lundi 30 mai 2011

Morituri te salutant

Ambiance thriller, ce soir il n'y aura pas de triomphateur. Doucement, le mois de mai a filé, je l'ai délaissé, tandis qu'à Madrid défilent les boeufs raccompagnant dans l'obscurité les victimes du mouchoir vert. Au mois de mai, il y aura eu Séville et Madrid. Et en France alors ? Et bien pas grand chose. Ah si ! Il y a eu deux courses à Palavas. Mais des courses de quoi d'ailleurs ? Il faudra laisser la réponse aux organisateurs.

Au mois de mai donc, l'Espagne sinon rien. Et à défaut de s'y rendre, on peut suivre les courses quasi-quotidiennes à travers la petite lucarne. Le déplacement quant à lui, sera pour plus tard, mais dans peu de temps... A travers cette lucarne, on ne peut pas vivre la course de la même manière que sur un tendido. Toutefois, il est toujours mieux de se faire une idée de cette façon plutôt que de gober naïvement ce que nous balancent les leaders de l'information taurine. Séville est finie depuis longtemps, et la San Isidro l'est presque. Je pourrais ainsi m'étendre sur les diverses sorties en triomphe de nos très chères figuras. Mais il n'en sera point. Deux corridas m'ont donné envie de déblatérer quelque chose. Celle de Miura à Séville le 8 mai, puis celle de José Escolar Gil à Madrid le 12 mai. Certes, cela remonte un peu, mais il est tout de même possible d'en tirer des enseignements.

Séville, Dimanche 8 Mai. Toros de Miura, où plus exactement : toros des fils de Don Eduardo Miura Fernández, de Zahariche, à la devise verte et noire à Madrid, et verte et rouge en province... entre autres détails que mentionnerait un commentateur ayant peur des blancs à l'antenne. Mais à quoi bon continuer à suivre les corridas de Miura ? Cet élevage en pleine décadence, qui d'années en années perd un peu plus son statut de légende. Qui sait, on n'est jamais à l'abri d'une surprise...
Et ce 8 mai à Séville, ce ne fut certes pas la révolution, mais les Miuras ont permis d'assister à une course intéressante. Sept au total, dont un sobrero, tous avec le fer en haut de la cuisse. Imposants, certains terribles de présentation, malgré plusieurs pointes abîmées, quelques piques vraiment intéressantes, et un moral variable.
Disons que le premier a donné le ton à la dramaturgie jadis classique qu'entraînait les corridas de Miura. Un toro court de charge, difficile, dangereux et sur la défensive. Le plus sérieux de présentation, le troisième bis, de 670 kilos, fut le plus moderne, car maniable et de peu de forces. Il précéda l'intéressant quatrième, encasté et avec de la transmission en début de faena, même si cela ne dura que très peu.
A l'affiche face à ces Miuras, il y avait Rafael Rubio "Rafaelillo". Un type qui, aux yeux de l'intelligentsia taurine, manque totalement de grâce et d'esthétisme. Face au deuxième toro de l'après-midi, le matador nous offrit pourtant quelques gravures d'époque. Il commença bien à la cape, avant que son adversaire ne s'avère réservé au moment de la pique. La faena elle, fut un véritable combat. Rafaelillo contre "Dador" de Miura, un toro court de charge, difficile et avisé. Dans l'adversité, Rafaelillo a démontré un courage immense, en tirant plusieurs muletazos très méritoires. Tension et grand danger. Le moment de vérité se joua en deux temps. A la première tentative, Rafaelillo se jeta sur le Miura, mais l'épée n'entra pas, et c'est "Dador" qui attrapa l'homme, pour lui cisailler le haut de l'habit de lumières. A la seconde, l'engagement fut toujours aussi beau à voir, et l'épée se logea entièrement, en bonne place. En peu de temps, le toro mourut sin puntilla. Fin du combat... Timide pétition d'oreille. Le succès de Rafaelillo se limitant à un tour de piste. Le public sévillan n'a rien compris.
Le cinquième Miura lui, fut un authentique poison, choppant Rafaelillo à la première passe de cape, et le cherchant sans cesse tout au long du combat. En lidiador aguerri, ce dernier réalisa une faena très brève, en mouvement et en cassant les assauts de son opposant par le bas. Malheureusement, il n'y eut pas de réussite au moment de tuer. A l'heure qu'il est, cinq Miuras ont été évoqués (sans compter celui renvoyé aux corrales), et il en reste donc un : le sixième. Destiné au mexicain Israel Tellez, ce fut un toro maniable, mais sans race, ni même vice. Du coup, Tellez a dû tirer environ quarante passes sans dominio, juste comme ça, pour le plaisir de tirer des passes. Au final, le Miura s'est totalement désintéressé, et s'est mis à faire six ou sept tours de Maestranza, en fuyant tout ce qui s'approchait de lui. Tâche très difficile pour Tellez. Trois avis, curieuse fin.

Madrid, Jeudi 12 Mai. Corrida de José Escolar Gil, supérieurement présentée et armée, très très sérieuse ! Malheureusement, nous n'eûmes pas la chance de voir des mises en suerte correctes, ni même de belles lidias. Du coup, les Escolar sont quelque peu restés inédits au premier tiers. Aussi, se borner à deux piques conventionnelles pour ce genre de toro semble être une grosse connerie. Le premier Escolar, "Tartanero" n°58, était un adversaire face auquel il ne fallait pas douter une seule seconde. Issu du registre hyper-encasté, il déborda totalement Rafaelillo, qui se fit déchirer le costume une fois encore. Cette fois-ci, le matador fut hors du coup, ne pouvant se hisser à la hauteur de ce toro exigeant. Combat perdu. Grande ovation à l'arrastre de "Tartanero"... qui était pourtant destiné à Céret (n°58). Pour ce qui est du reste de la course, nous vîmes des toros compliqués, âpres, dangereux, et pleins de sentido. Avec en plus de cela des lidias chaotiques... Imaginez le résultat, et l'effroi qui va avec.

Bientôt, la réalité remplacera la petite lucarne.

Florent

(Image "d'archives" : Séville)

dimanche 15 mai 2011

Cartels d'Orthez 2011

ORTHEZ - ARENES DU PESQUÉ

DIMANCHE 24 JUILLET 2011

NOVILLADA - 11 HEURES
5 Novillos de Aurelio Hernando (encaste Veragua)
Cristian Escribano
Raúl Rivera

CORRIDA - 18 HEURES
6 Toros de Dolores Aguirre (encaste Atanasio Fernández / Conde de la Corte)
Carlos Escolar "Frascuelo"
Raúl Velasco
Alberto Lamelas

(Image : L'affiche d'Orthez 2011 réalisée par Mme. Marie-France Barrère)