jeudi 27 octobre 2011

Ultra-Violets pour Toreros Friqués

"Les riches c'est fait pour être très riches, et les pauvres très pauvres". Don Salluste (Louis de Funès). La Folie des Grandeurs. 1971.

Chères vedettes,
L'an prochain, il fera grand soleil à Nîmes, aussi bien au mois de mai qu'en septembre. Même si cette ville s'est auto-exclue il y a quelques années, nous vous la conseillons tout de même. Dans les Landes, en juillet et en août, vous passerez par Mont-de-Marsan puis Dax, les toros sont mignons, la fête est sympa et la musique est bonne. Bayonne n'est pas très loin. Béziers et Arles vous plairont également. Quant à Vic-Fezensac, nous n'aborderons pas le sujet tout de suite, mais nous n'excluons pas pour autant un éventuel changement, qui pourrait permettre de vous y rendre d'ici un ou deux ans...

Samedi dernier, un "G7" de la tauromachie en France s'est réuni à Bayonne. A la suite de ce sommet, un communiqué a été publié, et il amène à diverses questions et observations.

"Pour la première fois, à l'initiative des maires de Bayonne, Dax et Mont-de-Marsan, s'est tenue le 22 octobre à Bayonne une rencontre historique entre les sept organisateurs publics et privés des arènes françaises de 1ère catégorie.

Dans le contexte de crise économique mondiale et dans le but de pérenniser la tauromachie, aujourd'hui inscrite au patrimoine immatériel culturel de la France, l'ensemble des participants (Bayonne, Dax, Mont-de-Marsan, Arles, Nîmes, Béziers et Vic-Fezensac), à l'unanimité, a décidé de signer une charte définissant des règles communes afin de garantir l'avenir des places taurines françaises de façon solidaire.

Notons qu'ici, il est question "de garantir l'avenir des places taurines françaises de façon solidaire". Pourtant, seules sept d'entre elles étaient conviées et représentées à cette réunion.

Il a été convenu :

- De créer un groupe de travail visant à obtenir l'application du taux de TVA relatif aux spectacles vivants et culturels ;
Au mois de Septembre, des brèves sont apparues dans les revues Toros et Semana Grande, selon lesquelles des aficionados ont fait savoir que certains billets de corridas de fin de saison portaient la mention "TVA 5,5 %", sans qu'une baisse du prix des places soit constatée.
En conséquence, qu'en serait-il de la répercussion sur le prix des places si un nouveau taux de TVA venait à s'appliquer ?
Le taux de TVA actuel est-il considéré par les organisateurs comme un manque à gagner par rapport au futur taux de TVA envisagé ? Ou est-ce une démarche délibérée des mêmes organisateurs afin de permettre un meilleur accès à la tauromachie espagnole en France ? J'ai pour ma part bien peur qu'il s'agisse davantage de la solution n°1.

- De réduire les honoraires des toreros et le prix des élevages de 20 % pour les cachets et les contrats supérieurs à un montant de 60 000 euros ;
L'idée est louable. Cependant, un plafond maximum a-t-il été fixé pour les honoraires des toreros et ganaderos ?
La question de la présentation des toros qu'affrontent les vedettes a-t-elle été prise en compte ? Car hormis l'aspect financier, celui de la qualité des corridas proposées n'est pas négligeable (meilleure présentation des toros dans les grandes arènes). Surtout lorsque l'on pense aux multiples demandes des aficionados ces derniers temps.
Si cette baisse de 20 % est effective, n'y a-t-il pas pour le coup une obligation de transparence et d'information de la part des organisateurs ?

- De revaloriser dans la même mesure (20%) les cachets des toreros les plus modestes.
Pourquoi pas là-encore, tout en ayant à nouveau une obligation de transparence.

