samedi 27 août 2011

Mimizan-Plage à l'échelle nationale

129 % des français se sont prononcés contre la corrida du Samedi 27 août à Mimizan.
168 % des français estiment qu'au moins un des six toros combattus à Mimizan sera récompensé d'une vuelta posthume.
42% des français pensent que Joselito Adame effectuera en premier lieu un salut au tiers avant de couper une oreille face à son second adversaire.
87% des français pensent qu'il y aura entre 20 et 30 000 anti-corridas présents à Mimizan ce 27 août.
87% de ces mêmes français considèrent qu'il y aura 28 000 personnes sur les gradins ce jour-là, tandis que les Renseignements Généraux évaluent ce nombre à 23 000.

A lire et à entendre depuis plusieurs mois les conversations à propos de la corrida qui aura lieu à Mimizan-Plage aujourd'hui, on a l'impression qu'il s'agit d'un évènement d'ampleur nationale. Ces derniers jours, les organisateurs de la corrida ont même eu l'idée d'écrire, je cite : "Les anti-taurins ont choisi de faire de Mimizan un test. Ils veulent se compter et ils veulent aussi nous compter. Il faut donc montrer notre détermination et notre force en venant nombreux aux arènes de la Perle de la Côte d'Argent". Un tel argument marketing à propos d'une corrida est une véritable honte à mes yeux. En suivant cette démarche, il faudrait ainsi aller aux arènes pour montrer une supériorité numérique par rapport aux antis-corridas. Et ce qui se passe en piste alors ? Qu'en fait-on ?

Pour ma part, je n'assisterai pas à cette course, car n'étant pas dans le coin, ainsi que pour d'autres et diverses raisons. Dans tous les cas, je ne me prononcerai pas sur la substance de cette corrida mais plutôt sur l'atmosphère qui règne au-dessus d'elle depuis un certain temps. J'ai pu lire à plusieurs endroits et de la part de certains claviers que ce 27 août à Mimizan pouvait être l'occasion pour un détraqué "de mettre à mort un aficionado", ou encore, qu'il puisse s'agir "d'une tuerie d'Oslo devant une arène". Vous en connaissez beaucoup vous des aficionados qui seraient prêts à se faire trouer la peau pour une corrida de l'Astarac ?

On nous a ainsi vendu cette course comme la grande étape de la Guerre entre pros et antis. Par ailleurs, l'organisateur a même trouvé le moyen d'intituler fallacieusement son évènement "Corrida de la Liberté". Quelque chose d'exceptionnel et sans précédent !

Pourtant, des aficionados m'ont raconté à plusieurs reprises – et c'est un exemple – la première corrida de Floirac en 1987, lorsqu'ils entrèrent aux arènes entourés de CRS. Il y en aurait d'autres à évoquer, mais à côté de ces exemples, Mimizan est-il réellement un summum ? Dans la catégorie "summum de la surenchère du ridicule", c'est très probable.
Aussi, Mimizan a déjà organisé des courses, et sur le plan géographique, se situe dans les Landes, avec au Nord Parentis-en-Born et de très nombreuses autres arènes au Sud. Alors à quoi bon un tel battage médiatique ?

Plusieurs fois, les organisateurs ont évoqué la novillada déjà célébrée en 2009 en ces lieux pour légitimer la corrida de 2011, mais en ont-ils suffisamment parlé, plutôt que d'annoncer la course du 27 août comme "La première corrida de l'histoire à Mimizan" ? Ce qui est toutefois vrai puisqu'il s'agit de la première corrida formelle.
Avec une lettre ouverte de ce genre adressée à la presse en général : " Dans ces mêmes arènes de Mimizan, le mercredi 5 août 2009, il y eut une novillada non piquée avec mise à mort voyant six erales (taureaux âgés de deux à trois ans) de Frédéric Lescot et Roland Durand être combattus par Diego Fernández, Mario Alcalde, Juan Leal, Mateo Julián et la torera à cheval Noelia Mota. Ainsi, devant cet ancrage de la tauromachie espagnole à Mimizan, au coeur d'une région qui plus est taurine, notre corrida du 27 août prochain est parfaitement légale sur le plan juridique", les organisateurs se seraient épargnés un grand nombre de querelles inutiles par la suite.
A la place, ils se sont institués en martyrs de la corrida en France et ont appelé tous les aficionados à se rendre à Mimizan aujourd'hui, ville devenue centre du monde pour le coup ! On pourrait aussi penser dans ce contexte qu'il y a bien là le syndrome du journaliste-organisateur, à la fois juge et partie. Car pas plus tard qu'hier, le martyr d'aujourd'hui qui incite au rassemblement ne se privait pas pour "descendre" littéralement d'autres organisateurs, surtout à Orthez, ainsi que d'autres journalistes, comme David Bessières pour ne pas le citer.
Mimizan-Plage, beaucoup de bruit pour pas grand-chose. Mais l'important, et ne le perdons pas de vue, c'est bien ce qui se passe en piste.

Florent

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire