lundi 31 octobre 2011

Souvenirs froissés (II)

LE CHAMP DES BAÏONNETTES

On serait parfois tenté d'écrire à propos de notre afición un texte unique et à la longueur indéfinie. Une sorte de justification subjective du pourquoi continuons-nous à nous rendre aux arènes, à admirer les toros vivre, se battre, puis mourir, ainsi qu'à regarder des hommes peu communs les affronter. Composer un papier, un seul, sur toutes les questions qui viennent à notre esprit afin de donner des débuts d'explications, paraît peut-être trop théorique et même éloigné d'une certaine manière de la réalité. Aller aux arènes est une suite, de corridas, de novilladas, de détours par le campo et de bien d'autres choses. Et le meilleur moyen d'entretenir cette relation passionnée reste tout de même d'y aller et de voir, encore et encore. C'est probablement pour cette raison que les discussions entre aficionados s'avèrent parfois interminables, et que d'y mettre fin laisse un goût amer. La corrida est un domaine large et très diversifié, et les souvenirs sont exponentiels. En sport, et quel que soit ce dernier, les supporters d'un même club n'ont certainement pas autant de matière à discussion et à débat. Tandis qu'en tauromachie, la chose est bien différente, car généralement, deux aficionados qui auraient au cours de leur vie vu exactement les mêmes corridas relèverait de l'exploit. Là où des hommes se jouent la vie, on peut rarement en voir les ralentis a posteriori. Et puis, en tauromachie, un écran interposé ôte de très nombreux paramètres indispensables à l'émotion.

Ci-contre, un objet en rapport avec le souvenir sans exactitudes que je viens à évoquer aujourd'hui. Nîmes, 30 mai 1998. Toros de Los Bayones, d'origine Atanasio-Lisardo, avec généralement moins de tête que chez Puerto de San Lorenzo ou Valdefresno qui sont du même encaste. Los Bayones, ce sont surtout les vedettes qui s'y collaient à la fin des années 90 et au début du nouveau millénaire. Aujourd'hui, force est de constater que ce fer est tombé dans un relatif anonymat. Cette corrida de 1998 pourrait être banale, au vu du cartel, et je pourrais très bien n'en avoir aucun souvenir, car pouvait-il y avoir quelque chose d'imprévisible ? Sur le papier, au sens propre, l'identité et le parcours de Morante de la Puebla ne sont pas détaillés. Pas une image. Morante remplaçait ce jour-là César Rincón, convalescent, et effectuait pour le coup sa présentation en France en tant que matador de toros. Mais ce n'est pas une ode à Morante dont il est question, je ne saurais même pas vous dire de quelle couleur était son costume, comment toréa-t-il, ni même comment se comportèrent ses deux compagnons de cartel.

Le souvenir provient en fait des tiers de piques, une sorte de tempête précédant une accalmie. Les arènes n'étaient guère loin de la maison, et le ciel était gris orageux ce jour-là. Imprévisibles. Les premiers exemplaires de Los Bayones ont semé le chaos. Une rupture après le boxon, c'est une certitude. Les trois premiers puis les trois derniers ? Quatre puis deux ? Ou deux puis quatre ? Impossible de s'en rappeler, même si je pencherais plutôt pour trois. Trois toros de Los Bayones, voire quatre, violents ou encastés, peut-être même les deux à la fois. Fascinant. Un toro dans la contre-piste, des chevaux au sol, un picador désarçonné, mis sur la touche et sérieusement touché, et un monosabio de la cuadra Heyral risquant sa poitrine et son existence en tenant la bride d'un cheval sans cavalier. Des images ici et là, et un ciel menaçant, un peu comme un plafond prêt à s'effondrer. Los Bayones n'a jamais dans sa réputation été un élevage fournissant des foudres de guerre. Il y a certainement eu quelques exceptions. L'histoire de ce fer et de cette appellation, ne provient pas comme on pourrait le penser à première vue d'hommes ou de femmes originaires de la ville de Bayonne. Le nom de Los Bayones découlerait en fait des baïonnettes retrouvées au début de l'existence de l'élevage, dans les prés où sont élevés ces toros. Champ des baïonnettes et atmosphère de guerre, maintenant je sais.

Florent

jeudi 27 octobre 2011

Ultra-Violets pour Toreros Friqués

"Les riches c'est fait pour être très riches, et les pauvres très pauvres". Don Salluste (Louis de Funès). La Folie des Grandeurs. 1971.

Chères vedettes,
L'an prochain, il fera grand soleil à Nîmes, aussi bien au mois de mai qu'en septembre. Même si cette ville s'est auto-exclue il y a quelques années, nous vous la conseillons tout de même. Dans les Landes, en juillet et en août, vous passerez par Mont-de-Marsan puis Dax, les toros sont mignons, la fête est sympa et la musique est bonne. Bayonne n'est pas très loin. Béziers et Arles vous plairont également. Quant à Vic-Fezensac, nous n'aborderons pas le sujet tout de suite, mais nous n'excluons pas pour autant un éventuel changement, qui pourrait permettre de vous y rendre d'ici un ou deux ans...

