lundi 31 décembre 2012

En la plaza de Bugarach...

J'ai commencé à connaître cet amphithéâtre de pierres il y a maintenant plus de quinze ans. Son histoire taurine était déjà bien chargée, et que dire alors de son "Histoire" plus que millénaire....
Certainement pas grand-chose à côté de ce que des voix autorisées ont qualifié comme étant la course du siècle, la course de tous les temps à ne pas manquer ! Et beaucoup d'entre nous l'ont manqué, doit-on en pleurer ?

Le Dimanche 16 septembre de l'an de grâce 2012 en la Plaza de Toros de Bugarach... ou plutôt de Nîmes pardon, José Tomás (sobresaliente de Dieu sur terre nous dit-on) a affronté seul six toros terribles, rugeux, armés comme des hordes Perses, et indomptables.
José Tomás affronta en réalité ce jour-là six toros d'élevages différents mais tous du même mono-encaste, nobles et faibles à divers degrés, sans rien d'extraordinaire. Ah si, l'un d'entre eux, porteur du fer de Parladé, fut gracié, et sauvé de la fin du monde par José Tomás de Bugarach, non de Galapagar !
Il paraît que cette course – et je n'invente rien – serait la seule valable de toute l'année 2012. Quand j'étais petit, j'ignorais que l'arène romaine de Nîmes serait témoin d'une telle chose...

Nîmes, arène de première avec des toros de troisième, a vu en fait à cette occasion une corrida dans la lignée de beaucoup d'autres, symbolisant l'apogée de la corrida torerista. Je n'étais pas à Nîmes le 16 septembre, il est possible que José Tomás ait fait démonstration d'un toreo exceptionnel, mais dans quelle adversité ?
En revanche, je suis à peu près certain que les revendeurs et les cafetiers aient triomphé ce jour-là, et que la cavalerie Heyral soit sortie de l'évènement sans grands dommages.

L'année 2012 touche à sa fin, et c'est donc là la seule chose que l'on aimerait nous faire retenir au niveau des toros ? Allons !
Et dire que quelques mois plus tôt dans ces mêmes arènes, Javier Castaño a réalisé quelque chose de peut-être beaucoup plus périlleux. Mais Castaño connut la réussite, et marquera la saison 2012 grâce à de nombreuses et sérieuses prestations.

L'Association des Critiques Taurins de France section Sud-Est a attribué son prix au triomphateur de la saison 2012 à José Tomás, alors que ce dernier n'a effectué qu'une seule corrida en France et dans cette région ! Merveilleux.

On aurait aussi pu penser à José María Manzanares, beau gosse qui se soucie peu de l'habit de lumières et du respect de la profession. On dit qu'exporter la tauromachie dans des domaines autres, la mode par exemple, est une excellente chose. Doit-on absolument tout cautionner ? Doit-on accepter qu'un type travestisse l'habit de lumières en l'utilisant à des fins érotico-débiles ? Sur des photos récentes, on voit Manzanares demi-nu avec l'habit de lumières, on le croirait dans l'attente d'un film pour adultes, tandis que dans les arènes il n'affronte que des toros pour enfants, chicos, terciados, anovillados, ce que vous voulez.
Quelle saveur ont ses sorties par la Porte du Prince de Séville ?

Sur une échelle, il y aurait en haut José Tomás, Manzanares, et quelques autres... Alors que l'on laisserait dans l'ombre tant d'autres en dépit de leur courage et de leurs efforts.
Les sorties en triomphe de Manzanares ont-elles autant d'authenticité que les envols de Vicente Yangüez "El Chano", pour poser les banderilles dans le berceau des cornes, et en sortir sereinement. Notre très cher El Chano qui a été brisé durant cette temporada, ce qui nous a donné énormément de peine vu le nombre de souvenirs mémorables offerts par cet homme.
Je pense aussi à Domingo Navarro, le banderillero qui a décidé de mettre fin à sa carrière car estimant avoir perdu l'illusion. Un grand torero lui aussi, vêtu d'argent, et auteur de coups de cape à la fois discrets, salvateurs et magiques dans les ruedos de la planète taurine. Cela appartient au passé, puisque Domingo a pris cette difficile et inattendue décision.

Il n'y aurait donc pas seulement José Tomás et quelques vedettes en mesure de marquer la saison 2012 !
El Fundi et Antonio Barrera ont également mis un terme à leurs longues et belles carrières. Julien Lescarret aussi a cessé de porter l'habit de lumières, et il aura cette année tout donné à chacun de ses contrats, offrant à l'occasion de bonnes surprises.
Juan José Padilla est revenu de l'enfer pour triompher, une habitude pour ce personnage hors du commun.

Le meilleur pour la fin et pour l'avenir, un trio Fernando Robleño, Javier Castaño, Iván Fandiño. Et des toros que l'on aime tant, Cuadri, Escolar, Valdellán, Prieto de la Cal, Veiga Teixeira, Fernando Palha... et tant d'autres.
Si l'on devait établir une liste des élevages, des matadors et des novilleros que l'on aimerait voir plus souvent, ce serait long ! Saluons les petites arènes, qui ne doivent pas être écrasées par l'événementiel, et qui d'ailleurs, parviennent très bien à vivre sans. Enfin, un gros carton rouge à la municipalité de Collioure qui a laissé sa ville sans toros cette année, la dernière fois, c'était en 1948.

Florent

vendredi 28 décembre 2012

Records de Catalunya*

* Souvenirs de Catalogne, par David Duran.

ANTONIO BARRERA "EL MACARENO"

Natif de Séville, il s'installa très jeune avec sa famille à Viladecans, ville mitoyenne à l'aéroport de Barcelone. En 1991, il débuta avec picadors, aidé comme la plupart des toreros catalans par le tandem Balaña – Gelart, gestionnaires de la quasi totalité des arènes Sud catalanes. Ils programmaient de nombreux novilleros locaux.
Formé à la "dure" et autodidacte – car la mise en place d'une école taurine dans la capitale catalane a toujours posé problème – le toreo de Barrera fut engagé et volontaire, pafois rustre.
Quelques semaines après son début avec picadors et sa course au Barcarès, il sera blessé à la mi-août 91 dans le "Valle del terror" madrilène.
En 1998, on le croisa à Bourg Madame. Il secondait Vicente Ruiz "El Soro" - autre malchanceux - apoderado éphémère de "El Fundi". Antonio se posait alors pas mal d'interrogations quant au futur de sa carrière. En juillet de cette même année 98, il accompagnait à Céret César Pérez, venu en substitution de Ferrera pour tuer un encierro de Isaías y Tulio Vazquez. Il prendra l'altenative l'année suivante, avec la carrière que l'on sait : jalonnée de succès en Amérique du Sud, de hauts et bas en Europe, et aussi de trop nombreuses (et graves) blessures.
Elles ne l'empêcheront jamais d'aller au bout de son rêve de torero.

David Duran

jeudi 20 décembre 2012

En 2013, retour à la novillada ? (II)

VIC-FEZENSAC

Le Club Taurin Vicois a annoncé les ganaderías qui prendront part aux quatre corridas de la prochaine feria de Pentecôte.
Par ailleurs, divers noms ont circulé pour la novillada du mois d'août...


Mais grande surprise à la lecture du journal Sud-Ouest aujourd'hui... puisque Vic-Fezensac pourrait une fois de plus sacrifier sa novillada comme en témoigne le passage suivant. 
 

