mardi 22 novembre 2011

Route 66

Comme un symbole. A l'heure où la tauromachie en Catalogne du Sud se trouve face à une situation périlleuse (et c'est un euphémisme), son lustre a été redoré non loin de-là cette année : dans le département des Pyrénées-Orientales, de l'autre côté de la frontière. Aussi, on connaît la richesse de l'histoire taurine du Roussillon, comme peut en témoigner l'ouvrage de Claude Sabathié "Toros en Perpignan", relatif à la chose taurine dans cette ville jusqu'en 1959. Mais Perpignan n'est pas la seule. En outre, on s'aperçoit que la tauromachie du terroir subsiste encore, comme nous en a récemment parlé Étienne avec le "Bous a la plaça" d'Amélie-les-Bains.

On remarque toutefois qu'un bon nombre d'arènes du département qui donnaient lieu à des corridas ou novilladas en période estivale ont fermé leurs portes. Il n'y a pas si longtemps que ça... Je pense tout d'abord aux "arènes de plage", qualificatif dû à leur localisation par rapport à la Méditerranée. Saint-Cyprien a donné sa dernière course le 10 août 1991 (avec cinq novillos de l'élevage français de l'Esterel pour Michel Cayuela à cheval, et à pied : Mireille Ayma ainsi que le péruvien Juan Alonso Dávila) ; Argelès-sur-Mer le lendemain, 11 août 1991 (novillada de Los Majadales pour Antonio Vázquez, Niño de Leganés et Antonio Barrera "El Macareño"). Et Port-Barcarès son ultime le 15 août 1995 (novillos de María Luisa Paniagua pour Mireille Ayma, Alberto Manuel et César Orero).
Bien plus tard, c'est à Bourg-Madame, à l'autre bout du département, que la tauromachie cessa après sept années d'activité. C'était le 3 juillet 2004, à la suite d'une novillada de Valdefresno pour Antonio Caro Gil, Eduardo Gallo et Enrique Guillén.

Mais malgré tous ces éléments, et même si le "soixante-six" apparaît comme isolé sur la carte taurine, il reste de quoi être optimiste. Après les diverses annonces du début de saison, on pouvait s'imaginer que le millésime taurin 2011 dans ce département allait s'avérer prometteur... Et au final, ses trois arènes ont légitimé leur tradition taurine de fort belle manière.

Céret
Haut-lieu taurin connu de tout le monde, et que l'on ne présente plus. Une référence en matière de Toros pour tout aficionado qui se respecte. En outre, si les matadors ne voient pas forcément cette arène d'un bon oeil, ils savent pertinemment que le succès y revêt une grande importance. A Céret, l'histoire taurine est prolifique, et les souvenirs denses et intenses. L'an prochain, ce sera la vingt-cinquième édition de Céret de Toros.








Millas
Il était étonnant au début de l'année de savoir que Millas opterait pour un lot de novillos de Moreno de Silva. Aussi, le choix d'un tel élevage est à considérer comme un gage de sérieux, et il s'agissait-là d'un retour aux fondamentaux. Aux dires des présents, cette novillada ne fut pas une déception.
Aussi, je pense encore à toutes les fois où l'on m'a raconté la fameuse "première de Millas" en 1990. Une course épique du fer méconnu de Vicente Ortiz de Urbina, avec des novillos-montagnes et aux larges berceaux de cornes. En face, Domingo Valderrama, héroïque, avait fini l'après-midi à l'infirmerie. Juan Carlos Belmonte tua ce jour-là quatre novillos, tandis que le jeune français Thierry Durand ne sortit pas du callejón, décidant d'arrêter sa carrière à la vue des bêtes qui déboulaient en piste.


Collioure
La seule rescapée des arènes du littoral, avec une tradition taurine de longue date. Cette année, c'est un sérieux et magnifique lot de Christophe Yonnet qui a foulé le sable pour la novillada des fêtes de la Saint-Vincent (on peut par ailleurs se référer à la reseña de l'ami Fabien). Ayant vu quelques mois après la vidéo intégrale de cette course, il ne fait aucun doute à mes yeux que ce jour-là : le Toro eut la part belle !







Ainsi, les trois arènes citées ci-dessus ont démontré que les Pyrénées-Orientales constituaient un fier département taurin. On peut tout de même regretter que les différents organes représentatifs chargés de remettre des prix en fin de saison n'y aient pas pensé... En tous cas, on espère que le chemin emprunté durera encore longtemps. Voilà l'une des grandes satisfactions de l'année 2011. Il y a encore des Toros en Catalogne, et pas n'importe lesquels !

Florent

2 commentaires:

  1. Dire que cette fameuse Novillada de Millas fut organisée par l'empresa André Viard, a qui on avait reproché "d'envoyer les jeunes au massacre" avec un lot bien trop imposant !
    C'était une autre époque !
    Manu

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  2. André viard ce jour la à brise la carrière d un jeune nîmois ! Et oui c est il juste ce qu il est devenu .......

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