Samedi dernier, un "G7" de la tauromachie en France s'est réuni à Bayonne. A la suite de ce sommet, un communiqué a été publié, et il amène à diverses questions et observations.

"Pour la première fois, à l'initiative des maires de Bayonne, Dax et Mont-de-Marsan, s'est tenue le 22 octobre à Bayonne une rencontre historique entre les sept organisateurs publics et privés des arènes françaises de 1ère catégorie.

Dans le contexte de crise économique mondiale et dans le but de pérenniser la tauromachie, aujourd'hui inscrite au patrimoine immatériel culturel de la France, l'ensemble des participants (Bayonne, Dax, Mont-de-Marsan, Arles, Nîmes, Béziers et Vic-Fezensac), à l'unanimité, a décidé de signer une charte définissant des règles communes afin de garantir l'avenir des places taurines françaises de façon solidaire.

Notons qu'ici, il est question "de garantir l'avenir des places taurines françaises de façon solidaire". Pourtant, seules sept d'entre elles étaient conviées et représentées à cette réunion.

Il a été convenu :

- De créer un groupe de travail visant à obtenir l'application du taux de TVA relatif aux spectacles vivants et culturels ;
Au mois de Septembre, des brèves sont apparues dans les revues Toros et Semana Grande, selon lesquelles des aficionados ont fait savoir que certains billets de corridas de fin de saison portaient la mention "TVA 5,5 %", sans qu'une baisse du prix des places soit constatée.
En conséquence, qu'en serait-il de la répercussion sur le prix des places si un nouveau taux de TVA venait à s'appliquer ?
Le taux de TVA actuel est-il considéré par les organisateurs comme un manque à gagner par rapport au futur taux de TVA envisagé ? Ou est-ce une démarche délibérée des mêmes organisateurs afin de permettre un meilleur accès à la tauromachie espagnole en France ? J'ai pour ma part bien peur qu'il s'agisse davantage de la solution n°1.

- De réduire les honoraires des toreros et le prix des élevages de 20 % pour les cachets et les contrats supérieurs à un montant de 60 000 euros ;
L'idée est louable. Cependant, un plafond maximum a-t-il été fixé pour les honoraires des toreros et ganaderos ?
La question de la présentation des toros qu'affrontent les vedettes a-t-elle été prise en compte ? Car hormis l'aspect financier, celui de la qualité des corridas proposées n'est pas négligeable (meilleure présentation des toros dans les grandes arènes). Surtout lorsque l'on pense aux multiples demandes des aficionados ces derniers temps.
Si cette baisse de 20 % est effective, n'y a-t-il pas pour le coup une obligation de transparence et d'information de la part des organisateurs ?

- De revaloriser dans la même mesure (20%) les cachets des toreros les plus modestes.
Pourquoi pas là-encore, tout en ayant à nouveau une obligation de transparence.

Par ailleurs, pour l'ensemble des novilladas, piquées et non piquées, il est décidé de faire appel aux ganaderos français, dans la mesure de leurs possibilités.
La question du protectionnisme est souvent de mise lors des diverses réunions et congrès de fin de saison.
Toutefois, si l'on se penche plus généralement sur les stats de l'intégralité de la saison française 2011, on constate que la profession de l'hexagone (toreros et éleveurs) est loin de constituer une portion congrue. Voici quelques chiffres :
Saison française 2011. 76 Corridas de Toros / 35 Novilladas / 44 Novilladas non piquées.
Sur 76 Corridas, un total de 443 toros ont été combattus, dont 79 provenant d'élevages français.
Sur 35 Novilladas avec picadors, un total de 208 novillos ont été combattus, dont 56 provenant d'élevages français.
Sur 44 Novilladas non piquées, un total de 202 erales ont été combattus, dont 146 provenant d'élevages français.
Quant aux toreros ; 217 "postes" étaient à pourvoir sur les 76 corridas organisées, 69 l'ont été par des matadors français. Et enfin, sur 104 "postes" à pourvoir sur les 35 novilladas organisées, 37 l'ont été par des novilleros français. Dans les deux cas, le ratio est aux environs d'un tiers, ce qui signifie qu'il y eut quasiment un français à l'affiche de chaque corrida ou novillada.

Cette charte sera proposée à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale de l'UVTF, afin d'être discutée et appliquée dans l'ensemble des arènes françaises.
Même question qu'au début. Cette réunion du 22 octobre était-elle un accord entre les 7 "plus grandes arènes" de France ou bien une sorte d'Avant-Congrès de l'Union des Villes Taurines de France ?

La réunion des sept arènes de première catégorie est fondatrice d'un groupe qui se réunira aussi souvent que nécessaire."