Florent

En 2013, retour à la novillada ? (I)

La fin de l'année 2012 a poussé certains organisateurs à revoir à la baisse le nombre de courses dans leurs ferias. Et cela notamment en France !
Chez nous, l'évolution annuelle de corridas de toros et de novilladas sans picadors ne donne aucune inquiétude, puisqu'elle semble plutôt stable.
En revanche, le problème des novilladas avec picadors est trop peu évoqué. Comme s'il s'agissait d'une simple catégorie intermédiaire et de peu d'importance.

Quelques arènes françaises ont le courage de maintenir avec afición leurs novilladas. Mais en 2012, le nombre de novilladas piquées en France a été de 29... Et il n'avait jamais été aussi bas depuis l'année 1985 avec 27 novilladas.
Certes, la quantité et la qualité ne vont pas de pair en tauromachie, mais le nombre des novilladas avec picadors semble terriblement en baisse. En Espagne, entre le 1er janvier et le 30 juin 2012, il y en eut seulement 57 !

La catégorie qui va suivre, intitulée "En 2013, retour à la novillada ?" évoquera simplement les arènes qui ont opté pour son abandon.

Florent

(Image : Symbole des novilladas en Espagne, l'ancienne plaza d'Arnedo (La Rioja), l'année de son incompréhensible destruction, en 2009... Remplacée depuis par une vulgaire salle omnisports)

mardi 18 décembre 2012

Pas de fantasme pour Adélaïde

Récemment – pas plus tard que dimanche dernier –, plusieurs parties siégeant à l'UVTF ont tenté de faire adopter à toutes les villes membres l'adoption de la pique française. De nombreuses arènes l'utilisent déjà, et il aurait été question de faire un vote en faveur de l'utilisation unique de cette pique.
Contrairement à la pique classique, celle-ci, inventée par Alain Bonijol, ne possède pas de "cordes", et de ce fait, rentre plus facilement dans le corps du toro. Cependant, il n'y a au final pas eu de vote concernant l'adoption systématique de cette pique, car aucune étude et aucune analyse totalement aboutie n'ont été réalisées !
Simple supposition : pour certains, cette pique française devrait être adoptée définitivement car elle ferait moins de dégâts que le modèle classique. Mais étant donné que dans l'écrasante majorité des cas, la pique atterrissant en moyenne à 20, 30 ou 40 centimètres à l'arrière du morrillo, ne serait-elle pas susceptible de causer au contraire davantage de dégâts puisqu'elle est censée entrer "comme dans du beurre" ? Nous verrons prochainement l'avenir de ce débat, même si les choses risquent de rester en l'état.
Concernant l'UVTF, le nombre de questions qu'elle devrait étudier dans la réalité représente un chantier considérable.

Les arènes de Vic-Fezensac utilisent par exemple la pique française à chaque corrida. (Vous noterez que cette phrase me sert seulement de transition pour pouvoir évoquer les élevages choisis en vue de la prochaine feria de Pentecôte !)
On avait murmuré les noms de Valdellán, Dolores Aguirre ou encore Moreno de Silva. Mais aucun de ces trois fers ne sera présent l'an prochain sur la piste gersoise. Il y aura une première corrida de compétition avec deux toros de Murteira Grave (c'est bien !), deux de La Quinta (c'est beaucoup moins bien) et deux de Robert Margé (pourquoi cet élevage à Vic-Fezensac ?). Pour le dimanche matin, le CTV s'est mouillé et a choisi une corrida de José María Escobar (branche Graciliano de l'encaste Santa Coloma), un élevage qui sort très rarement en corrida de toros. Avec celle-ci, les Vicois ont opté pour l'originalité et le pari, et l'on peut supposer que les toros ne seront pas exclusivement de José María Escobar, et qu'il y aura comme à Céret cette année des bêtes porteuses du second fer, celui de Mauricio Soler Escobar (du Buendía avec apport il y a une dizaine d'années de bêtes de San Martín (Chafik)).

Les courses les plus énigmatiques sur le papier sont cependant celles du dimanche et du lundi après-midi !
Pour le dimanche, le Club Taurin Vicois a annoncé une corrida de Cebada Gago, un élevage qui s'est refait une santé aux quatre coins de la géographie taurine grâce à des toros mobiles et encastés. Seulement, le fer de Cebada Gago sera présent dans de nombreuses arènes l'an prochain, et c'est à se demander si c'est bien le rôle d'une plaza aussi emblématique que Vic de présenter un tel élevage. D'ailleurs, ce n'est pas à Vic-Fezensac que les Cebadas ont gagné leur répétition, surtout si l'on se souvient du lot éteint et ennuyeux de la Pentecôte 2011.

Et puis pour finir, des Adelaida Rodríguez comme dessert ! Cet élevage m'avait laissé il y a quelques années maintenant une impression franchement pas terrible, puisqu'à la fin d'une novillada de Fernando Palha à Céret, l'affaire s'était terminée en eau de boudin avec successivement deux sobreros d'Adelaida Rodríguez aussi invalides l'un que l'autre. C'était lors de Céret de Toros 2004.
Cependant, cet élevage a connu quelques belles sorties par la suite en corrida. Je me souviens particulièrement d'un lot à Bayonne lors de l'été 2007, avec López-Chaves, Juan Bautista et Fernando Cruz. Un lot fort intéressant parmi tant d'autres.
Mais ce fer semble être à la baisse ces dernières années... Il y eut notamment La Brède, avec quelques lots de peu de mobilité et de caste. Surtout en 2010, avec six toros très peu piqués et dociles... On pourrait il est vrai avancer le fait qu'à La Brède, les arènes sont portatives et les toros débarqués directement du camion...
Mais la dernière sortie française des Adelaida n'est pas non plus une bonne "avocate", puisque c'était à Istres en août 2012, une course sans histoire. 

Chaque année, il est surprenant que Vic cherche pour sa corrida du Lundi, des lots permettant de mettre des matadors plus "huppés" que la moyenne habituelle de ceux qui viennent à Vic ! Pourtant, le symbole de Vic-Fezensac a toujours été "le Toro avant tout". Et pour cette raison, on ne comprend pas bien certains choix.

Pour finir sur une note très positive, il serait question au mois d'août du retour de la novillada après cinq ans d'absence... et celle-ci proviendrait de Los Maños !

Florent

(Image : un burraco d'Adelaida Rodríguez le 12 août 2007 à Bayonne)

lundi 17 décembre 2012

Sonorités oubliées

Pendant un bon moment, je me suis demandé ce que chacun d'entre nous pourrait advenir sans avoir lu la fameuse "lettre ouverte" de septembre 2012 ! Il paraît que José Tomás a lu cette "lettre ouverte", tout comme Alejandro Talavante, et certainement beaucoup d'autres. Ceux-là ont tout bon et seront gagnants. Pour El Juli, cela semblerait différent...
Que de fantasmes. Il est quand même dingue qu'une personne s'autoproclame "porte-parole de l'afición française" en paraphrasant ce que des centaines d'aficionados affirment depuis maintenant un bon bout de temps.
Tu n'as pas donc pas lu la "lettre ouverte" ? Alors tu es foutu !
En définitive, dans cette obscure affaire, l'afición française voyait peut-être arriver un héros, un sauveur. En fait, elle a simplement vu débarquer un deuxième Chuck Norris, ou plutôt un Tartarin de Tarascon de l'afición. Rien de très intéressant.

