jeudi 29 décembre 2011

Ganaderías retenues pour la Feria 2012 de Parentis-en-Born

COMMUNIQUÉ

Répétition de Valdellán, Retour des Raso de Portillo et début de Flor de Jara les 4 et 5 Août 2012 à Parentis.

L’Association des Aficionados de Parentis et la Commission taurine viennent de rendre public les ganaderias de la prochaine feria de la Sen Bertomiu qui se déroulera les 4 et 5 Août 2012.

Retour des Raso de Portillo le Dimanche 5 Août en matinée
En 2012 L’ADA de Parentis en Born poursuivra l’organisation d’une troisième novillada piquée avec 4 novillos le Dimanche 5 Août au matin (11h00). La ganaderia de RASO DE PORTILLO reviendra à Parentis après ses succès de 2007 et 2008. Contrairement à 2009 les novillos choisis seront issus exclusivement d’un croisement entre les vaches d’Origine Raso de Portillo et des Sementales d’origine Dionisio Rodriguez (Santa Coloma).

Reconduite de Valdellán le Samedi 4 Août
La devise de VALDELLAN d’origine Graciliano (Santa Coloma) sera reconduite le Samedi après midi après son succès de l’édition 2011. Pour mémoire rappelons que l’Association des Critiques Taurins du Sud Ouest avait décerné son prix de la meilleure novillada au lot combattu dans les Arènes Roland Portalier en 2011.

Début parentissois pour Flor de Jara le Dimanche 5 Août
Carlos Cancela Ganadero de FLOR DE JARA fera ses débuts à Parentis le Dimanche après midi. Cette ganaderia s’inscrit dans la plus pure tradition torista de l’ADA qui maintient sa confiance dans l’encaste Santa Coloma qui rappelons le sera présente dans les trois lots de l’édition 2012.

Le sable émouvant

Les années soixante-dix, voilà une époque que je n'ai guère connu. C'est là que tout a commencé. Ou plutôt, c'est là que certaines choses ont pris leur envol. Les années soixante-dix : je ferme les yeux et je tente d'imaginer. Il y a là tout un tas de couleurs d'arrière-plan exagérées, du jaune, du violet, du orange. Les auto-radios devaient fortement grésiller en hiver. Les années soixante-dix, c'est la fin pour le Caudillo. C'est l'époque où les Verts de Saint-Étienne connaissaient de nombreux symptômes face aux poteaux carrés. Plus sensationnel et tragique, c'est Marseille et la French Connection. Dix morts au Bar du Téléphone.
Dans les arènes, c'est une époque où bien évidemment, les vedettes consacrées affrontaient déjà des bestioles d'une effroyable indigence devant des publics parfois peu au fait de la chose taurine. Inversement dans certaines novilladas, ce sont des toros de plus de quatre ans qui foulaient le sable et que devaient défier des jeunes sans véritable expérience, un euphémisme.
L'autre jour, j'ai vu une vidéo de ces années-là, avec une corrida où un matador avait fini à l'infirmerie. Les caméras y étaient rentrées, et l'on voyait les portes grandes ouvertes de ce "bloc opératoire" de fortune. C'est alors qu'apparut le médecin, avec une cigarette à la bouche pour donner le diagnostic du blessé ! Au cours des années soixante-dix dans pas mal d'arènes, les infirmeries et les médecins devaient bien plus effrayer que les cornes des toros.