En résumé, on aurait aimé que d'autres questions soient abordées et dévoilées lors de ces "assises" de la tauromachie, avec moins de zones d'ombres. De la théorie à la pratique, n'y a-t-il qu'un pas ? En tant que contre-exemple, on peut se référer aux "Objectifs de la Nouvelle Présidence de l'Union des Villes Taurines de France" publiés le 2 décembre 2010. Publiés ou Oubliés ? Voici quelques extraits.

"Moderniser la gestion de l'institution UVTF, mais aussi par un effet incitatif, du monde taurin français en général, pour adapter la tauromachie aux exigences de l'époque actuelle, tout en faisant respecter l'intégrité du spectacle taurin qui ne peut se concevoir que dans le respect strict de grandes règles fondamentales ; INTÉGRITÉ DU TORO / RESPECT DES TERCIOS"
Y-a-t-il eu respect de cette intégrité en conséquence en 2011 dans les grandes arènes ? Notamment à Dax, à Mont-de-Marsan, et ailleurs... ?

"L'UVTF doit engager des actions pour permettre de réguler l'inflation galopante des prix des entrées, afin de conserver l'assise populaire de la culture taurine, et favoriser sa transmission aux générations futures."
Si quelqu'un pouvait m'éclairer sur ce point, car je n'ai pas constaté de changements pour la saison 2011.

"Assainir le monde taurin [...] Les sanctions règlementaires doivent être réformées pour être justes, dissuasives, tout en favorisant le spectacle."
Attendons par exemple les résultats des analyses de cornes de l'année écoulée, et voyons si l'UVTF prendra en conséquence des mesures. Par ailleurs, mentionnera-t-elle le cas de novillero(s) forfait(s) de certains cartels par le biais de faux certificats médicaux cet été, afin de proposer par exemple une interdiction d'un an de toréer en France ?

"PAS DE GRANDES OU DE PETITES ARENES [...] La tauromachie est une, multiple est variée, depuis une novillada sans chevaux d'un village jusqu'aux corridas de vedettes des grandes férias. C'est cette diversité de spectacles qui permet à tous d'accéder à la culture taurine, quel que soit l'âge ou les moyens financiers."
Disons que ce point ne légitime pas réellement la création d'un G7, surtout au vu de son intitulé.

Il y a comme un problème...

Florent

mardi 25 octobre 2011

Au bout du monde

Devant l'auto-radio comme seul guide, les mains sont moites. Pourtant il n'y a pas mort d'homme. Le sport réconcilie les nations, il permet aux hommes d'éviter les conflits et la guerre. Cela doit être l'esprit Coubertin ou dérivés. Pas d'images. Seuls des mots donc, ont pu accompagner ma lanterne lors de la finale du mondial de rugby, ce dimanche matin. Dès le début, les paroles symbolisaient des instants forts. Les joueurs français, auxquels on avait promis la déroute, l'humiliation et la honte se sont avancés face à la sauvagerie du cri de guerre de l'adversaire. Ils sont même allés jusqu'à franchir la ligne médiane. Puis la partie commença, les hommes vêtus de blancs ont été dignes et courageux, tandis que leurs adversaires "Néo-Z" ont balbutié leur jeu. Au milieu, un corps arbitral apparemment contesté. L'issue, chacun la connaît, et elle est plutôt douloureuse, même s'il n'y a pas mort d'homme. 8 à 7, le quinze de la Fougère a remporté le droit de soulever le trophée, mais son mythe est délavé et a pris un sacré coup. Le sport est censé réunir, pourtant l'issue d'une telle partie déchaîne la passion des nations et leur redonnerait presque une envie de guerre...

Mort d'homme il y eut en revanche la veille. Antonio Chenel "Antoñete" s'en est allé, et ceux qui comme moi n'ont jamais eu l'occasion de le voir toréer retiendront une mèche blanche, quelques images en noir et blanc pour l'éternité, de quelqu'un qui a marqué l'histoire de sa profession, et mieux encore, rentra dans la légende de son vivant.
Quelques jours auparavant, un autre homme est passé de vie à trépas. Son nom : Alfonso Guardiola. Là-encore, de nombreuses pages d'histoire pour ce patronyme dans le grand livre de la tauromachie. Guardiola, María Luisa, Séville, Lunes de Resaca, Puntillo, Mont-de-Marsan, Hagetmau, un incroyable nombre de trophées glanés par les toros de la maison. A titre personnel et davantage récent, je me souviendrai qu'Alfonso Guardiola a vu grandir dans ses près, le plus grand Toro qui m'ait été donné de voir dans une arène jusqu'à présent, un certain "Oeillet Blanc".

