étant dans un bon jour. Hélas, l'ensemble baissa d'intensité, mais l'on vit un vrai taureau de combat, d'un grand intérêt pour nos rétines d'aficionados. C'est ainsi, et l'on quitta Las Ventas en oubliant un peu plus l'élevage de Palha et avec l'envie de connaître un peu plus celui d'Aurelio Hernando.

Florent

(Image de Juan Pelegrín : "Bombero" lors de sa première rencontre avec la cavalerie)

5 commentaires:

  1. c'est vrai que c'était chouette de voir ce toro en piste après l'avoir aperçu tous les jours en tant que 2ème (??) sobrero sur les apartados.

    Par contre, le 27 mai, il y a eu 4 sobreros mais pas de bomberito...

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  2. Car il n'y avait pas les mêmes sobreros les jours de corridas avec les toreros de seconde zone et les jours de corridas pour figuras. Il était sûrement inconcevable pour Manzanares, Juli ou Morante de se retrouver face à un tel sobrero...

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  3. Un manso de libro de tipo extraño?

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  4. Un verdadero toro de lidia, muy interesante desde su salida de chiqueros hasta la estocada.

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  5. le 7 mai, première apparition de Bombero sur l'apartado des Conde de la Corte ! Soit 26 jours dans les corrales de Las Ventas ...

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