Les années soixante-dix, c'est donc là que tout a commencé. Dans des contextes certainement différents, Julio Robles et Christian Montcouquiol, dit "Nimeño II", ont commencé à asseoir leur notoriété. Tout cela à la force de leurs poignets, de leur courage, et de leur intelligence devant la bête. Deux carrières riches en intensité, avant que le drame ne vienne s'immiscer comme un éclair pour tout interrompre. En cette année 2011, cela fait vingt ans que Nimeño est parti, et dix ans Julio Robles.
Pour ce qui est de Nimeño, on dit souvent que la seule image qu'en ont les profanes est cette statue siégeant au pied des arènes de Nîmes. Elle est là, symbolique, pour rendre hommage à ce matador français rentré dans l'histoire de la tauromachie. Cette statue, c'est la première image que j'ai eu de Nimeño étant gamin. Et puis, à base de photographies et de récits, j'ai pu en savoir davantage sur ce personnage hors du commun qui s'en était allé. Pour les gens qui le connaissaient ou qui l'avaient simplement vu toréer, cet homme était à la base de souvenirs vifs qui ne pourraient jamais s'effacer.
En revanche, je n'ai pas une telle représentation pour Julio Robles. Lui aussi avait un visage de torero. Je me souviens surtout d'une vidéo de Pamplona, où il affrontait avec une maîtrise admirable un impressionnant toro d'Atanasio Fernández. Les gestes de Robles étaient marquants. Mais ce qui l'était encore plus, c'est qu'à Pamplona, une arène où le public fout habituellement un boxon terrible, on entendait seulement la voix du maestro accompagnée du pasodoble Gallito joué par les musiciens. Et il ne semblait y avoir aucun bruit sur les gradins.

Christian Montcouquiol et Julio Robles, deux visages de toreros. Deux hommes fauchés au sommet de leur carrière. L'un à Arles, l'autre à Béziers. A peine un an d'écart. A chaque fois, le même ciel gris. Le même habit céleste et or, quoique celui de Robles tirait davantage sur le bleu azur. Le toro n'était pas le même. D'un côté Pañolero de Miura, et de l'autre, Timador (ce qui en français veut dire "escroc") de Cayetano Muñoz. Et puis sous le même ciel menaçant, une identique atmosphère de drame. Le même accident. Deux hommes projetés dans les airs, aucun coup de corne ne transperçant la chair, mais des blessures sans remèdes.

Parfois j'y pense. Là-bas. Juste à côté du burladero des toreros à Arles. Sous la présidence à Béziers. A ces deux endroits, le sable a été battu et retourné depuis, par les toros, les triomphes et tant d'autres choses. Il m'est arrivé de regarder attentivement ces deux coins de sable, en me disant que des destins s'y étaient arrêtés. Des destins désormais légendaires.
A chacun de ces deux endroits, c'est une histoire qui a arrêté de s'écrire, une vie de torero. Les hommes eux, ont quitté la Terre plus tard. Il y a vingt ans Christian Montcouquiol, et il y a dix ans Julio Robles. Même sans avoir connu leur époque, on est quand même convaincu qu'ils représentent quelque chose d'immense et d'éternel. Leurs destins, à l'issue si tragique, ont fait de notre passion quelque chose de pas commun et de trop vrai. Sur le sable tout s'écrit, mais tout peut également s'arrêter d'un coup, violent et imprévisible. Je suis en colère lorsqu'aujourd'hui, certains bafouent la mémoire de ces deux hommes. Certains vont même jusqu'à dire qu'ils étaient des tortionnaires. Mais tout cela est faux, car ils resteront à jamais des héros de cette Terre.

Florent

vendredi 23 décembre 2011

De toutes les couleurs

De toutes les couleurs, c'est ce que veut vous faire voir la préfecture du département voisin, sans états d'âme avec les autres arènes qui pourraient proposer des Toros à la même date. Une sorte de concurrence déloyale...