Une solennelle minute de silence est respectée en mémoire de ces deux hommes, à quatre heures de l'après-midi, lorsque se rompt le paseo aux arènes d'Aire-sur-Adour. A l'affiche, les toros sont de Yonnet, les cinq premiers avec le fer d'Hubert et le sixième avec celui de Françoise. Nés entre février et avril 2007, les uns et les autres sont tous différents de morphologies, tout en étant sérieux et irréprochables de présentation. Par la suite, aucun d'entre eux ne s'avèrera être un collaborateur docile.

Le chef de lidia Javier Castaño tomba sur un premier adversaire très faible voire invalide, qui dut être ménagé pendant la lidia. En fin de compte, le Yonnet démontra de la noblesse sur sa corne droite et Castaño des dispositions. Son second opposant, le plus corpulent du lot, laissa de nombreuses plumes en poussant lors de la première rencontre face à un mur en béton. La lidia suivit son cours, très bien menée par Javier Castaño, mais les deux autres piques administrées par Plácido Sandoval furent très légères, alors que le toro avait déjà commencé à s'éteindre. Fort dommage, car ce quatrième Yonnet semblait promettre bien mieux. En face, Castaño fit une nouvelle fois preuve d'un métier aguerri.

Dans un costume bleu piscine municipale et or, Manuel Escribano s'est joué la vie à l'occasion de son retour en France. Très exposé cape en mains, il réalisa une extraordinaire paire de banderilles au deuxième toro de l'après-midi. Escribano, assis sur le marchepied de la barrière, attendit le départ de son adversaire, situé à trois mètres de lui, pour clouer une très grande paire, à la fois por dentro et al quiebro ! Des choses que l'on ne voit plus fréquemment dans les arènes. Ce deuxième Yonnet, numéro 744, était si l'on parle vulgairement celui qui permettait le plus de "couper les oreilles" au cours de cette corrida. Avec l'envie d'un novillero, Manuel Escribano fit face à ce toro noble une faena quelque peu hachée, mais très volontaire et vaillante. Derrière le peu de contrats et un certain manque de technique, on devine tout de même que ce type sait toréer. Aussi, il est d'une catégorie de corridas que refuse les vedettes et au sein de laquelle ce torero semble avoir sa place. Il connut l'échec à l'heure de vérité. Devant le cinquième, distrait, compliqué, âpre et bronco, Manuel Escribano connut des difficultés. A plusieurs reprises, il aurait pu se faire soulever du fait des assauts violents du Yonnet. Un toro qui aurait par ailleurs mérité une faena appropriée, courte et avec des passes de châtiment par le bas, ce qui aurait évité quelques frayeurs au matador.

Enfin, Mehdi Savalli fut le matador le moins à la fête, tout d'abord débordé par le troisième, qui n'était pas prévu initialement dans le lot, puissant en deux piques, et compliqué. Lors de cette course, Savalli a montré sa technique limitée, puisqu'il connut également des difficultés face au dernier, porteur du fer de Françoise Yonnet. Cependant, malgré son côté brouillon et son manque de recours, l'arlésien a signé un sursaut d'orgueil final, et même si la réussite ne fut pas au rendez-vous, l'envie était là.

Un peu moins d'une demie arène. Très beau temps pour un dimanche de fin Octobre. Présidence de Matías González de Bilbao. Avec plus de forces et de caste, on aurait eu droit à un notable lot de toros. A signaler que tous les exemplaires de Yonnet ont pris au minimum deux piques, et que les trois matadors ont joué le jeu au moment de les mettre en suerte, ce qui est devenu assez rare à l'heure actuelle.

Florent

P.S : Pour clôturer le récit de cette course, il est regrettable qu'en Corrida de Toros, aucun cornu ne soit annoncé au public par le biais d'une pancarte avant chaque combat (ne serait-ce que le nom, le numéro, et la naissance). Il faut ainsi s'en remettre aux vétérinaires voire à l'éleveur pour récupérer les "datos" des toros. Si j'écris ces quelques lignes supplémentaires, c'est parce que je pense que les toros ne doivent pas être considérés comme des combattants anonymes.

Voici les "datos" des cinq toros d'Hubert Yonnet et de celui de Françoise Yonnet (sixième) combattus ce Dimanche 23 Octobre à Aire-sur-l'Adour :
1. "Estela" n°736 negro bragado meano corrido lucero (né en février 2007)
2. "Alios" n°744 burraco listón (né en mars 2007)
3. "Bougidan" n°769 negro mulato (né en avril 2007)
4. "Piquepoult" n°758 negro bragado meano (né en mars 2007)
5. "Paldmayre" n°765 negro bragado meano corrido gargantillo (né en mars 2007)
6. "Cassaïre" n°738 negro bragado (né en avril 2007)