Plus les temporadas passent, plus on trouve parfois certaines divergences avec le temps. Ces différences sont parfois avérées, tandis que d'autres fois elles ne sont que pure invention.
Dans les arènes, il semblerait que les sonorités aient changé. Sur les reseñas d'hier, on retrouve bien plus souvent la mention "bronca" envers des toreros qu'à l'heure actuelle. Ce constat est-il dû au fait que l'on "torée mieux" de nos jours ? Aucune certitude, et puis ce postulat est contestable.
Par contre, il est à peu près certain que le public s'offusque moins qu'à une autre époque, pas tellement ancienne.
Bien évidemment, il y a encore des broncas à l'heure actuelle dans les arènes, pour protester des toros mal présentés entre autres choses. Mais ce sont là des broncas plutôt courtoises.
De nos jours, les broncas destinées aux toreros s'arrêtent généralement au bout d'une dizaine de secondes. Elles se transformeraient presque en silence. Le public préférerait donc ignorer et oublier, plutôt que de conspuer. Les broncas déchirantes et délirantes semblent avoir vécu.
A Séville, la Maestranza a toujours été réputée pour son silence glaçant et indifférent envers les toreros sans réussite. Aujourd'hui, ce silence est souvent rompu par des applaudissements, qui incitent parfois même à des "saluts au tiers" galvaudés.

Il est possible qu'il y ait beaucoup moins de broncas qu'auparavant, même s'il en reste quelques vestiges isolés. Il est également probable que le silence total ait disparu. Tout cela est peut-être faux, mais de nombreuses sonorités semblent avoir changé.
Les grandes broncas appartiendraient-elles au passé ?

Florent

(Image : Les arènes de Royan (actuel département de la Charente-Maritime), dévastées par le public mécontent, début du XXème siècle. Image publiée dans Toros n°1175 du 2 mai 1982)

samedi 15 décembre 2012

Arènes de Marseille

Le monde des Toros est tellement vaste qu'il a chaque année de nombreuses commémorations à fêter. Des anniversaires de matadors célèbres, des anniversaires d'alternatives, des inaugurations d'arènes, et parfois même des choses moins heureuses comme nous le savons tous.

En cette année 2012 qui touche à sa fin, l'afición française a eu une nouvelle importante avec la décision du Conseil constitutionnel le 21 septembre dernier. Toutefois, la définition simpliste de "tradition taurine locale" est trop souvent utilisée. Et au niveau du droit, l'histoire de la corrida en France est assez méconnue, tout comme son implantation très variable. On préfère dire qu'il s'agit d'une tradition seulement réservée à quelques cités méridionales. Or, la réalité est ailleurs. J'y reviendrai plus tard.

En 2012, on n'a quasiment pas entendu parler du cinquantenaire de la dernière course de taureaux à Marseille.
Celle-ci eut lieu le Dimanche 1er juillet 1962 dans les arènes du Boulevard de Paris (!), et c'était une novillada avec du bétail de Pouly. Au cartel, le rejoneador Charles Fidani et les novilleros Víctor Ruiz "El Satélite" et Antonio Segura "El Malagueño".

L'hiver aidant aux recherches historiques, on peut retrouver sur le site de l'INA pas mal de vestiges d'une époque passée.

Des toros à Marseille, il y a notamment deux vidéos fort intéressantes.

Un résumé de la corrida du Toro d'Or du 16 juin 1957, avec trois toros portugais d'Infante da Cámara et trois de Lisardo Sánchez pour Guillermo Carvajal, Paco Corpas et Curro Girón. En plusieurs minutes, on s'aperçoit qu'il s'agissait ce jour-là d'une corrida très sérieuse de présentation !

Le débarquement des toros de Dionisio Rodríguez pour la corrida du 31 mai 1959, avec Marcos de Celis, Ramón Solano "Solanito" et Pepe Cáceres.

Ces deux corridas n'eurent pas lieu dans les arènes du "Boulevard de Paris", mais dans celles du Parc Borely. Il s'agissait de grandes arènes en bois, démontables, et avec la particularité d'avoir servi auparavant à Carcassonne (1953 et 1954) et à Canet-Plage (1951).

Florent

mercredi 12 décembre 2012

El Macareno

Tel était à l'époque le sobriquet de celui qui se présenta en France avec picadors le 12 juillet 1991, à Cazaubon, dans le département du Gers. Pour cette novillada nocturne, "El Macareno", âgé de quinze ans, remplaçait Raúl Gracia "El Tato", blessé. Macareno avait débuté dans cette catégorie peu de temps avant, le 24 juin 1991 à Gérone (Catalogne).
Cette année-là, El Macareno fit un total de trois paseos en France, puisqu'il toréa également en août à Argelès-sur-Mer puis à Port-Barcarès. Lors de cette dernière, et pour l'anecdote, un novillo s'échappa des arènes au moment du tiers de piques et fut abattu au fusil par un forain !
On remarquera que sur les quatre arènes précédemment citées, plus aucune n'est en activité à l'heure actuelle (hormis Cazauabon si l'on donne de la considération à sa corrida portugaise annuelle...).

Quant à El Macareno, il prend sa retraite aujourd'hui, 12 décembre 2012. Mais El Macareno a abandonné ce pseudonyme il y a bien longtemps. C'est le nom d'Antonio Barrera qui l'a remplacé sur les affiches.
C'est au Mexique que Barrera, alias El Macareno à ses débuts, va mettre fin à une carrière de plus de vingt ans ! Une carrière avec des hauts, des bas et certaines graves blessures.
Loin d'être un torero d'époque, il s'était présenté en tant que matador en France en juillet 2002, à l'occasion de l'alternative de Julien Lescarret. C'était à Eauze.

Dix ans après, toujours dans ce même département du Gers, il a signé à Vic-Fezensac une prestation héroïque face à l'un des toros les plus armés de la saison. Un Esteban Isidro lors de la corrida-concours de Pentecôte.
Le souvenir s'est peut-être un peu estompé dans les mémoires, car c'était au mois de mai, et la période estivale est arrivée ensuite, offrant d'autres courses et souvenirs notables.
Barrera a affronté le toro d'Esteban Isidro sous un soleil de plomb, vers midi. Peut-être que le ciel n'était pas suffisamment sombre pour pouvoir transmettre une atmosphère des plus inquiétantes. Le toro, impressionnant et très difficile, était des plus inquiétants. Et alors que cela aurait pu être une panique totale, Barrera a triomphé à base de courage, de sérénité, et grâce à un métier affirmé. C'était vraiment beau de voir un torero n'ayant plus rien à gagner se jouer la vie de telle manière dans une arène. On en a même oublié de lui offrir un prix à l'authenticité en fin de saison. Ne serait-ce que pour ce geste, rien que pour ce geste...

Bon vent !

Florent

lundi 3 décembre 2012

Souvenirs froissés (X)


COBALEDAS

Il n'y avait pas encore internet. Juste des revues taurines, et aussi des journaux, qui à force d'être découpés, triés et classés, rendaient les doigts sales si bien que la serviette de la salle de bain tirait ensuite une triste mine.
Je les ai vus défiler sur des photos en couleur, ou sur des clichés en noir et blanc.
Eux, ils étaient noirs et blancs.
Coliblancos : avec la queue blanche.
Berrendos : blancs avec de grandes tâches noires.
Luceros : avec une tâche blanche sur le frontal.
Girones, bragados, meanos. Calceteros... avec les chaussettes blanches !

