jeudi 9 février 2012

"Junto a la estación..."

L'épée de Damoclès pesant au-dessus des arènes de Collioure depuis un certain temps ne relève plus désormais du domaine de l'éventuel. Ce sombre dénouement a été confirmé dans le quotidien régional L'Indépendant en date du 5 puis du 8 février, avec deux articles intitulés "Vers la démolition des arènes de Collioure ?" et "Fin annoncée des arènes de Collioure : l'afición roussillonnaise voit rouge". Des articles comprenant par ailleurs des passages ambigus voire orientés.

Les arènes actuelles de Collioure, siégeant sur le quai de la Gare depuis l'année 2001, sont des portatives qui n'ont jamais bougé d'un centimètre. Cependant, à cet endroit là, sur le quai de la Gare, il s'y donnait chaque année une ou plusieurs courses depuis 1957. Auparavant (car la tradition taurine de Collioure est ancienne), il y eut aussi d'autres arènes, cette fois plus proches du centre névralgique du village.

Dans un relatif anonymat, Collioure va donc perdre sa plaza de toros, sans que l'on sache pour autant si une autre sera édifiée à l'avenir. Au pire des cas, il sera question d'une tradition taurine qu'on assassine. L'éventuel "ce n'est pas très grave, puisque l'on n'allait jamais voir des courses à Collioure" est à bannir. Toutefois, on pourrait se demander si ce n'est pas le cas devant le peu de réactions occasionnées par cette fin annoncée. Rien ! Même pas un début de compassion, encore moins une envie de se soucier de la situation. L'heure actuelle est aux "congratulations" envers les théories et les beaux discours. Pourtant, il faudrait peut-être commencer à ouvrir les yeux et penser à la réalité. Car la tradition taurine, c'est avant tout dans les arènes qu'elle perdure, bien plus que dans les colloques ou diverses conférences.
La fin des toros à Collioure, ce serait le terme de toute activité taurine sur la Côte Vermeille. Les aficionados locaux ne sont pas allés crier sur tous les toits que le futur ne présageait rien de bon. Certainement par peur de voir le sujet repris, amplifié et instrumentalisé par les zamis des bêbêtes, ou prétendus tels.

Quant à la destruction prévue des arènes, il s'agit là une décision municipale que l'on ne pourrait contester. Car après tout, comment peut-on juger une commune décidant d'agir dans l'intérêt général de ses administrés et dans son intérêt économique ? Les arènes de Collioure ne sont pas en outre ce que l'on peut appeler un monument historique... En revanche, leur emplacement est malgré tout marqué par une riche et longue histoire taurine. Que les arènes soient détruites, c'est donc la décision d'une mairie, d'un conseil municipal et des habitants. La question primordiale, c'est de savoir s'il y aura tout de même un autre projet et une sauvegarde de la tradition taurine. A Collioure, il sera difficile de trouver un autre endroit à la surface plate au vu du relief local. On se place alors entre optimisme et pessimisme pour l'avenir des Toros dans cette Cité.

Oublions cependant ces gros nuls d'opposants à la corrida ayant déclaré que la destruction des arènes était leur "Triomphe". Voilà encore la belle pensée émanant de personnes qui ne connaissent ni les tenants ni les aboutissants de la corrida. Et la destruction par incendie accidentel il y a trois ans des arènes de Saint-Perdon (beau monument du patrimoine Landais), là considèrent-ils également comme un "Triomphe" ces pleutres ?

Dans tous les cas, prétendre que les arènes de Collioure sont mortes par désaffection est une ineptie. On l'a bien vu l'an passé, elles commençaient même à se refaire une santé. Pour quelles raisons ? Eh bien parce qu'il y avait une novillada sérieuse de Christophe Yonnet, de la tauromachie véritable, sans rien de racoleur.

Longtemps classée arène de plage tant par sa géographie que par ce qu'elle proposait, Collioure ne proposera certainement aucune course cette année. De là à dire que la tradition taurine y sera pour le coup définitivement interrompue, il y a un pas infranchissable. Surtout, il faudra garder un minimum d'espoirs. Mais dans la pire des hypothèses, les habitués des tardes de toros à Collioure, notamment la traditionnelle date de la Saint-Vincent le 16 Août, pourront susurrer la chanson du film Cría Cuervos de 1976 : "Junto a la estación lloraré igual que un niño. Porque te vas". Un peu comme un train qui s'en irait...

Florent

1 commentaire:

  1. Florent:
    En primer lugar, muchas gracias por el esfuerzo de traducir tus entradas al español. Sobre la plaza de Collioure, sería una pena que un pueblo tan bello la perdiera. Es evidente el papel actual de Francia en el mundo de los toros, pero tampoco se puede despreciar el pasado. El sur de Francia también calmó la afición de tantos y tantos republicanos españoles exiliados, como manifestó el propio Picasso.Esperemos que no crucen la frontera los sentimientos antitaurinos que han invadido Cataluña.
    Un saludo y muchas gracias de nuevo; nos seguiremos "viendo".

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