mercredi 19 octobre 2011

Fête nationale

En fin de semaine dernière à Saragosse, il était impossible de parcourir plus de cinquante mètres autour des arènes sans tomber sur l'affiche du concours de recortadores avec les toros de Fernando Pereira Palha. Cette course dénommée "populaire" venait d'avoir lieu en matinée du 12 octobre, jour de la fête nationale espagnole. Je n'ai ni vu les recortadores esquiver les assauts des magnifiques toros illustrant les affiches, ni même la corrida qui eut lieu le même après-midi, avec du bétail de Parladé. Je sais simplement que lors de cette corrida, le mouchoir vert est tombé à quatre reprises. Symptomatique de la tauromachie actuelle, où l'on offre une place démesurée aux bêtes commerciales et indigentes, et en donnant trop peu l'occasion de briller aux élevages de Toros de combat. Pourtant, la corrida est historiquement caractérisée comme "Fiesta Nacional" en Espagne. Mais sûrement à cause de l'argent et de quelques intérêts, elle est désormais et malheureusement aux abois, se coupant toujours plus de ses racines populaires.

A chaque pré-saison, on entend les discours éplorés de commissions taurines ou d'organisateurs se plaignant d'avoir un choix restreint en matière d'élevages de "garantie". Et dans tout cela, c'est comme si l'élevage de Fernando Pereira Palha, parmi d'autres, n'existait pas. Prendre un risque à l'heure actuelle dans la composition d'une feria est quelque chose d'impensable pour la grande majorité de ceux qui les bâtissent, car il y a d'après eux l'obligation de garantie, avec des toros qui mettent la tête, permettant aux toreros de donner des passes, et aux spectateurs de passage d'en avoir pour leur argent. Pourtant, nous aficionados, aimerions tant admirer ne serait-ce qu'une fois, les charpentes et les robes multicolores des toros de Quinta da Foz. Parce que l'histoire de cet élevage est merveilleuse, parce que ces toros de Casta Vazqueña ont dans le sang et dans le ventre quelque chose de peu commun, et car lorsque l'on se penche sur les faits qui ont permis l'existence de cet élevage, on reste rêveur, avec la fabuleuse histoire de la vache Chinarra, dernière "Duchesse", sauvée de l'abattoir par David Ribeiro Telles, beau-frère de Fernando Palha.
Il y a une dizaine d'années, ces toros foulaient encore les ruedos pour y être combattus, et n'étaient pas réservés comme maintenant qu'aux acrobaties des recortadores et aux courses de rues. Sur le papier de présentation de la corrida que je suis allé voir à Saragosse – celle de Prieto de la Cal –, il y avait une curiosité, avec la présence dans les cuadrillas du jour de deux anciens et vaillants matadors de la fin des années 90, Rafael González et Juan Carlos García, en sachant que le premier des deux avait pris l'alternative à Céret... face aux toros de Fernando Palha.

La corrida de Prieto de la Cal en question a pour sa part été décevante. Et l'on constate que ces deux dernières saisons, cette ganadería n'est pas sur une bonne pente. Cependant, les toros de Prieto nous ont émerveillés jusqu'à récemment encore, comme me le faisait remarquer durant la corrida le cérétan José Angulo, avec le souvenir du toro Aguardentero combattu lors de l'exceptionnelle corrida-concours d'Arles, c'était il y a deux ans à peine. Et cela aide à garder espoir pour cet élevage. De la corrida de Saragosse, on retiendra que les Prieto ont déçu tant par leur présentation, certains trapíos et plusieurs cornes étaient contestables, que par leur moral, manquant de puissance et de caste.
Le toro le plus intéressant de l'après-midi fut un exemplaire d'Alcurrucén, sorti en quatrième position et complétant le lot, puisque les vétérinaires ne validèrent que cinq exemplaires de Prieto de la Cal. Barbero, du haut de ses cinq ans et demi, eut le comportement typique des Núñez dès le début de son combat. Suelto, abanto et froid, il alla mettre à terre le picador dès son entrée en piste, avant de prendre quatre autres rations de fer en sortant seul de la cavalerie. A la muleta, il était un toro exigeant, regardant sans cesse l'homme et lui demandant les papiers. Par chance, c'était Fernando Robleño sur son chemin, un torero expérimenté qui livra là une honorable prestation, pleine de courage et de sérénité. Voilà un matador indispensable à la corrida actuelle, on ne pourrait par ailleurs que trop conseiller aux générations futures de s'en inspirer.

A la sortie des arènes, voilà que me caressait l'esprit l'envie de revoir dans les ruedos des combats avec les toros de Don Fernando Palha...