Ils étaient pensionnaires de l'élevage de Manuel Sánchez-Cobaleda. A un moment précis, il y a plus de dix ans, je me souviens d'une cruelle interrogation : Ces toros sont-ils donc réservés à la corrida à cheval ?
A Arles ou à Dax si mes souvenirs sont bons, ils sortaient fréquemment pour le "rejón". Ailleurs, à cette  même époque (fin des années 90), ils sont certainement sortis lors de corridas ou de novilladas, mais beaucoup plus rarement.
Je pensais que ces toros, noirs et blancs, aux cornes toujours raccourcies vue leur destination... étaient exclusivement réservés à ce spectacle du rejón. Pas une fois dans ces années-là, une arène française de grande taille ne les a fait sortir en corrida de toros. Peut-être à Tyrosse une fois...

Mais pour le reste, que des corridas équestres, là où le cavalier joue d'espièglerie avec sa monture devant un public souvent différent de celui des corridas de toros. Pas vraiment mon truc.
Je feuilletais les magazines, les journaux, et je voyais ces toros de Sánchez-Cobaleda, toujours destinés au même spectacle.

Sur l'extrait du journal des arènes de Dax de la saison 2000, on voit le nom de l'élevage de Manuel Sánchez-Cobaleda. Il y a une petite erreur, puisque le "Castillero de Huelta" est en réalité "Castillejo de Huebra", le nom de la finca.

Les robes des toros de cet élevage et de cet encaste sont fascinants. Leur morphologie aussi, et certainement leurs comportements dans l'arène. Je n'allais pas voir le rejón, et je n'ai jamais vu combattre un seul toro de Manuel Sánchez-Cobaleda.

A l'heure qu'il est, il semblerait qu'ils aient déjà franchi la porte de l'abattoir...

Florent

lundi 26 novembre 2012

As de piques

Certaines idées, rares mais excellentes, passent souvent inaperçues.
En tauromachie, les prix aux triomphateurs de ferias existent quasiment partout, à l'instar des prix aux meilleures faenas. En revanche, pour le prix au meilleur toro, cela dépend des endroits. Et pour celui au meilleur tiers de piques... Il faut bien chercher, car les arènes où il existe ne sont pas légions.

Depuis une dizaine d'années maintenant, l'association des aficionados de Parentis-en-Born remet à chaque novillada un prix au meilleur tiers de piques. Ce prix porte par ailleurs le nom de Jean-Pierre Fabaron depuis la saison 2010, en hommage à cet aficionado, auteur du livre sur la tauromachie à Parentis-en-Born.

Les saisons précédentes, il y avait eu à Parentis des tiers de piques d'une intensité exceptionnelle. Si bien que pour la novillada de Raso de Portillo du 10 août 2008, ce sont les six picadors du jour qui se sont partagés le prix et ont salué en piste à la fin de la course.

En 2009, le prix au meilleur tiers de piques fut attribué à Miguel Angel Herrero qui a affronté le pensionnaire de Moreno de Silva lors de la novillada-concours. Le lendemain, le prix ne fut pas décerné pour la novillada de Raso de Portillo.

Remettre un prix au meilleur tiers de piques est une excellente idée. Encore faut-il ne pas le galvauder ou le brader. Ce qui n'est pas le cas à Parentis, puisque si l'on se penche sur les dernières novilladas, on voit que le prix est attribué de manière rigoureuse et correspond à chaque fois à un moment que l'on a toujours en tête.

Pour prendre l'exemple le plus récent, on se souviendra du magnifique tiers de piques de Juan Agudo cette année face à un novillo de Valdellán. Un grand moment de la saison, car la tauromachie ne saurait se limiter au troisième tiers au niveau de l'importance et des émotions. Les tiers de piques pourraient simplement relever de l'anecdote, mais fort heureusement, il y a encore des arènes qui le respectent, en le mettant en valeur, et en choisissant des toros ou des novillos aptes à le surmonter.

De 2010 à 2012, le prix Jean-Pierre Fabaron a été attribué quatre fois sur sept. En voici le palmarès.

Samedi 7 août 2010 : Prix non attribué lors de la novillada de Prieto de la Cal.
Dimanche 8 août 2010 : Prix attribué à Luis Carlos Pedrosa qui a officié face au deuxième Moreno de Silva.
Samedi 6 août 2011 : Prix attribué à Manuel Vicente qui a officié face à "General", premier novillo de Murteira Grave.
Dimanche 7 août 2011 (Matin) : Prix non attribué lors de la novillada de Francisco Madrazo.
Dimanche 7 août 2011 : Prix attribué à Roberto Barriga qui a officié face à "Leones", quatrième novillo de Valdellán.
Samedi 4 août 2012 : Prix attribué à Juan Agudo qui a officié face à "Partidario", quatrième novillo de Valdellán.
Dimanche 5 août 2012 : Prix non attribué lors de la novillada de Flor de Jara.

Florent

vendredi 2 novembre 2012

Le sable orphelin

C'est au cours du mois d'Octobre tout juste achevé qu'une époque a pris fin.
Une époque, oui, et pas seulement quelques pages d'un livre.
C'est donc en ce mois que l'admirable José Pedro Prados "El Fundi" a étrenné pour la dernière fois un habit de lumières. Et la carrière du Fundi, ce n'est pas rien...

Pour tenter de résumer cette histoire colossale, on pourrait dire que le Fundi a été celui qui aura inspiré à la sérénité dans l'adversité. On dira de lui qu'il était le spécialiste des "corridas dures". Pourtant, ce terme de "corridas dures" possède quelque chose de réducteur, et serait en fait un pot-pourri rassemblant tous les élevages braves autres que ceux qui ont pignon sur rue.
Avec toutes ses corridas devant des adversaires de respect, El Fundi a vu défiler des toros braves et grandioses, d'autres très difficiles, et j'en passe, car El Fundi aura en fait affronté toutes les sortes de toros existant sur cette planète.

Depuis maintenant pas mal de temps, on voit la carrière du Fundi comme un historique simplement respectable. Et pourtant, combien de fois cette homme a-t-il dû garder la sérénité avant de se rendre aux arènes pour livrer combat ?

Dès l'an prochain, le sable des nombreuses arènes qui l'ont vu défilé sera orphelin, car il y avait en ce matador une grande part de sérénité, comme si tous les autres hommes en piste se sentaient rassurés de ce fait.
Au delà de l'analyse de la simple carrière du Fundi, ses triomphes, ses échecs, ses blessures, on oublie souvent de repenser qu'il y eut depuis le début une adversité située au-delà du raisonnable.

Vers l'âge de quinze ans, Fundi était en vogue en tant que novillero avec ses camarades José Luis Bote et Joselito de l'école taurine de Madrid.
Une fois devenu matador, le destin n'eut aucune concession pour José Pedro Prados.
Le jour de sa confirmation d'alternative à Madrid, le 22 mai 1988, le banderillero Antonio González "El Campeño" se fit encorner de manière effroyable par un toro d'Antonio Arribas, et succomba neuf jours plus tard. El Fundi avait vingt-et-un ans ce jour-là, et cela devait être comme une sorte de "bienvenue au front"... Tandis que partageaient l'affiche avec lui ses éternels camarades Joselito et José Luis Bote.

