vendredi 23 septembre 2011

Ces très chers ultras

Ils ne sont pas venus. Où c'est qu'ils étaient ? Où c'est qu'ils sont ? Oh les cons !

Au cours d'une saison taurine, on voit toujours naître de la part des plumes ou claviers autorisés des qualificatifs laudateurs concernant une catégorie de gens étranges : les ultras, les aigris, les gardiens du temple, les coupeurs de cheveux en douze, les voyeurs, les éternels insatisfaits, les ayatollahs, les grincheux, voire même les viandards ! Si, si ! Cette dernière appellation est authentique et m'avait par ailleurs fait beaucoup rire il y a quelques années maintenant, lorsqu'elle fut utilisée par le chantre de la tauromachie en France, vous devinerez. Je ne me souviens plus de la teneur exacte du papier contenant ce coquet surnom, mais il devait être un aveu d'énervement. Du style : Non, ce ne sont pas des aficionados a los toros, ce sont des Viandards ! Point barre.
Si je viens à évoquer aujourd'hui cette catégorie diabolisée, c'est pour rebondir sur un discours à la mode qui me lasse profondément. En effet, combien de fois a-t-on pu lire ces derniers temps des sentences du genre "Un tiers d'arène pour la corrida-concours d'Arles. Où étaient donc les toristas ?"
Pour ma part, le thème du remplissage des arènes un jour de corrida est bien le dernier sujet sur lequel je me verrais débattre. Par ailleurs, il s'agit-là d'une question difficile à aborder, car je ne pense pas être le mieux placé pour en rendre compte. Pour être honnête avant d'entamer mon propos, je reconnais qu'il m'est arrivé à plusieurs reprises de ne pas avoir à payer une entrée aux arènes, mais jamais pour le compte de ce blog. Et puis quand on a vingt ans... Bref, trêve de populisme de ma part. Trois lignes c'est largement suffisant !

Dans tous les cas, l'idée de poser l'interrogation du "pourquoi certaines personnes ne sont pas venues ?" ne me viendra jamais à l'esprit. Après tout, les gens sont libres de se déplacer et de payer pour les courses de leur choix. Pour ce qui relève des corridas où le remplissage n'a pas été jugé "satisfaisant", je serais curieux de savoir sur quoi se fondent certains imposteurs pour stigmatiser l'afición a los toros et se livrer à d'effroyables amalgames. Après tout, pourquoi ne s'en prennent-ils pas également – et j'invente – aux m'as-tu vu ? A ceux qui s'en foutent ? Aux spectateurs occasionnels ? Aux plagistes ? A ceux qui écrivent avec la main sous la table en quête du prix Hemingway ? Et que sais-je encore.
Que les revisteros, photographes, ou multi-fonctions pointent du doigt lors de courses sérieuses l'absence des personnes habituées aux corridas commerciales et qui y vocifèrent "des toros ! des toros !" lorsque les bêtes sont trop indigentes, cela reste encore acceptable sur le plan moral. Mais s'en prendre façon vindicte populaire aux aficionados a los toros, c'est encore autre chose, impossible à cautionner. Au cours de la dernière corrida-concours d'Arles, peut-être que les plumes autorisées ont pensé qu'il y avait 50 000 aficionados a los toros en France, et qu'il aurait en conséquence dû y avoir une queue à la taquilla allant jusqu'à Saint-Martin-de-Crau.

Ce qui me gêne personnellement, c'est que les personnes qui dénigrent en utilisant les termes "ultras" ou "ayatollahs", ne savent généralement pas ce qu'est de payer une place aux arènes. Dans le cas inverse, si elles avaient dû mettre la main au portefeuille pour toutes les courses vues à l'oeil au cours d'une saison, probablement qu'elles se retrouveraient à la fin de celle-ci avec au maximum un tube de dentifrice dans leur besace.
Bien évidemment, il s'agit-là de mes convictions. Mais il me semble bien que ceux qui dénoncent des "vides" sur les tendidos sont en partie responsables de cette réalité. Car oui, lorsque l'on préfère en faire des tonnes pour les courses à paillettes, à la fois celles des stars vêtues de lumières, et celles des toros de Victoriano del Río qui se font flasher par les radars Landais, tout en laissant une place très mineure à la couverture des corridas et novilladas de respect, on devient forcément un peu coupable du constat que l'on dresse ensuite. Encore une histoire de pompiers pyromanes. Et si plutôt que d'encenser les triomphes galvaudés ou les faenas de 80 passes devant des bêtes dociles, ils s'étaient mis dans leurs reseñas à valoriser le Toro, la lidia, et les arènes sérieuses. Qu'en serait-il ?

Florent

3 commentaires:

  1. Attention!
    Ne pas confondre les viandards et les viardars.
    Bien qu'il existe aussi des déviards, voire des viardirs (oups! je m'embrouille...)

    RépondreSupprimer
  2. Bien vu ,Florent.
    Ce n'est pas demain la veille,surtout après Barcelone,que ceux qui préfèrent encenser la corrida-paillette vont s'arrêter en si bon chemin! Notre guide suprême de la tauromachie en France ne dit-il pas récemment(17 septembre)dans son édito("L'avant dernière"):"Le triomphalisme bon marché est le meilleur antidote contre les antis".

    manolo

    RépondreSupprimer
  3. "A ceux qui écrivent avec la main sous la table en quête du prix Hemingway ?" Ouh-làààà ça, c'est pour moi, j'en ai si souvent parlé. Je le découvre par hasard car j'avoue ne pas avoir l'habitude de venir te lire. Il semble que tu règles beaucoup de comptes dans chacun de tes articles... quand je pense à mon enthousiasme sur la chose taurine quand j'avais ton âge... la différence est abyssale... C'est même un peu triste : l'habit de moraliste-justicier sied mal à la jeunesse il est vrai souvent en quête de crédibilité. Je ne savais pas que je faisais de l'ombre à quelqu'un en décrivant mes affres comico-littéraires... Au fait, non... quand je me masturbe je pense encore à des femmes, et c'est toujours par plaisir, jamais par nécessité. Et puis ce qui doit être jouissif c'est de l'avoir, le prix, pas de le tenter ! Allez petit Florent, en te souhaitant de le remporter un jour, bonne route et ne te trompe pas d'ennemi. Si ça te fait plaisir que je mette ton blog en lien sur le mien, dis moi-le. Je ne suis pas rancunier ( je ne peux pas avoir tous les défauts...) mais ne voudrais pas le faire sans ton aval et - par exemple - à ta grande honte... Ciao !

    RépondreSupprimer