mercredi 15 février 2012

Crème solaire

Santander, une bien belle ville au coeur d'une région qui ne l'est pas moins, la Cantabrie. Les arènes, du nom de Coso de Cuatro Caminos ne manquent pas de cachet. A propos de Santander et de sa Feria de Santiago au mois de Juillet, on pouvait lire ceci la semaine dernière sur le "site d'informations" Mundotoro : (version traduite)

"Début de l'élevage de El Montecillo.
SANTANDER, UN CHOIX GANADERO DE PREMIERE !
Le reste des élevages présents pour la feria appartient à la crème du campo bravo, et cela correspond bien à la catégorie du cycle."



Je clique puis je lis les noms des élevages. Corridas de Garcigrande, Núñez del Cuvillo, Antonio Bañuelos, Torrestrella, El Montecillo, Puerto de San Lorenzo et Victorino Martín. Novillada de Baltasar Ibán.

D'emblée, quiconque pourra constater que le qualificatif de "choix ganadero de première" est à débattre. La chose inquiétante, c'est que derrière tous ces noms d'élevages, on a une lecture indirecte de la dizaine de toreros qui se rendront à Santander cet été. Et puis cette arène est de deuxième catégorie, sa feria n'est pas télévisée, et ces toros-là sont souvent affrontés par les mêmes habitués...

Un début pour El Montecillo ? De l'originalité ? Pourtant, seule l'appellation est nouvelle. Car c'est en réalité du déjà vu, du dérivé Domecq, de El Ventorrillo. D'ailleurs, le propriétaire de El Montecillo (Francisco Medina) est celui qui vendit son ancien fer de El Ventorrillo il y a quelques saisons à un certain Fidel San Román.
Quant au reste, on voit par exemple que Santander est une feria de plus se limitant au nom de Victorino Martín en matière de Toro-Toro. Ou du moins, c'est ce que laisse présager l'annonce publicitaire. Car Victorino Martín élève-t-il encore dans ses prés des toros pour aficionados ?

Avec tous ces élevages, dont on voudrait nous dire qu'ils sont la crème de la crème, on a l'image d'un marché taurin fermé et cadenassé. Un milieu qui n'ose rien, avec aucune originalité ou véritable nouveauté malgré une feria composée de huit dates (7 corridas + 1 novillada). C'est le cas à Santander, mais cela l'est aussi ailleurs, dans bien d'autres arènes.

Avec de tels toros, on sait donc à peu près qui seront les toreros pour les affronter. Des toreros qui aiment la crème, jouent sur leurs acquis et ne veulent pas prendre le risque inutile d'être vus face à d'autres types de toros. Des toreros qui ne veulent pas changer, que ce soit dans n'importe quelle arène, même à Santander, et qui préfèrent toujours garder cette même crème solaire...

Florent

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