En tant que matador en France, il se présenta le 29 octobre 1989. Là non plus, ce n'est pas une date anodine, puisqu'il s'agissait de la première course aux arènes d'Arles à peine un mois après la tragique rencontre entre Christian Montcouquiol "Nimeño II" et "Pañolero" de Miura. Sur un sable encore fortement marqué par le drame du plus grand des toreros français, El Fundi allait commencer à écrire les premières pages d'une formidable histoire.

Une histoire où chaque après-midi, il s'est vêtu de lumières, et a attendu longtemps avant le début des hostilités. Tous ces jours où il partait affronter ce que bien d'autres préféraient ignorer...
Le Dimanche de Pâques 1990 à Arles, l'expérimenté Víctor Mendes fit la rencontre du fameux "Lamparillo" de Miura, et finit sonné après son combat face à ce toro dantesque. Le même jour, "El Fundi" coupa trois oreilles. Et pêle-mêle, El Fundi face aux Miura à Arles, cela a donné une série impressionnante : deux oreilles en 91, deux oreilles en 92, deux oreilles en 93 et également deux oreilles en 94.

Parler intégralement de la carrière du Fundi est impossible puisqu'il faudrait y consacrer une éternité. Il y a tant de choses à raconter. Aujourd'hui, il a décidé de s'en aller, lui qui souvent s'habillait avec des costumes de lumières aux broderies noires. Il aura marqué une époque de plus de vingt-cinq ans, par son humilité, son courage et sa grandeur. Il triompha bien souvent avec panache.
En outre, El Fundi n'aura pas seulement été un trompe-la-mort dans l'arène, mais un matador généreux, un grand combattant, et tout simplement un type que l'on n'a pas envie de voir partir à la retraite.

Florent

jeudi 25 octobre 2012

Un 25 octobre... Il y a 25 ans

L'activité taurine bordelaise s'était mise en sommeil le Dimanche 9 juillet 1961. Ce soir-là, après une novillada de Prieto de la Cal pour Jesús Sánchez Jiménez, Tomás Sánchez Jiménez et Alfredo Sánchez, un escalier des arènes du Bouscat s'effondra, provoquant la mort d'une personne et en blessant sérieusement quatre autres. Après cet accident, une interdiction préfectorale fut prononcée quant à l'utilisation des arènes du Bouscat.
A cette date, Bordeaux possédait déjà une tradition taurine considérable car très ancrée.

Et puis, un après-midi d'automne 1987, les Toros sont revenus sur les bords de la Garonne.
A Floirac, le Dimanche 25 octobre 1987, il y avait à l'affiche des toros portugais de José Samuel Lupi pour Francisco Ruiz Miguel, Nimeño II et Miguel Sánchez Cubero. Un retour marqué par de nombreuses controverses, vingt-six ans après la fermeture des dernières arènes bordelaises.

A leur tour, les arènes de Floirac fermeront relativement jeunes, en 2006. Une histoire plutôt brève. Pourtant, elles auront été le traditionnel rendez-vous des corridas de clôture de chaque saison. Alors désormais, quand vient septembre ou octobre, il y a des dimanches où l'on rêverait voir surgir des toros à Bordeaux...

Car Bordeaux est un véritable lieu de tradition taurine. Ne l'oublions jamais. 

Florent

(Images : Le dernier paseo à Floirac le Dimanche 24 septembre 2006 / L'affiche inaugurale de la corrida du Dimanche 25 octobre 1987)

lundi 15 octobre 2012

Le syndrome de Dédé Nobel-Viar

C'est arrivé un matin sans prévenir et sans aucun signe préalable.
Mal de tête, jambes engourdies et sentiments obsessionnels...
J'ai dû aller voir le psy.

En rentrant, ma tête gonflée comme une pastèque a heurté la porte. Et mes chevilles enflées rendaient la marche difficile.
Je me suis assis, et longtemps j'ai attendu en me demandant avec inquiétude ce qui pouvait m'arriver.
Puis le médecin est entré, et m'a demandé de le suivre. Le périple entre la salle d'attente et le cabinet me paraissait être un exploit sortant totalement de l'ordinaire.

De nouveau assis, je voyais face à moi le médecin, et tout pouvait commencer. Le souvenir de cette consultation restera pour moi ancré. Sous le choc, je me rappelle encore de chaque détail...

- Bonjour Monsieur, dites-moi donc ce qui vous amène à consulter ?
- J'aimerais tant le savoir de manière précise et définitive. Hélas, il me semble que cela sera dur pour vous à cerner.
- Mais vous avez des symptômes physiques ?
- Oui, énormément. Le matin où je vous ai appelé pour une consultation, ma tête était gonflée, mes chevilles enflées, les idées pas très claires, mais je sentais malgré tout une sur-puissance de mon esprit. Depuis, tout cela ne me quitte plus.
- Vous avez une passion dans la vie qui vous permettrait d'oublier cette fixation permanente ?
- Oui, la tauromachie !
- C'est rare dites-moi, vous pratiquez ?
- Non, enfin comment dire ? La réalité est beaucoup plus complexe, car je possède de multiples casquettes en la matière !
- Et vous êtes convaincu que vos maux n'ont pas de rapport avec cette passion ?
- Je ne sais pas...
- Allons ! Peut-être faut-il creuser dans cette idée pour en savoir davantage. Comment vous positionnez-vous face à cette passion ?
- Ah ! Mes idées s'éclaircissent. Vous savez, j'ai une impression de toute puissance. Un peu comme si je possédais le pouvoir et le savoir d'un génie. Nul ne peut m'atteindre en la matière !
- Comment est-ce possible ?
- C'est trop difficile à expliquer. Il faudrait lire l'intégralité de ma prose pour mieux comprendre docteur !
Les exemples sont nombreux. Vous avez entendu parler du célèbre José Tomás ? Eh bien c'est grâce à mes écrits qu'il a triomphé à Nîmes en septembre.
Aussi, lorsqu'un organisateur que je n'apprécie guère propose une corrida, j'envoie un SMS aux cieux ainsi qu'à Météo France pour que la pluie s'abatte.
Enfin, la corrida d'Escolar Gil à Mont-de-Marsan au mois de juillet, peut-être en avez-vous également entendu parler ? Et bien là-encore, je me suis rendu dans le champ où vivaient ces toros quinze jours avant le grand rendez-vous ; je leur ai demandé d'être magnifiques et terribles à la fois !
- Dites donc, vous m'avez l'air fortement occupé dans ce domaine. Vous avez une finalité ?
- Sincèrement, je pense légitimement mériter un prix Nobel de tauromachie.
- Vous êtes de Vieux-Boucau ?

Florent

jeudi 4 octobre 2012

Juillettiste (X)

ÉPILOGUE

Et puis l'Automne est arrivé, reléguant bien loin le caniculaire mois de Juillet. Avec Septembre, on a vu une fumée blanche pour la tauromachie émaner d'une décision du Conseil constitutionnel. Avec cette bonne nouvelle, des girouettes ou des opportunistes ont tenté de s'approprier la victoire et la fumée blanche. On ne les changera malheureusement pas.

A cette heure, j'entends que ça gueule par rapport à Mimizan, et on reproche à des aficionados d'avoir voulu en savoir plus sur la naissance des pensionnaires de Camino de Santiago combattus le 25 août. Je reviendrai sur cet épisode.
On nous parle beaucoup quoi qu'il en soit du Concours "Toros de France," si bien que certains y voient même une hégémonie des éleveurs français. On a pu pourtant constater que pas mal d'entre eux se sont lancés plus ou moins récemment dans l'entreprise de toros d'encaste Domecq, histoire de pouvoir jouer sur tous les tableaux et vendre leurs produits le plus possible.
Et pourquoi pas l'an prochain un Concours "Toros du Portugal" ici ? Car de nombreux élevages du campo portugais mériteraient d'être vus au moins une fois en corrida ou en novillada. La liste des prétendants pourrait être longue tellement ce campo regorge de noms intéressants...