Plus réjouissant : de toutes les couleurs sont les bichos de Don Fernando Pereira Palha. Un grand bonhomme qui s'est démené pour continuer à faire vivre un encaste des plus rares. La toute première sortie, c'était grâce à l'ADAC, à Céret un matin de 1994. Le mayoral avait fait la vuelta à l'issue de la novillada. Deux ans plus tard, c'était la première corrida de cet élevage, toujours à Céret, et les six magnifiques toros s'appelaient Tangerino, Moleiro, Levrado, Escardado, Padeiro et Gaitero.
De toutes les couleurs ils étaient : negro listón, jabonero, berrendo en negro alunarado botinero, negro zaíno, ensabanado bocinegro botinero, ensabanado capirote en negro botinero lucero. A l'époque, cet élevage sortait sous le nom de Herdeiros de Doña María Do Carmo Palha. Et par la suite, sous celui de Don Fernando Pereira Palha. Ils ont foulé à de nombreuses reprises le sable de Céret, ainsi que celui de plusieurs autres arènes françaises. Les quelques fois où j'ai eu la chance de les voir, j'étais impressionné par ces toros à la beauté à nulle autre pareille, avec toutes ces robes, ces charpentes et ces armures. Au moral, ils justifiaient totalement leur qualificatif de "taureaux de combat".

Car des taureaux de combat, c'est bien ce qu'élève Don Fernando Palha. Et puis, il y eut la "Langue Bleue", ces années d'oubli, et enfin, les retrouvailles à distance, lorsque je vis que ces toros étaient destinés systématiquement aux courses de rues ou aux recortadores. Je pensais que c'était foutu, et que je ne pourrais parler de ces fabuleux toros qu'au passé. Je me suis trompé.
Qu'ils le veuillent ou non, et je pense à ceux qui n'ont d'yeux que pour le troisième tiers, à ces "spectateurs" qui ont peur que des chevaux puissent potentiellement valdinguer, préférant qu'arrive très sereinement et rapidement la faena à la durée comparable à celle d'une orgie. Je pense à ces temps trop modernes, synonymes de rentabilité, où la garantie est recherchée à tout prix. Je pense aussi à ceux qui voudraient barrer la route à notre passion par le biais d'Initiatives Législatives Populaires. Je pense à ces 150 tocards qui pourraient s'enchaîner au milieu de n'importe quel ruedo de France ou de Navarre. Qu'ils le veuillent ou non, l'histoire va poursuivre sa route. En 2012, les bichos de Fernando Palha seront à l'affiche à Orthez. Rien que ça, c'est à la fois beau et inespéré. Ce sera le matin, et sans faire de prédictions, ce sera déjà tellement bien de voir ce nom ainsi que des novillos d'une belle présentation. Et cela ne s'arrête pas là puisque l'après-midi sont annoncés des toros de Veiga Teixeira (d'origine Pinto Barreiros), un autre nom illustre du campo portugais.

Quand on vous annonce qu'il y aura au même endroit et dans une même journée deux élevages que vous aimez et qui vous font rêver, alors cette arène là sera le centre du monde. Et la concurrence ne pourra exister dans une telle hypothèse.

Au passage, on pensera à adresser un grand merci à Xavier et à ses collègues orthéziens. Car l'afición a los toros a encore bien des couleurs.

Florent

mardi 20 décembre 2011

Si el tiempo no lo impide

Adelaída Rodríguez, Adolfo Martín, Aimé Gallon, Albaserrada, Alcurrucén, Andrés Ramos, Angel Sánchez y Sánchez, Antonio Bañuelos, Antonio Doblas Alcalá, Antonio San Román, Atanasio Fernández, Baltasar Ibán, Bernardino Giménez, Brito Paes, Cándido García, Casa Prudencio, Cebada Gago, Celestino Cuadri, Charro de Llén, Conde de Cabral, Conde de la Maza, Conde de Murça, Criado Holgado, Curé de Valverde, Dolores Aguirre, Domingo Hernández, El Pilar, El Sierro, Ernesto Louro Fernandes de Castro, Felipe Bartolomé, Félix Hernández, Francisco Galache, Françoise Yonnet, Fuente Ymbro, Gilbert Mroz, Granier, Guardiola Domínguez, Guardiola Fantoni, Hernández Pla, Hoyo de la Gitana, Hubert Yonnet, Isaías y Tulio Vázquez, Jandilla, Javier Molina, Javier Pérez-Tabernero, Jesús Tabernero Hernández, José Escolar Gil, Juan Luis Fraile, Justo Nieto, La Quinta, Laurentino Carrascosa, Los Bayones, Los Eulogios, Los Majadales, Luis Terrón, Manolo González, María Luisa Domínguez Pérez de Vargas, Martín Peñato, Martínez Elizondo, Miura, Pablo Romero, Palha, Parladé, Peralta, Piedras Rojas, Prieto de la Cal, Robert Margé, Rocío de la Cámara, Román Sorando, Samuel Flores, Sánchez Ybargüen, Scamandre, Sepúlveda de Yeltes, Tabernero Orive, Tardieu Frères, Terrubias, Valdefresno, Veiga Teixeira, Victorino Martín, Victoriano del Río.

