samedi 12 novembre 2011

Dernières lumières

Une grande première de la part de la Peña Jeune Afición de Saint-Sever à l'occasion de ce 11/11/11, avec le pari de réunir en un tentadero de machos et en une non piquée, onze bêtes de onze encastes différents. En poussant davantage l'idée, 11/11/11, cela aurait pu donner quelque chose sous la forme de onze toros d'encastes différents / onze matadors différents / onze picadors choisis et rémunérés directement par les organisateurs. 33 noms sur une même affiche, il faut reconnaître que ça aurait de la gueule ! Mais le coût n'est pas le même, la saison ne s'y prête pas, le contexte non plus, et il serait probablement difficile d'être réceptif pour autant de combats sous cette forme.

Avec ses moyens et son afición, la Peña locale est parvenue à donner vie à sa journée singulière. Au final, le résultat fut plutôt décevant, notamment à cause des nombreux signes de faiblesse chez les bichos. Mais ce serait une ineptie totale de résumer la santé des différents encastes aux seuls combats du jour, a fortiori lorsque les bêtes sont âgées de deux à trois ans. Le résultat étant de ce fait aléatoire. Il est ainsi impossible de tirer des conclusions sur cet évènement original et unique jusqu'alors, et il n'est pas à considérer tel un échec. Pour parler de cette journée taurine, le mieux reste de procéder au cas par cas.

Le matin d'abord, et sous un soleil frais, il y eut un tentadero de machos avec cinq exemplaires, et autant de pouces vers le bas de la part des ganaderos à l'issue des lidias.

10 heures 02. Le pensionnaire de la ganadería Valrubio (encaste Vega-Villar, n°28, negro bragado meano lucero girón, guarismo 9) ouvre le bal des onze, s'avère abanto, puis accuse le coup après deux rencontres au cheval où il se défendit simplement. Ensuite, il fut très noble mais également très faible à la muleta.

10 heures 31. Entrée en piste de l'eral de Mariano Cifuentes (encaste Coquilla, n°18, negro entrepelado, guarismo 0), très vif dans la cape, brave pour de vrai à la première rencontre, se défendant sans continuité à la deuxième, et se cassant malheureusement la corne gauche contre le caparaçon à la troisième. En conséquence, bien peu de choses par la suite.

10 heures 48. Léger, armé large et astifino, voilà le bicho du fer landais de Malabat (encaste Atanasio-Conde de la Corte, n°26, negro meano, guarismo 9) qui se défendra sans pousser en quatre assauts face à la cavalerie. A la muleta, il était peu évident et Fernando Cruz commenca mal son labeur. Mais on vit en fin de compte un combat intéressant entre le Malabat, compliqué et donnant de nombreux avertissements même s'il passait dans la muleta, et Fernando Cruz, courageux et décidé à ne pas abdiquer. Un pinchazo, une entière engagée et deux descabellos mettent à 11 heures 11 fin à la vie publique de ce novillo qui venait de montrer un certain fond de caste.

11 heures 15. Eral de Gustal de Campocerrado (encaste Arranz, n°2, negro, guarismo 9), élevage inconnu au bataillon, comme quelques autres lors de cette journée. Au départ, cet exemplaire a été tout à fait quelconque, se collant à chaque fois contre le cheval lors des trois rencontres, puis mou et maniable en début de faena. Il était en réalité à géométrie variable, puisqu'il changea littéralement en un instant pour devenir âpre, très avisé et dangereux. A trois reprises, il souleva Raúl Velasco, vaillant dans l'adversité.

11 heures 38. Le dernier de la matinée provenait de chez Andrés Celestino García (encaste Santa Coloma, branche Dionisio Rodríguez, n°7, negro, guarismo 9). En somme, une petite bestiole, invalide après le premier (poussé sur une corne) de ses deux contacts avec le groupe équestre. Ennui, car eral noblón et extrêmement faible.

Enfin l'après-midi, il n'était plus question de piques, alors que les habits de lumières et les banderilles avaient fait leur apparition. On notera par ailleurs que pour cette novillada non piquée, les organisateurs ont probablement fait une meilleure entrée que celles des deux novilladas piquées qui eurent lieu cette saison dans les mêmes lieux. Belle chambrée sur les gradins donc... et no hay billetes apparent en callejón.

16 heures 16. le sixième cornu de la journée est de Pablo Mayoral (encaste Veragua, n°4, au pelage oscillant entre le jabonero claro et l'ensabanado en fonction de sa position dans l'arène, à l'ombre ou au soleil, guarismo 9), et j'ignorais jusqu'à il y a peu que cet élevage possédait des animaux de cette origine qu'est la Casta Vazqueña. L'eral en question : joli de présentation, noble et très faible.

16 heures 38. C'est un Castillejo de Huebra (encaste Murube, n°117, negro, guarismo 9) qui apparaît sur le sable des arènes. S'agissant de cet élevage, la destinée la plus probable de ce numéro 117 aurait été celle d'une corrida de rejoneo. Retenu dans le onze de départ de cette journée, il était "manso con nobleza", et fut toréé totalement fuera de cacho par le novillero Borja Jiménez, détenteur d'un bagage technique certain, mais qui aurait tout de même pu être bien moins distant avec le Murube lors de son ouvrage. Une oreille après un pinchazo et une épée basse.

16 heures 58. C'est le tour du Cruz Madruga (encaste Martínez, n°7, negro bragado meano, guarismo 9), invalide de A à Z.

17 heures 22. Le propriétaire de l'eral est Victorino Martín. Le fer, c'est celui de "Toros de Urcola" (encaste Urcola, n°68, negro, guarismo 9) représenté par un pupille peu épais, et qui aura reçu énormément de capotazos en début de parcours. Le banderillero de Juan Cortés salua après deux belles paires de bâtonnets. Au milieu d'un labeur transparent, Juan Cortés livra la meilleure naturelle de l'après-midi, une seule, mais donnée parfaitement dans les canons, à un adversaire devenu éteint et plutôt fade, gratifié au final de trois épées atravesadas successives.

17 heures 33. Eral gersois de l'Astarac, propriété de Jean-Louis Darré (encaste Pedrajas, n°50, negro, guarismo 9). Comme face à son premier, Borja Jiménez banderilla de lui-même, et il faut remarquer que les trois paires qu'il mit furent très correctes et étonnantes, je ne l'avais par ailleurs jamais vu dans cet exercice les quelques fois auparavant. La suite fut longuette et ennuyeuse, tant à cause de l'acharnement du novillero que du comportement de la bête, à tendance décastée.

18 heures 03. Le soleil est déjà tombé, et c'est le plus célèbre des onze élevages de la journée qui comparaît. Celui de Baltasar Ibán (encaste Contreras-Domecq, n°30, negro mulato bragado meano corrido girón listón, guarismo 9). Tiago Santos, le novillero, effectue de jolies saltilleras à la cape, avant de transformer le Baltasar en porc-épic avec les banderilles. Le modèle de son compatriote portugais Victor Mendes ne semble pas avoir été étudié, ou s'il s'agit du contraire, la ressemblance est fort lointaine. Quant à l'eral, il s'avèra mobile et encasté dans la muleta, alors que Santos fut débordé, et montra qu'il était encore un aspirant. Ovation à l'arrastre.

18 heures 30. Rideau sur la saison taurine.

Florent

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