Et puis il y a eu cette casaque de "Juillettiste", pour évoquer des courses qui se sont déroulées pendant le mois de Juillet. Pas très original je le reconnais. "Juillettiste", car il y a certainement un peu de français moyen qui sommeille en chacun d'entre nous sans exception.

Cet été, il y avait pas mal de possibilités dans les arènes de France et d'Espagne pour les aficionados, en fonction des préférences de chacun.

C'est ainsi que l'on pourrait imaginer l'histoire d'un quidam juillettiste, malheureux d'avoir quitté sa villégiature estivale dans le Sud-Ouest. Bien après l'été, il aurait rencontré sur une aire d'autoroute un autre quidam, aoûtien cette fois-ci, ayant séjourné sur les bords de la Méditerranée.
Après quelques échanges sur la tauromachie, les deux se seraient rapidement mis d'accord sur le Nirvana en la matière.
Pour les deux, cela correspondrait à un tissu de couleur orange. Et cela tombe parfaitement bien ! Puisque Jazmín de Fuente Ymbro a été vu par le juillettiste à Mont-de-Marsan, et Calabrés de Daniel Ruiz par l'aoûtien à Béziers.
En pays biterrois d'ailleurs, il faut relever qu'au-dessus du toril, il y a une pancarte publicitaire pour un pinard du coin avec indiqué "INDULTO : l'esprit de la feria". On en croirait même que l'affaire en piste était préméditée !
Et puis juillettiste et aoûtien prolongèrent leur conversation, avec l'envie de ne pas regagner la triste routine quotidienne.
Que c'est beau un indulto ! Les gens sont en délire, et ont l'impression qu'il s'agit de l'émotion à son paroxysme dans une arène. Le Nirvana !

Et pourtant... Il y a eu beaucoup (trop) d'indultos en France cette saison. Mais la mode ne fait que poursuivre son cours depuis des années maintenant. On sent derrière tous ces indultos l'amour pour une tauromachie linéaire, avec beaucoup de passes, peu de danger, et un toro collaborateur à souhait. C'est d'un linéaire qui n'en finit jamais... jusqu'à ce que dans les gradins, les gens se mettent à demander la grâce du toro. Un toro très noble, jusqu'à l'extrême parfois, mais qui rassure ceux qui n'attendent que l'extase.

Bien plus éloignés de la civilisation et du linéaire, laissez-nous apprécier Passionarito de Veiga Teixeira combattu à Orthez, Mirlito et Canario de José Escolar Gil combattus à Mont-de-Marsan. Ces toros-là, parmi d'autres remarquables, n'ont pas été graciés. Pourtant, ils resteront encore longtemps dans nos mémoires car ils étaient des coups de tonnerre, puissants, magnifiques, redoutables et sauvages. Loin de la civilisation et du triomphe programmé, on aime avant tout la fête sauvage.

Florent

jeudi 20 septembre 2012

Qui vivra Veragua

Peut-être que je devrais me mettre à jour, parler de José Tomás et faire l'éloge de Simon Casas. Il paraît qu'ils ont mené beaucoup de monde au septième ciel de l'événementiel. Cela les regarde.
A Céret, grand soleil, le ciel était bleu, et voilà que s'affichait une entrée conviviale pour la corrida de Saint-Ferréol avec les Prieto de la Cal. Une petite chambrée, pas déplaisante, hormis pour les organisateurs qui se sont donnés pour monter cette course.
Putain qu'est-ce que j'aime ces courses hors saison, en plus si le temps est au rendez-vous. Cela sonne un peu comme un dépaysement, le ciel est magnifique, peu de monde sur la route, et c'est dans un calme inhabituel que l'on se rend aux toros.

Prieto de la Cal et Céret ces dernières années, c'est une histoire dont même Tarantino n'aurait pas été capable d'imaginer le scénario. On a déjà ce souvenir de Céret de Toros 2008, avec cette corrida de Prieto interrompue à la mort du troisième toro. Il pleuvait des cordes, le tonnerre était fou furieux, et nous aficionados, trempés jusqu'à la moëlle. Parmi les rescapés du lot de Prieto de la Cal ce jour-là, l'un d'entre eux, Aguardentero, s'avéra exceptionnel un an plus tard lors d'une corrida-concours à Arles.

Et puis, les Prieto de la Cal sont revenus à Céret en 2012, pour une corrida organisée par un nouveau club taurin, et non par l'institution ADAC. 
Aux arènes, on utilise parfois le terme "cosas de toros" à propos de choses étranges, et qui ne sont pas susceptibles d'être vues ailleurs. Cosas de toros, souvent fréquentes, mais toujours différentes.

Le paseo est à 17 heures, l'ambiance quasiment intime, et Nîmes doit être dans un autre monde. Ailleurs, car l'on ne s'en préoccupe pas. On a juste envie de voir les Prieto de la Cal et leurs secrets.
Puis débarque le premier, Castañero un toro au pelage berrendo. Il est mal piqué à trois reprises et ne propose ni puissance, ni caste. Il est un adversaire maniable mais plutôt éteint qu'affronte le français Marc Serrano. Une épée contraire et delantera met fin au combat, puisqu'elle sectionne la patte avant gauche de ce toro d'ouverture. Serrano est ovationné, on ne saura jamais pourquoi. On aurait en tous cas aimé un meilleur début pour cette course.
Bien plus tard, c'est au tour de Hocicón, n°50 d'entrer en piste, le quatrième toro de l'après-midi. Avant le paseo, la présidence a annoncé au micro que cet exemplaire avait les cornes abîmées. D'ailleurs, il aurait initialement dû être écarté le midi à l'heure du sorteo. Mais devant des cuadrillas apparemment capricieuses, il fallait absolument que ce n°50 sorte en piste... Et il est sorti, pour s'exploser totalement la corne droite. Réduite en vulgaire et sale pinceau, cette corne a conduit la présidence à renvoyer Hocicón aux corrales. Et là, durant quarante longues minutes, les cuadrillas ne parvinrent pas à le faire rentrer au toril, encore moins à le puntiller depuis un burladero. Au final, le picador est revenu en piste pour un autre puyazo, avant que Serrano ne prenne l'épée et en finisse ainsi avec ce toro. Cosas de toros.
Quant au sobrero, il était magnifique de présentation et d'armures. Puissant à l'impact en trois piques, il s'est petit à petit désintéressé de la muleta de Marc Serrano, terminant le combat plutôt distrait et éteint. Une oreille digne d'une arène portative de cinquième zone fut accordée au matador.