Florent

lundi 10 octobre 2011

Huile de coude

Vu de l'extérieur. A Mont-de-Marsan, la mairie a mis en place il y a quelques semaines un appel d'offres afin de choisir un prestataire pour les arènes à partir de la saison prochaine. Avant cette procédure, le prestataire en charge des Toros à Mont-de-Marsan aura fait trois saisons. Curieusement, ce mandat a commencé par une corrida de La Quinta pour s'achever sur une autre... de La Quinta. La première des deux citées, celle de 2009, je m'en souviens bien, puisque c'est le jour où j'ai perdu toute illusion sur cet élevage. A regarder l'ensemble de ces trois saisons en question, et sur ce que j'en ai vu, je retiens bien évidemment la grande corrida de Fuente Ymbro en 2009. Quant au reste, je ne m'étendrai pas davantage, si ce n'est pour dire que trop de bestioles imprésentables ont foulé la piste du Plumaçon. Vers le mois d'avril de cette année 2011, j'avais écrit un papier intitulé "A Monté-dé-Marsane no iremos", trouvant les cartels peu dignes d'intérêt, et surtout peu dignes des exigences que devrait avoir cette arène. Mont-de-Marsan méritait autre chose. Le 19 juillet dernier, il semble bien que la boucle ait été bouclée avec le ridicule défilé des La Quinta, planqués en catimini dans les corrales de Saint-Sever jusque trois heures avant la course.

Il y a quelques jours, j'ai découvert l'existence d'un "Collectif" – puisque c'est ainsi qu'il a été nommé – regroupant les aficionados de Mont-de-Marsan, afin de se faire entendre, et de faire pression pour que le Plumaçon retrouve son véritable statut : celui d'une arène de catégorie (en première à l'UVTF). Cette démarche est audacieuse et tout à fait louable, car comment ne pas écouter l'afición locale lorsqu'elle monte au créneau ? Ce qui est le cas aujourd'hui. L'afición locale, à Mont-de-Marsan ou ailleurs, elle sera toujours-là, car elle fait partie du décor, et il faut la respecter. Tandis que les commissions taurines sont quant à elles simplement de passage, et parfois même, elles dégagent.

Une belle initiative donc, car devant bon nombre de corridas affligeantes, les aficionados Montois auraient pu tourner le dos et se désintéresser. Au contraire, ils montrent qu'ils n'ont pas joué les déserteurs. Pourquoi ? Certainement parce qu'ils sont attachés au Plumaçon, à son image, et qu'ils veulent être fiers des corridas qui s'y déroulent. Aficionados locaux qui payent leur place, ils n'ont plus envie d'être les dindons de la farce, et de voir l'appellation "Corrida de Toros" galvaudée, avec du bétail mal présenté, et souvent monopiqué... Ce qui ne correspond pourtant pas à la catégorie de l'arène. Les aficionados Montois se mobilisent, et en conséquence, on les comprend, et on approuve totalement leur démarche.

Florent

Voici l'adresse du site du "Collectif" :
Collectif-madeleine2012.blogspot.com

"Le Collectif Madeleine 2012 est un regroupement d’associations taurines de Mont de Marsan et ses alentours, d’aficionados locaux et de personnalités diverses, créé dans le cadre de l’appel d’offres pour l’organisation des corridas de la Madeleine (oct.2011).

CHARTE DES SIGNATAIRES

Dans le cadre de l’appel d’offres pour l’organisation des corridas du Plumaçon, le Collectif "Madeleine 2012" est une force de proposition et de soutien unique dont l’objectif clairement affiché est d’établir un partenariat avec le candidat le plus à même de comprendre les attentes de l’Aficion de Mont de Marsan.

Nos buts :

- L’implication de tous les acteurs de la vie taurine montoise dans la conception des spectacles tauromachiques de la Madeleine ; implication dont on sait l’énorme portée identitaire.

- La mise en œuvre d’une feria vraiment équilibrée, représentative des aficionados locaux dans leur diversité, alternance de corridas toristas et toreristas sans déficit de présentation.

- La pérennisation d’une novillada sérieuse et d'une corrida-concours "événement", fleuron de nos Fêtes, avec ou sans vedettes, sous une forme traditionnelle ou tout à fait nouvelle.

En cas de victoire de notre regroupement et du candidat/partenaire, le Collectif élira en son sein un comité de représentants chargé de négocier directement avec le prestataire et d’en valider ou non les décisions. Porte-parole du Collectif, il est le garant du strict respect de cette charte et de son esprit. Dans tous les cas, ce comité sera chargé de négocier avec les responsables municipaux (mairie et commission taurine), dans le respect des objectifs définis dans la Charte ci-dessus."

dimanche 9 octobre 2011

Christian Baile

C'est au hasard d'internet que j'ai appris ce soir le décès de Christian Baile. Comme on s'en rappelle encore, cet homme avait été pris de manière terrible par un novillo de Miura dans le callejón de Carcassonne le 23 août 2009, alors qu'il officiait en tant qu'alguazil. De manière miraculeuse, avec grand courage, et grâce à l'équipe médicale, Christian Baile avait survécu à ce très grave accident. Ce week-end carcassonnais d'une intensité extraordinaire, j'ai l'impression que c'était encore hier, avec les deux novilladas très marquantes, pour des raisons différentes, de Joaquín Moreno de Silva et de Miura. C'est non sans peine que j'ai donc eu connaissance de la mort de Christian Baile ce week-end, lui qui avait été en dehors des toros une figure dans le milieu du rugby à XIII.