Voici la liste et elle est longue ! Aussi, on remarque qu'elle regorge de magnifiques et intéressants élevages pour l'aficionado a los toros. Toutefois, je suis au regret de vous annoncer qu'il ne s'agit pas des ganaderías visitées en vue de la prochaine saison madrilène.

Non, car cette liste, ce sont tous les élevages qu'a affronté José Pedro Prados "El Fundi" en France, depuis le jour de sa présentation, face aux Yonnet à Arles en Octobre 1989. Ces noms composent ainsi les 182 corridas de toros qu'a effectué El Fundi en France.

Le 14 octobre 2001 à l'issue d'une corrida de Javier Pérez-Tabernero à Floirac, Richard Milian, qui au début de sa carrière était annoncé sur les affiches comme "El Niño de Saint-Cyprien", en était alors à la 183ème et dernière corrida de sa carrière sur le sol français. Particularité, Milian est le matador de toros qui a effectué le plus grand nombre de corridas en France dans l'histoire. Alors...

Si el tiempo no lo impide, si le temps ne l'empêche pas, El Fundi deviendra l'an prochain le matador le plus "capé" de l'histoire de la corrida en France. Bien que ce soit symbolique, car la tauromachie n'est pas une affaire de chiffres et de quantité, il s'agit quand même d'un sacré palmarès !
Ces derniers jours, on a seulement pu lire ici et là que quelques lignes à propos du Fundi, qui annonçait sa retraite des ruedos au terme de la saison 2012. La carrière du Fundi s'est bâtie en France, face aux élevages les plus redoutables. Il est ainsi devenu un grand matador de toros, unique, courageux, généreux, et surtout : Exemplaire.
Enfin, après tant d'embûches, on pense notamment à sa rocambolesque et dramatique saison 2009, force est de constater que El Fundi est toujours là. Au moment où l'on parle partout de Quito et de tauromachie édulcorée, il est l'heure de saluer ce Matador de Toros exceptionnel qu'est José Pedro Prados "El Fundi".

Va por usted maestro !

Florent

(Image de François Bruschet (Campos y Ruedos) : El Fundi à Vic-Fezensac)

Aquí, la traducción

vendredi 16 décembre 2011

Souvenirs froissés (IV)

LA BULLE

Gelés nous étions. La feria elle, portait le nom de Primavera. Mais en plein Hiver, il n'y avait aucun air du Printemps annoncé. A Nîmes, il fut un temps entre 1989 et 2005, où lorsqu'arrivaient les périodes glaciales de l'année, l'arène devenait provisoirement recouverte par une Bulle gigantesque. Là-dessous s'y donnaient des courses de taureaux.
Chaque début d'année, une feria de novilladas avait lieu. Par ailleurs, de très nombreux matadors qui officient toujours à l'heure actuelle, et qui prirent l'alternative entre la fin des années 90 et le début du nouveau millénaire, sont forcément passés sous la Bulle en tant que novilleros.