La veille de cette corrida cérétane, Javier Castaño partageait en mano a mano la "der des der" de la carrière de Julien Lescarret. Le lendemain de la retraite du torero landais, Castaño a opté pour la solution probablement involontaire de se vêtir d'un habit couleur rose Lescarret et or. Hormis ce détail de peu d'importance, on doit dire que Javier Castaño a été très en vue à Céret. Sérieux, appliqué, courageux et très volontaire dans la lidia. Il affronta d'abord un jabonero astigordo d'armures, âgé de six ans, et sans véritable bravoure. A la muleta, ce toro était maniable mais n'humiliait pas. Javier Castaño fit très bien les choses, avec plusieurs beaux cites de loin. Voilà un travail sérieux et avec de l'émotion, conclu d'une épée contraire al recibir.
L'épisode du quatrième toro (titulaire puis sobrero) ayant beaucoup duré, le cinquième "Aguardentero" entra dans une piste assombrie. C'était un très beau toro castaño, puissant et beau à voir lors du premier tiers, même s'il mit la tête en haut du caparaçon. Plácido Sandoval le piqua de fort belle manière à quatre reprises et reçut une belle ovation. Après une autre ovation classique pour le banderillero David Adalid, ce fut à Javier Castaño de revenir sur scène. Son adversaire nous plaisait de par sa présence, mais l'on ne pouvait imaginer qu'il allait s'avérer aussi coriace en fin de parcours. Aguardentero était effectivement compliqué, dangereux et capable d'envoyer un uppercut à tout moment. Une fois de plus, Castaño a été digne et montra de belles choses, avec en plus une belle estocade engagée, suivie de deux descabellos. Mouchoir bleu, et autre oreille pour Javier Castaño, triomphateur du jour chez les piétons sans discussion possible.

Pour ce qui est de Serafín Marín en ce Samedi 15 septembre, on aurait tendance à dire qu'il a été au toreo ce que la principauté d'Andorre est au football. Son premier toro reçut une mauvaise lidia, et après une non-ébauche de faena, Serafín alla prendre l'épée.
On eut encore plus de regrets après le combat du dernier toro. Car Hocicón, n°19, melocotón, était un magnifique toro de Prieto, charpenté et sérieux. A la pique, on put entrevoir une belle puissance. En plus, ce toro semblait avoir de la mobilité à revendre, même s'il n'était pas pour autant une équation simple. Et ce fut copie blanche pour Serafín, qui pouvait dorénavant songer à manger sa barretine. Fin. 

On est sorti content des arènes, car il y avait des choses très intéressantes à voir. C'est vrai qu'il n'y avait pas la Cobla, mais ce beau temps, ce calme, ces toros et le Vallespir ont quelque chose de bon, de très bon ! Pas la peine de se pencher sur l'événementiel, vous pouvez éteindre vos iphone, vos téléphones portables, et éviter twitter. On s'en fout de l'événementiel des "producteurs d'art" auto-proclamés, car on a vu des toros, des Prieto de la Cal, et c'était bien !

Début septembre, l'un des plus célèbres sites "d'information taurine" avait titré "Para la foto y el matadero" à propos des Prieto de la Cal après une novillada à Las Ventas. Littéralement : pour la photo et l'abattoir. S'il existe des subventions pour être dithyrambique avec les corridas commerciales et descendre parallèlement ceux qui sortent des sentiers battus, il n'en existe pas en revanche pour la connerie. Ces subventions seraient pour le coup illimitées.
On continuera en tous cas à faire 700 bornes voire plus, pour les Prietos et pour les autres, légendaires ou non, mais qui nous font courir aux arènes ! Longue vie aux Veraguas, à ceux de chez Prieto et à tous les autres.

Florent

samedi 1 septembre 2012

Brouillon de culture

Je ne connais pas Julien Lescarret, du moins pas en dehors de l'arène.
Cependant, on le voit régulièrement intervenir dans le petit monde de l'audiovisuel taurin. A l'écouter et à le regarder, il donne l'impression d'un homme sympathique, généreux, calme et intelligent. Dans Télé-Loisirs, Gala ou Paris Match, il pourrait correspondre au standard du "gendre idéal" dont rêverait la ménagère de quarante ans et plus.

Dans de nombreuses cités, la tauromachie est colorée, on s'y drape souvent de rouge et de blanc, voire quelques autres variantes en fonction des lieux. Mais jusqu'alors, on n'avait pas entendu parler de "corrida en rose" ou de "pink corrida" !

La première "Pink corrida", ce sera à Bayonne ce samedi 1er septembre. C'est Julien Lescarret ainsi que son entourage qui ont développé l'idée via les réseaux sociaux. Cela va de pair avec les derniers paseos de ce torero, qui comme chacun le sait, met un terme à sa carrière en cette année 2012.

Mais pourquoi donc vouloir maquiller la corrida en rose pétard ? En rose indien ? En rose bonbon ? En fuchsia ?
Ce genre de fantaisies ne devraient-elles pas être plutôt gardées pour des fiestas camperas à La Teste-de-Buch ou Moliets-et-Maa ? Quitte à passer pour le Ben Stiller de l'escalafón, Julien Lescarret s'est engagé dans cette idée.

Il va dire adieu à l'habit de lumières après dix ans d'alternative. Il n'a fait que quelques brèves apparitions en Espagne en tant que matador, mais a toujours eu en France un quotas non négligeable de courses chaque année. Il doit beaucoup à la tauromachie de ce fait. Même s'il ne s'agissait pas de toros pour vedettes, loin de là, Lescarret a tout de même eu un statut de privilégié.
Il faut dire aussi qu'il a eu cette chance du précurseur, puisqu'avant lui, aucun matador estampillé de la région sud-ouest n'avait réalisé plus qu'une poignée de corridas.

Il a donc eu de la chance Lescarret, et a été globalement épargné durant sa carrière. Pas sur le plan physique, puisqu'il fut durement châtié ne serait-ce qu'à Beaucaire face à un toro de Yonnet en 2005. Mais il a été épargné par la connivence, et une indulgence constante tout au long de sa trajectoire. Jamais une voix autorisée ne s'est élevée contre lui. De cet homme sympathique, lorsqu'il n'était pas au rendez-vous dans l'arène, on lisait systématiquement "Julien n'a pas eu de chance, les toros étaient mauvais, et n'ont pas aidé". Bien souvent, la réalité était ailleurs.

Les échecs ne pouvaient donc pas lui porter préjudice. Je pense notamment à ce grand toro du Conde de Mayalde en 2009 à Dax à côté duquel il n'avait fait que passer. Dans une grande arène de l'autre côté des Pyrénées, n'importe quel torero espagnol et peu en vogue aurait vu en ces circonstances le glas de sa carrière. Chanceux Lescarret, car entre quelques succès méritoires, et aussi de gros échecs, les opportunités lui ont toujours été redonnées.

Un jour où il était totalement déboussolé, j'ai même eu très peur pour lui, c'était à Vic-Fezensac quand il affrontait les Fidel San Román. Je m'étais quasiment pris de compassion ce jour-là, tellement la possibilité de le voir bousculé semblait grande.
Au final, aucun dégât majeur depuis Beaucaire en 2005, et on peut dire ouf ! A Vic avec les Villamartas de Fidel San Román, ou une autre année à Bayonne avec les Yonnet, on aurait aimé conseiller à Lescarret de gagner paisiblement une vie tranquille ailleurs que dans l'arène.

Et puis surprise en 2012 ! Puisqu'il a atteint un niveau auquel on ne l'attendait pas. Ce fut notamment le cas à Vic-Fezensac face aux toros de Granier et aussi à Mont-de-Marsan avec les Escolar Gil.
Un beau baroud d'honneur malheureusement terni par cette idée grotesque de "Pink corrida". Par cet intermédiaire, Julien Lescarret voit peut-être la vie future qu'il souhaite, une vie en rose. Il lui reste deux contrats à honorer. 
Mais nul ne doit oublier qu'avant d'avoir définitivement quitté l'arène, la vie n'y est pas rose. Au contraire, elle y est précaire et peut basculer en une fraction de seconde. Personne n'est à l'abri.
La corrida n'est pas un divertissement où pour amuser la galerie, on inciterait parfois à un "code couleur". C'est cette idée de privilégier l'accessoire sur l'important qui est décevante. La corrida, c'est quelque chose de sérieux, où l'homme vient jouer sa vie et prendre celle du toro. Le TORO, on lui doit un respect immense.