Une pensée pour sa famille et ses proches.

Florent

En lien, l'article du "Magazine du Carcassonnais", dont l'image en illustration est issue.

samedi 8 octobre 2011

Souvenirs froissés (I)

CICATRICES

Débuts avancés pour cette série intitulée "Souvenirs froissés" que j'avais l'intention de commencer dans les semaines à venir. J'en expliquerai par ailleurs les motivations ainsi que le sens dans un article ultérieur. Mais hier soir, du fait de l'actualité et de certaines images, ma mémoire a fait un bond de plus d'une dizaine d'années en arrière, et il m'est venu à l'idée d'écrire sur ce ressenti.
Ce souvenir, aussi marquant que terrifiant, date de 1997, et ne se ponctuait avant que je ne fasse des recherches, qu'à quelques vagues images dignes d'un cauchemar. C'était dans Face au Toril, sur France 3 Sud, à l'époque où ma zone géographique me permettait de regarder cette émission du haut de mon très jeune âge. Joël Jacobi était probablement la personne qui commentait cet extrait vidéo. Le contenu de ces images : un homme vêtu de bleu roi et or, allant à porta gayola à la Maestranza de Séville, se faisant percuter de pleine face, puis retombant inanimé au sol, le visage scindé en deux. Ce torero avait-il survécu ? Était-il mort ? Voilà les questions que je me posais car je ne savais rien de plus que les quelques images qui venaient de se graver dans ma tête.

Ce n'est que quelques années plus tard que j'ai su, à force de lectures, et d'images, que ce torero s'appelait Franco Cardeño. Et il n'est pas mort, premier miracle. Aussi, ce terrible coup de corne ne lui a pas laissé de séquelles par la suite, second miracle. La scène dramatique et à vous glacer le sang que l'on voit à l'image, a donc eu lieu à Séville, le 8 avril 1997. Chef de lidia ce jour-là, Franco Cardeño alla accueillir le premier toro de l'après-midi à genoux, face au toril. Puis Hocicón, numéro 40, de Prieto de la Cal, sortit, et le prit de plein fouet, pour lui déchiqueter le visage de la bouche jusqu'à l'oeil. J'imagine à peine la sensation qu'ont eu les aficionados présents dans les arènes ce jour-là, probablement comme un grand souffle froid. Il s'agissait qui plus est de la première corrida de la Feria de Abril, dite "Corrida de l'Opportunité" par l'empresa, qui avait fait venir six toreros sévillans pour affronter les toros de Prieto de la Cal. Aux différentes lectures que j'ai eu, il faut également dire que Franco Cardeño avait préalablement mené une grève de la faim pour protester contre le non-engagement des modestes toreros sévillans. Et puis vint cette corrida, cette porta gayola menant à l'effroyable, et laissant l'une des images les plus prenantes de la Corrida ces vingt dernières années.

Si j'évoque le souvenir de la dramatique blessure de Franco Cardeño, c'est parce qu'elle m'a fait beaucoup penser à celle de Juan José Padilla reçue hier à Saragosse, et vous l'aurez certainement compris. Depuis hier, je me suis fait une conviction personnelle selon laquelle les coups de corne au visage ne sont pas sytématiquement les plus graves et les plus lourds de conséquences, mais en tous cas les plus effrayants et la pire vision d'horreur que l'on puisse avoir dans une arène. Je ne vais pas me livrer à un historique des cornadas reçues au cou ou au visage par des matadors, mais par exemple, celle de Julio Aparicio à Madrid l'an passé vient conforter cette idée de l'effroi. Souvent, les blessures les plus graves se produisent aux moments où on ne les attend pas. Alors que la tragédie elle, plane tout le temps au-dessus d'une arène. Le risque et l'incertitude font de la corrida quelque chose de sérieux et d'unique, sans pour autant que ses amateurs ne puissent être taxés de voyeurs ou de masochistes. Le danger est présent, et les drames font partie intégrante du décor, même s'ils sont douloureux et parfois malheureux. Me vient alors à l'esprit le célèbre dicton "Ici on se joue la vie".