Parmi plusieurs novilladas, je me souviens particulièrement d'une. C'était une nocturne en Hiver, et le bétail provenait de chez Hubert Yonnet. Dans la nuit gardoise, il faisait froid, les projecteurs éclairaient la piste mais ne transmettaient aucun ressentiment estival, loin de là. Les Yonnet étaient sérieux, âpres et rugueux. En face, Diego Urdiales fut sifflé si ma mémoire est bonne. L'accompagnaient Manuel Bejarano ainsi que Morenito d'Arles, devenu depuis banderillero. Si l'on se penche sur le tableau de chasse de ce dernier lors de sa carrière de novillero, on remarque qu'il "s'y est filé" comme on dit dans le jargon. C'était au mois de Février, l'Hiver, le froid et parfois la neige, mais il y avait des novilladas dans ces arènes temporairement couvertes.

Si l'on regarde l'historique de toutes ces ferias de Primavera, on constate qu'il y avait un peu de tout. Du "prêt-à-toréer" pour jeunes starlettes avec ou sans lendemain, il y en avait, c'est une certitude. Mais défilaient également des lots de novillos sérieux, comme ce fut le cas des Yonnet de 98. Le signe distinctif de la Primavera, c'est qu'il s'agissait d'une feria exclusivement composée de novilladas.

Puis vînt un schéma en quatre étapes.
Une année, des corridas (mixtes) furent introduites dans cette feria pour permettre à Manzanares junior de s'y produire. Les novilladas formelles avec deux compagnons de cartel de la même catégorie, ce n'était pas pour lui !
Une autre année, cette feria fut entièrement composée de corridas.
Et puis un jour, certains jugèrent la mise en place de cette Bulle trop coûteuse. Pour la dernière feria dans ces circonstances, il y avait une majorité de corridas. Mais comme un symbole, la dernière course qui y eut lieu était une novillada.
Et dans l'imaginaire, la Bulle s'envola.

Florent

mardi 6 décembre 2011

La saison française : côté pile

Saison 2011. Par où commencer ?
Saison 2011. Si l'on devait se fier à une simple lecture médiatique, on saurait que le grand triomphateur de la saison n'est autre que Dominique Strauss-Kahn. Si les médias ont autant parlé de l'affaire DSK, c'est que le sujet devait être rudement intéressant. Je leur laisse.
Saison 2011. Une année où les antis-taurins ont protesté contre le prosélytisme qui pouvait être fait de la tauromachie dans les écoles ! Pourtant, il me semble bien que l'un d'entre eux a parcouru diverses écoles de la région Bretagne cette année. Il était accompagné de son torito domestiqué, afin de prôner l'interdiction de la corrida et la non-dangerosité des taureaux de combat. Et ça, ce n'est peut-être pas du prosélytisme ? Toujours l'infâme deux poids deux mesures. Pour ce qui est du type en question, son aversion de la corrida lui provient de la vue d'un dessin lorsqu'il était jeune. Aujourd'hui, il est bien evidémment spécialiste en la matière et connaît parfaitement le sujet pour s'y opposer... (sic)
Saison 2011. Je ne remettrais pas de médailles aux "indignés" de la barrera dacquoise qui ont attendu le tout dernier moment de la temporada pour exprimer leur rancoeur. Ceux-là ne peuvent pas prétendre, à l'instar de Virenque aux Guignols, qu'ils se sont faits avoir à l'insu de leur plein gré.
Saison 2011. Il paraît que la commission taurine de Mont-de-Marsan a gagné 4 bras de fer sur 5. C'est elle qui le dit.
Saison 2011. Des organisateurs ont fait le choix d'embarquer certains "toros"... à l'insu de leur plein gré là-encore.
Saison 2011. En Espagne, des femmes viennent de remettre le prix du "Bô-gosse" de l'année à José María Manzanares. D'un autre côté, il semblait bien plus difficile de lui remettre un prix pour la présence des toros qu'il affronte.

Plus sérieusement, par où commencer ?