Alors non, avoir ce genre de réticences, ce n'est pas être un gardien du temple, un ayatollah ou un grincheux. C'est un point de vue.
Dans le ruedo, la vie est précaire, et ce n'est surtout pas le Cirque Pinder. A quand un torero demandera-t-il à ses admirateurs/admiratrices de venir aux arènes en porte-jarretelles ? Ou que sais-je encore.

Une despedida, cela doit être sobre et émouvant. Dire au revoir aux ruedos en demandant à tout le monde de s'habiller en rose vif, à l'unisson, cela fait quand même kitsch, un peu comme un film manqué.

Au mois de mai dernier, Julien Lescarret incarnait dans une série B de TF1 le rôle d'un torero assassiné dans la chapelle d'une arène. C'était une autre fantaisie. Une chose est sûre, puisque sa carrière touche à sa fin, c'est que Julien Lescarret aura parfaitement – et pendant dix ans – incarné son rôle de matador de toros... de série B.

Florent

jeudi 16 août 2012

Saint-Vincent

Le train à destination de Cerbère n'était pas encore arrivé au Centre du Monde (d'après Salvador Dalí) que l'idée de vide paraissait déjà inconcevable.
La température était élevée et le ciel bleu, plusieurs dizaines de minutes devaient encore s'écouler avant le démarrage. Et puis en douceur, le train Corail a quitté Perpignan, pour passer notamment à Argelès-sur-Mer, une excellente première étape pour flinguer le moral.
Quelques minutes après ce fut l'arrivée à Collioure, avec une descente du train où il était possible de contempler le vide. Il n'y aura pas de Toros le 16 août prochain.

A Collioure jusqu'au début de cette année, les arènes se dressaient juste à côté de la voie ferrée. Ce ne fut pas le seul endroit taurin dans l'histoire du village. D'ailleurs, cette histoire a plus d'un siècle, et il y a eu des courses chaque année sans interruption de 1949 à 2011 ! Alors forcément, imaginer le vide en 2012, cela fait quelque chose.

La belle plante aux yeux marrons et au regard intense se réjouissait de cette issue, elle qui avait pu admirer Capitán, le dernier bestiau des Héritiers de Christophe Yonnet combattu l'an dernier. "La belle plante", comme le disait le vieil homme à l'accent rocailleux roulant les "r" un jour où nous étions tous vêtus de noir.
La belle plante était contente, tandis que d'autres étaient plus silencieux qu'un film muet. Ils s'en foutaient.
Ils s'en foutaient que les arènes de Collioure soient démontées et que le dos soit tourné à la tradition taurine. Certainement parce que c'est Collioure, une petite arène de plage. Pourtant, on pourrait se dire que n'importe quelle arène est importante, quelle que soit son envergure, et que sa politique taurine, défendable ou perfectible, pourrait un jour nous mener à elle.

On ne réécrira pas l'histoire, mais la fin de la tauromachie à Collioure n'a pas ému grand monde, c'est un fait. Et surtout, elle n'a quasiment pas occasionné de réactions au niveau des organes représentatifs de la tauromachie en France.

Aujourd'hui c'est le 16 août, jour de la Saint-Vincent et des fêtes de Collioure. Il n'y a plus d'arènes, et a fortiori pas de Toros. A la place, c'est un vide, un parking. Comble du cynisme, le parking en question a été baptisé "Parking des arènes"... même Machiavel n'y aurait pas pensé.

Pour le moment, la tradition taurine de Collioure est entre parenthèses. Idéalistes, on rêve qu'un jour une portative jaillisse même temporairement sur ce parking, pour que continue cette tradition des toros de combat et des hommes vêtus de lumières. Un jour peut-être, le stationnement sera provisoirement impossible sur ce foutu parking, car des arènes y siègeront. Possible alors que nous y soyons. Et dans le cas contraire, nous irons banderiller les voitures.

Florent

vendredi 10 août 2012

Automne à Parentis

Temps frais, nuageux et humide. Pas plus de quinze degrés au thermomètre. Le matin, les Raso de Portillo ont gardé leurs secrets.
Secrètement aussi, on aurait aimé au moment du sorteo de l'après-midi un arrangement conduisant à 3 Flor de Jara + 3 Raso de Portillo. Une chose impossible, un pur fantasme.
Ce dimanche 5 août 2012, les Flor de Jara étaient le premier lot de l'histoire des arènes Roland Portalier à être préalablement équipés de fundas au campo. Et dire que bien des arènes réalisent des ferias intégrales avec des toros résinés depuis des années. Juste une anecdote.

Des Flor de Jara, on a de bons souvenirs grâce aux novillos combattus à Vic-Fezensac en 2009 et à Céret en 2008 (sous le nom de Bucaré). Deux novilladas encastées avec du tempérament. C'est en 2008, entre les deux courses citées, que l'ancien matador Carlos Aragón Cancela a fait l'acquisition de l'élevage de Bucaré pour lui donner suite sous l'appellation de Flor de Jara.

Quatre ans plus tard, 5 août 2012, c'est l'automne en plein mois d'août à Parentis. Au sens propre comme au figuré. Hormis le premier Flor de Jara, magnifique de présentation et qui reçut la plus forte ovation de l'après-midi à son entrée, les autres étaient lourds et semblaient accuser une surcharge pondérale. A l'âge adulte, nul doute que certains auraient atteint les 650 ou 670 kg, c'est beaucoup pour du Buendía. De type, ils ressemblaient donc aux gros Santa Colomas que possédait Manolo Chopera sous le nom de Martínez Elizondo jusque dans les années 1990.

La novillada de Parentis : l'automne. Novillos faibles et décastés. On retiendra quelques très beaux gestes de Mario Alcalde, tout comme ses grandes difficultés à l'heure de vérité. Le pire novillo de la course fut le quatrième, faible, manso décasté et fuyard, derrière lequel courut Javier Jiménez. Ce quatrième Flor de Jara, d'origine Buendía donc, portait le nom de Bolichero. Dix ans auparavant à Roquefort-des-Landes, 15 août 2002, un novillo de La Quinta (Buendía) était honoré d'une vuelta posthume après un beau combat. Il s'appelait Bolichero. Pas le même tonneau.

Florent

Le sorteo des novillos de Flor de Jara de Parentis.
1. "Metro y Cuarto" n°32 cárdeno (né en février 2009)
2. "Lagartijo" n°53 cárdeno oscuro bragado meano corrido axiblanco (né en avril 2009)
3. "Vanidoso" n°56 negro mulato bragado meano corrido (né en avril 2009)
4. "Bolichero" n°41 cárdeno oscuro bragado meano corrido (né en février 2009)
5. "Gallinito" n°18 cárdeno oscuro bragado meano corrido axiblanco (né en avril 2009)
6. "Palmeño" n°64 cárdeno oscuro bragado axiblanco (né en février 2009)
Sobrero. "Tremendo" n°32 cárdeno meano (né en février 2009)