mercredi 19 octobre 2011

Fête nationale

En fin de semaine dernière à Saragosse, il était impossible de parcourir plus de cinquante mètres autour des arènes sans tomber sur l'affiche du concours de recortadores avec les toros de Fernando Pereira Palha. Cette course dénommée "populaire" venait d'avoir lieu en matinée du 12 octobre, jour de la fête nationale espagnole. Je n'ai ni vu les recortadores esquiver les assauts des magnifiques toros illustrant les affiches, ni même la corrida qui eut lieu le même après-midi, avec du bétail de Parladé. Je sais simplement que lors de cette corrida, le mouchoir vert est tombé à quatre reprises. Symptomatique de la tauromachie actuelle, où l'on offre une place démesurée aux bêtes commerciales et indigentes, et en donnant trop peu l'occasion de briller aux élevages de Toros de combat. Pourtant, la corrida est historiquement caractérisée comme "Fiesta Nacional" en Espagne. Mais sûrement à cause de l'argent et de quelques intérêts, elle est désormais et malheureusement aux abois, se coupant toujours plus de ses racines populaires.

A chaque pré-saison, on entend les discours éplorés de commissions taurines ou d'organisateurs se plaignant d'avoir un choix restreint en matière d'élevages de "garantie". Et dans tout cela, c'est comme si l'élevage de Fernando Pereira Palha, parmi d'autres, n'existait pas. Prendre un risque à l'heure actuelle dans la composition d'une feria est quelque chose d'impensable pour la grande majorité de ceux qui les bâtissent, car il y a d'après eux l'obligation de garantie, avec des toros qui mettent la tête, permettant aux toreros de donner des passes, et aux spectateurs de passage d'en avoir pour leur argent. Pourtant, nous aficionados, aimerions tant admirer ne serait-ce qu'une fois, les charpentes et les robes multicolores des toros de Quinta da Foz. Parce que l'histoire de cet élevage est merveilleuse, parce que ces toros de Casta Vazqueña ont dans le sang et dans le ventre quelque chose de peu commun, et car lorsque l'on se penche sur les faits qui ont permis l'existence de cet élevage, on reste rêveur, avec la fabuleuse histoire de la vache Chinarra, dernière "Duchesse", sauvée de l'abattoir par David Ribeiro Telles, beau-frère de Fernando Palha.
Il y a une dizaine d'années, ces toros foulaient encore les ruedos pour y être combattus, et n'étaient pas réservés comme maintenant qu'aux acrobaties des recortadores et aux courses de rues. Sur le papier de présentation de la corrida que je suis allé voir à Saragosse – celle de Prieto de la Cal –, il y avait une curiosité, avec la présence dans les cuadrillas du jour de deux anciens et vaillants matadors de la fin des années 90, Rafael González et Juan Carlos García, en sachant que le premier des deux avait pris l'alternative à Céret... face aux toros de Fernando Palha.

La corrida de Prieto de la Cal en question a pour sa part été décevante. Et l'on constate que ces deux dernières saisons, cette ganadería n'est pas sur une bonne pente. Cependant, les toros de Prieto nous ont émerveillés jusqu'à récemment encore, comme me le faisait remarquer durant la corrida le cérétan José Angulo, avec le souvenir du toro Aguardentero combattu lors de l'exceptionnelle corrida-concours d'Arles, c'était il y a deux ans à peine. Et cela aide à garder espoir pour cet élevage. De la corrida de Saragosse, on retiendra que les Prieto ont déçu tant par leur présentation, certains trapíos et plusieurs cornes étaient contestables, que par leur moral, manquant de puissance et de caste.
Le toro le plus intéressant de l'après-midi fut un exemplaire d'Alcurrucén, sorti en quatrième position et complétant le lot, puisque les vétérinaires ne validèrent que cinq exemplaires de Prieto de la Cal. Barbero, du haut de ses cinq ans et demi, eut le comportement typique des Núñez dès le début de son combat. Suelto, abanto et froid, il alla mettre à terre le picador dès son entrée en piste, avant de prendre quatre autres rations de fer en sortant seul de la cavalerie. A la muleta, il était un toro exigeant, regardant sans cesse l'homme et lui demandant les papiers. Par chance, c'était Fernando Robleño sur son chemin, un torero expérimenté qui livra là une honorable prestation, pleine de courage et de sérénité. Voilà un matador indispensable à la corrida actuelle, on ne pourrait par ailleurs que trop conseiller aux générations futures de s'en inspirer.

A la sortie des arènes, voilà que me caressait l'esprit l'envie de revoir dans les ruedos des combats avec les toros de Don Fernando Palha...

Florent

3 commentaires:

  1. No comparto su crónica y detalles menos , infórmese que ocurrió en los corrales y que decidió el Presidente en contra de Ganadero y Veterinarios presentes.
    El año pasado la novillada de Prieto de la Cal fue ganadora del premio a la mejor en Zaragoza, y gano la novillada concurso en Collado Villalba, y en Trillo fue premiado un novillo con vuelta al ruedo y este año ha ganado el premio en Lodosa al novillo mas bravo......
    Un saludo

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  2. No he visto la novillada de Prieto del año pasado en Zaragoza, pero algunas personas me dijeron que efectivamente fue un buen lote. No he visto ni he entendido hablar del novillo de la concurso de Collado Villalba, de los lotes de Trillo y Lodosa. Pero asistí a la corrida de Zaragoza, a las novilladas de Arnedo 2011 y Parentis-en-Born 2010, y tengo amigos que me hablaron de la corrida de Tafalla... Al menos podemos decir que este hierro tiene irregularidad. Aunque estos últimos años hubo toros realmente importantes como lo dije en el artículo : Aguardentero en la corrida-concurso de Arles, o la corrida del año pasado en Saint-Martin-de-Crau como otros ejemplos.

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  3. Y lo de los corrales de Zaragoza, sólo sé que había 9 toros de Prieto de la Cal a principios, y que al final se lidiaron 5... Lo que ocurrió dentro de estas dos etapas, no lo sé.

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