Avec Parentis-en-Born tiens ! Certainement la plus belle réussite de la saison en ce qui concerne les ferias. Qui plus est une feria de novilladas, ce qui n'est pourtant pas à la mode à l'heure actuelle (j'y reviendrai). On se souviendra des trois très beaux lots de Murteira Grave, Francisco Madrazo et Valdellán. Parmi de nombreuses images en tête, je garderai précieusement celle d'Artezano, le troisième novillo de Murteira Grave, brave et encasté. En tous cas, Parentis mérite vraiment de figurer tout en haut du tableau des distinctions cette année.

Quant aux toros, le lot le plus complet qui m'ait été donné de voir a été celui de José Escolar Gil à Céret. Même si l'intensité de cette corrida ne fut pas la même que celle de 2010, il était quand même question d'un important lot de toros.
Les Dolores Aguirre de Vic-Fezensac m'ont bien plu. Ceux d'Orthez ont eux aussi été très intéressants de par leurs comportements, malgré une présentation malheureusement passable.
En 2011, j'ai eu la chance d'assister à quelques surprises. Pour cela, je me dois de relever le combat de Deslenguado, le premier Garcigrande combattu à Arles au mois d'avril. C'était un toro brave et encasté, fort justement ovationné à l'arrastre. Pour l'une des rares corridas à l'étiquette commerciale que j'ai vu cette année, je reconnais que ce toro aura été une satisfaction. Cependant, et pour revenir à la réalité, ce genre de toros est loin d'être habituel chez Garcigrande. Et c'est bien dommage.

S'il fallait remettre une mention à l'originalité et à la singularité, certainement qu'elle reviendrait à la novillada d'Irmaos Dias de Céret. Unique en son genre cette année.
Parmi les regrets, car l'on ne peut pas tout voir au cours d'une saison, je sais de sources sûres qu'il y eut des Toros avec les Dolores Aguirre de Dax, les Joselito de Bayonne, les Cebada Gago de Saint-Martin-de-Crau. Et des Novillos, avec les Christophe Yonnet de Collioure, les Moreno de Silva de Millas, ou encore les Fidel San Román de Roquefort-des-Landes.
A des degrés moindres, j'ai également eu écho de moments intéressants avec les Baltasar Ibán d'Alès, les Samuel Flores de Mont-de-Marsan, les Fuente Ymbro de Nîmes, et plusieurs toros lors des corridas-concours de Vic-Fezensac au mois d'août et Arles en septembre.

Côté piétons, Javier Castaño aura été le lidiador de la saison. On pense ainsi à toutes les fois où il a mis les toros en valeur, en compagnie de son picador Plácido Sandoval.
Par ailleurs, il est à regretter qu'un matador comme Iván Fandiño n'ait été que peu engagé cette année dans les arènes françaises.
En ce qui concerne le troisième tiers, je retiendrai surtout deux mains gauches. Celle de Sergio Aguilar face au sixième Alcurrucén à Vic-Fezensac. Et celle, un peu plus étonnante, de Fernando Robleño face au quatrième Escolar Gil à Céret.

Chez les novilleros, rien d'extraordinaire. Si ce n'est la chance d'avoir pu admirer la cuadrilla d'Emilio Huertas, avec notamment les frères Otero Beltrán (même si l'un d'entre eux fut l'auteur d'une faute monumentale avec le cinquième Murteira titulaire à Parentis). En parlant de banderilleros, il est toujours plaisant de voir Vicente Yangüez "El Chano" (souvent dans des cuadrillas improbables) continuer à officier lors du deuxième tiers de très belle façon.
En tous cas, l'absence de l'esprit "novillero" chez les jeunes s'est particulièrement faite sentir cette année. Pourtant, on a par moments eu l'impression de retrouver cet esprit... chez un matador ! C'était avec Manuel Escribano à Aire-sur-l'Adour, lors d'une corrida d'Hubert Yonnet sous un agréable soleil d'automne, qui venait clôturer la saison française.

Voilà ce qui en est du côté pile. Pour le côté face, il semblerait bien que la liste soit longue...

Florent

(Image : Aire-sur-l'Adour le 23 Octobre, l'ultime paseo avec picadors de la saison française)