Par ailleurs, pour l'ensemble des novilladas, piquées et non piquées, il est décidé de faire appel aux ganaderos français, dans la mesure de leurs possibilités.
La question du protectionnisme est souvent de mise lors des diverses réunions et congrès de fin de saison.
Toutefois, si l'on se penche plus généralement sur les stats de l'intégralité de la saison française 2011, on constate que la profession de l'hexagone (toreros et éleveurs) est loin de constituer une portion congrue. Voici quelques chiffres :
Saison française 2011. 76 Corridas de Toros / 35 Novilladas / 44 Novilladas non piquées.
Sur 76 Corridas, un total de 443 toros ont été combattus, dont 79 provenant d'élevages français.
Sur 35 Novilladas avec picadors, un total de 208 novillos ont été combattus, dont 56 provenant d'élevages français.
Sur 44 Novilladas non piquées, un total de 202 erales ont été combattus, dont 146 provenant d'élevages français.
Quant aux toreros ; 217 "postes" étaient à pourvoir sur les 76 corridas organisées, 69 l'ont été par des matadors français. Et enfin, sur 104 "postes" à pourvoir sur les 35 novilladas organisées, 37 l'ont été par des novilleros français. Dans les deux cas, le ratio est aux environs d'un tiers, ce qui signifie qu'il y eut quasiment un français à l'affiche de chaque corrida ou novillada.

Cette charte sera proposée à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale de l'UVTF, afin d'être discutée et appliquée dans l'ensemble des arènes françaises.
Même question qu'au début. Cette réunion du 22 octobre était-elle un accord entre les 7 "plus grandes arènes" de France ou bien une sorte d'Avant-Congrès de l'Union des Villes Taurines de France ?

La réunion des sept arènes de première catégorie est fondatrice d'un groupe qui se réunira aussi souvent que nécessaire."

En résumé, on aurait aimé que d'autres questions soient abordées et dévoilées lors de ces "assises" de la tauromachie, avec moins de zones d'ombres. De la théorie à la pratique, n'y a-t-il qu'un pas ? En tant que contre-exemple, on peut se référer aux "Objectifs de la Nouvelle Présidence de l'Union des Villes Taurines de France" publiés le 2 décembre 2010. Publiés ou Oubliés ? Voici quelques extraits.

"Moderniser la gestion de l'institution UVTF, mais aussi par un effet incitatif, du monde taurin français en général, pour adapter la tauromachie aux exigences de l'époque actuelle, tout en faisant respecter l'intégrité du spectacle taurin qui ne peut se concevoir que dans le respect strict de grandes règles fondamentales ; INTÉGRITÉ DU TORO / RESPECT DES TERCIOS"
Y-a-t-il eu respect de cette intégrité en conséquence en 2011 dans les grandes arènes ? Notamment à Dax, à Mont-de-Marsan, et ailleurs... ?

"L'UVTF doit engager des actions pour permettre de réguler l'inflation galopante des prix des entrées, afin de conserver l'assise populaire de la culture taurine, et favoriser sa transmission aux générations futures."
Si quelqu'un pouvait m'éclairer sur ce point, car je n'ai pas constaté de changements pour la saison 2011.

"Assainir le monde taurin [...] Les sanctions règlementaires doivent être réformées pour être justes, dissuasives, tout en favorisant le spectacle."
Attendons par exemple les résultats des analyses de cornes de l'année écoulée, et voyons si l'UVTF prendra en conséquence des mesures. Par ailleurs, mentionnera-t-elle le cas de novillero(s) forfait(s) de certains cartels par le biais de faux certificats médicaux cet été, afin de proposer par exemple une interdiction d'un an de toréer en France ?

"PAS DE GRANDES OU DE PETITES ARENES [...] La tauromachie est une, multiple est variée, depuis une novillada sans chevaux d'un village jusqu'aux corridas de vedettes des grandes férias. C'est cette diversité de spectacles qui permet à tous d'accéder à la culture taurine, quel que soit l'âge ou les moyens financiers."
Disons que ce point ne légitime pas réellement la création d'un G7, surtout au vu de son intitulé.

Il y a comme un problème...

Florent

4 commentaires:

  1. Il y a des callejons qui risquent d'être difficiles d'accès pour Florent, sinon prohibidos....

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  2. Et ce n'est pas un drame, loin de là.

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  3. ce G7 est ridicule
    quand la solidarité évoquée n'est qu'un exercice mercantile il n'y a rien à en attendre de bon
    une tentative maladroite de communication un vrai brassage d'air

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  4. C'est bien parce que je sais que çà n'est pas un drame pour toi, puisque tu n'as pas peur de mettre les pieds dans le plat, que je l'ai écrit, en toute amitié et sans arrière pensée.
    *Abrazo
    Au fait, vous étiez où, après la course?

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