Si j'écris ce texte aujourd'hui, c'est pour rendre hommage à Juan José Padilla. Et pour aller jusqu'au bout de ma pensée, je reconnais que je ne suis pas un fervent admirateur du "Ciclón de Jerez", à cause d'attitudes parfois déplaisantes et de certaines pitreries tendant à la vulgarité. Mais, comme d'autres, j'ai peut-être été très dur et ai trop souvent oublié de là où était revenu Padilla à plusieurs reprises, à savoir l'enfer. Il faut citer à cet égard les gravissimes blessures de San Sebastián et de Pamplona en 2001, parmi de nombreuses autres. Aussi, je préfère mentionner le fait que je ne suis pas un inconditionnel de Padilla, car cela m'évite de faire le faux-derche et de tenter de retourner maladroitement ma veste.
Ce torero est un paradoxe. A Béziers, il y a quelques années, j'avais eu un étrange ressenti vis-à-vis de sa prestation face à un toro impressionnant de Valdefresno, doté d'une douce noblesse. Il avait coupé deux oreilles, et j'avais trouvé là un mélange de populisme, de courage, de vulgarité, de sincérité et aussi de trucages. Durant la faena, du sang coulait sur le long de sa jambe, et ce n'était pas dû à son adversaire de Valdefresno, mais à un autre de José Escolar Gil qui l'avait encorné la veille à Dax. Abnégation hors du commun.

Hier à Saragosse, Juan José Padilla a été pris au sol par un toro d'Ana Romero après avoir posé la troisième paire de banderilles. Il a été pris et défiguré à la suite d'un geste très torero. En effet, alors que le toro lui coupa le terrain, Padilla ne chercha pas l'échappatoire et alla poser les banderilles dans le berceau, avant de trébucher pour le dramatique accident que l'on connaît. En vingt années de carrière, Juan José Padilla aura ainsi énormément souffert de la corne des toros. Matador à l'incroyable décontraction les jours de corridas, il faut rappeler qu'au-delà de ses attitudes parfois "villageoises", Padilla possède de grandes capacités techniques, physiques, et peut atteindre un très haut niveau lorsqu'il se met à toréer et à lidier avec sérieux. Sa carrière elle, est unique et très méritoire. Après tant d'années passées à affronter les Toros de respect, il semble qu'il n'ait pas de problèmes pour joindre les deux bouts à la fin de chaque saison. Ainsi, personne ne l'a obligé à continuer à affronter après tant d'années, les élevages redoutés par les vedettes. Car oui, il aurait pu sans encombres tendre vers une carrière de torero-banderillero façon "El Fandi" pour ne citer que lui, et parcourir les villages pour y affronter des bêtes sans rapport avec celles qu'il a l'habitude de croiser.

Après cette blessure, je n'ai pas envie de parler de la carrière de Juan José Padilla au passé. Pourtant, les dégâts et les séquelles semblent difficiles à éviter d'après les propos des médecins. Mais si son rêve est de revêtir à nouveau l'habit de lumières pour revenir une fois de plus de l'enfer, ce qui sera peut-être le cas, alors on le soutiendra, tant pour l'homme que pour le matador qu'il est. Et quoi qu'il en soit, Juan José Padilla a depuis longtemps inscrit son nom en haut de la liste des héros des ruedos.

Florent

(Image M.B Production : Franco Cardeño, Séville, 8 avril 1997)

mardi 4 octobre 2011

"C'était mieux avant"

Retour à Arnedo, deux ans après. Les choses ont bien changé puisque les arènes du "quartier de La Paz" ont été détruites laissant aux aficionados ainsi qu'aux habitants du village une grande amertume. Le nouveau lieu taurin est quant à lui plus excentré par rapport au centre du bourg. Il s'agit d'une sorte de gros cube, couvert, avec un toit amovible, et dont les planches entourant le ruedo n'ont pas été peintes en rouge. Cela laisse par ailleurs une impression plutôt froide dès les premiers abords. Et puis, on pense à la multiplication de ces structures, San Sebastián, Logroño, Vistalegre... Un coup à devenir des aficionados de gymnases d'ici une vingtaine d'années.
Samedi à Arnedo, la novillada de Prieto de la Cal n'a rien donné. Quatre des six exemplaires combattus étaient nés en novembre 2007, soit presque quatre ans si on fait le calcul. Pourtant, leurs petits gabarits ne laissaient en rien présager qu'ils étaient aux portes de l'âge adulte. Le plus sérieux était le troisième "Carasucia", au pelage berrendo en melocotón, et né en avril 2008.
Au moral, le premier fut noble et encasté, mais malheureusement l'un des plus faibles. Le second était également noble, les troisième et quatrième décastés. Le cinquième aurait quant à lui dû être renvoyé aux corrales par l'intermédiaire d'un mouchoir vert. Puis l'ultime ne vint pas relever l'ensemble, car faible et fade. Maigre bilan.
Côté novilleros, on aurait pu retenir le début prometteur d'Alberto Durán à la cape face au premier, mais il coula très vite muleta en main. Il y eut des séries droitières bien données par Emilio Huertas, manquant quelque peu d'émotion, mais constituant pour tout dire les seuls muletazos valables de l'après-midi. Sinon, on vit le traditionnel salut du banderillero Angel Otero au cinquième novillo. Et la lidia ? N'en parlons pas. En résumé, bien peu de choses, et quitte à assister à une novillada décevante, j'aurais préféré la voir dans l'ancienne plaza.

Florent