mardi 6 décembre 2011

La saison française : côté pile

Saison 2011. Par où commencer ?
Saison 2011. Si l'on devait se fier à une simple lecture médiatique, on saurait que le grand triomphateur de la saison n'est autre que Dominique Strauss-Kahn. Si les médias ont autant parlé de l'affaire DSK, c'est que le sujet devait être rudement intéressant. Je leur laisse.
Saison 2011. Une année où les antis-taurins ont protesté contre le prosélytisme qui pouvait être fait de la tauromachie dans les écoles ! Pourtant, il me semble bien que l'un d'entre eux a parcouru diverses écoles de la région Bretagne cette année. Il était accompagné de son torito domestiqué, afin de prôner l'interdiction de la corrida et la non-dangerosité des taureaux de combat. Et ça, ce n'est peut-être pas du prosélytisme ? Toujours l'infâme deux poids deux mesures. Pour ce qui est du type en question, son aversion de la corrida lui provient de la vue d'un dessin lorsqu'il était jeune. Aujourd'hui, il est bien evidémment spécialiste en la matière et connaît parfaitement le sujet pour s'y opposer... (sic)
Saison 2011. Je ne remettrais pas de médailles aux "indignés" de la barrera dacquoise qui ont attendu le tout dernier moment de la temporada pour exprimer leur rancoeur. Ceux-là ne peuvent pas prétendre, à l'instar de Virenque aux Guignols, qu'ils se sont faits avoir à l'insu de leur plein gré.
Saison 2011. Il paraît que la commission taurine de Mont-de-Marsan a gagné 4 bras de fer sur 5. C'est elle qui le dit.
Saison 2011. Des organisateurs ont fait le choix d'embarquer certains "toros"... à l'insu de leur plein gré là-encore.
Saison 2011. En Espagne, des femmes viennent de remettre le prix du "Bô-gosse" de l'année à José María Manzanares. D'un autre côté, il semblait bien plus difficile de lui remettre un prix pour la présence des toros qu'il affronte.

Plus sérieusement, par où commencer ?

Avec Parentis-en-Born tiens ! Certainement la plus belle réussite de la saison en ce qui concerne les ferias. Qui plus est une feria de novilladas, ce qui n'est pourtant pas à la mode à l'heure actuelle (j'y reviendrai). On se souviendra des trois très beaux lots de Murteira Grave, Francisco Madrazo et Valdellán. Parmi de nombreuses images en tête, je garderai précieusement celle d'Artezano, le troisième novillo de Murteira Grave, brave et encasté. En tous cas, Parentis mérite vraiment de figurer tout en haut du tableau des distinctions cette année.

Quant aux toros, le lot le plus complet qui m'ait été donné de voir a été celui de José Escolar Gil à Céret. Même si l'intensité de cette corrida ne fut pas la même que celle de 2010, il était quand même question d'un important lot de toros.
Les Dolores Aguirre de Vic-Fezensac m'ont bien plu. Ceux d'Orthez ont eux aussi été très intéressants de par leurs comportements, malgré une présentation malheureusement passable.
En 2011, j'ai eu la chance d'assister à quelques surprises. Pour cela, je me dois de relever le combat de Deslenguado, le premier Garcigrande combattu à Arles au mois d'avril. C'était un toro brave et encasté, fort justement ovationné à l'arrastre. Pour l'une des rares corridas à l'étiquette commerciale que j'ai vu cette année, je reconnais que ce toro aura été une satisfaction. Cependant, et pour revenir à la réalité, ce genre de toros est loin d'être habituel chez Garcigrande. Et c'est bien dommage.

S'il fallait remettre une mention à l'originalité et à la singularité, certainement qu'elle reviendrait à la novillada d'Irmaos Dias de Céret. Unique en son genre cette année.
Parmi les regrets, car l'on ne peut pas tout voir au cours d'une saison, je sais de sources sûres qu'il y eut des Toros avec les Dolores Aguirre de Dax, les Joselito de Bayonne, les Cebada Gago de Saint-Martin-de-Crau. Et des Novillos, avec les Christophe Yonnet de Collioure, les Moreno de Silva de Millas, ou encore les Fidel San Román de Roquefort-des-Landes.
A des degrés moindres, j'ai également eu écho de moments intéressants avec les Baltasar Ibán d'Alès, les Samuel Flores de Mont-de-Marsan, les Fuente Ymbro de Nîmes, et plusieurs toros lors des corridas-concours de Vic-Fezensac au mois d'août et Arles en septembre.

Côté piétons, Javier Castaño aura été le lidiador de la saison. On pense ainsi à toutes les fois où il a mis les toros en valeur, en compagnie de son picador Plácido Sandoval.
Par ailleurs, il est à regretter qu'un matador comme Iván Fandiño n'ait été que peu engagé cette année dans les arènes françaises.
En ce qui concerne le troisième tiers, je retiendrai surtout deux mains gauches. Celle de Sergio Aguilar face au sixième Alcurrucén à Vic-Fezensac. Et celle, un peu plus étonnante, de Fernando Robleño face au quatrième Escolar Gil à Céret.

Chez les novilleros, rien d'extraordinaire. Si ce n'est la chance d'avoir pu admirer la cuadrilla d'Emilio Huertas, avec notamment les frères Otero Beltrán (même si l'un d'entre eux fut l'auteur d'une faute monumentale avec le cinquième Murteira titulaire à Parentis). En parlant de banderilleros, il est toujours plaisant de voir Vicente Yangüez "El Chano" (souvent dans des cuadrillas improbables) continuer à officier lors du deuxième tiers de très belle façon.
En tous cas, l'absence de l'esprit "novillero" chez les jeunes s'est particulièrement faite sentir cette année. Pourtant, on a par moments eu l'impression de retrouver cet esprit... chez un matador ! C'était avec Manuel Escribano à Aire-sur-l'Adour, lors d'une corrida d'Hubert Yonnet sous un agréable soleil d'automne, qui venait clôturer la saison française.

Voilà ce qui en est du côté pile. Pour le côté face, il semblerait bien que la liste soit longue...

Florent

(Image : Aire-sur-l'Adour le 23 Octobre, l'ultime paseo avec picadors de la saison française)

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